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12/04/2016

Unplugged in New-York (Nirvana 1992)

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"MTV Unplugged In New-York", c'est un peu la chronique de la mort  annoncée du groupe de Kurt Cobain .Programmée sur MTV,on pouvait mesurer dans la vidéo archi-diffusée l'état de délabrement physique et psychologique de Kurt. Mais c'est pourtant ce soir de novembre 1993 que Nirvana va enregistrer ce qui va devenir son testament ultime.

La voix cassée et déchirée de Cobain assisté de Krist Novoselic, Pat Smear (guitares) et Dave Grohl, va delivrer pendant une heure un set époustouflant et mémorable.
Dés la première chanson ("About A Girl"), on retient son souffle car on sent qu'il se passe quelque chose ce soir-là. Kurt Cobain chante avec toutes ses tripes et toute son âme, le temps semble s'arrêter, et les titres s'enchaînent avec des moments de grâce totale, pour des versions inoubliables issues de leur répertoire (fantastiques interprétations de "Polly", "Something In The Way", et de "Come As You Are" ) ; ou encore pour des reprises totalement habitées ("Jesus Don't Want Me For A Sunbearn" des Vaselines, ou le célèbrissime "The Man Who Sold The World" de Bowie). Invités surprises sur ce live historique

Les Meat Puppets ont l'honneur de partager trois titres de leur répertoire avec l'icône grunge (mention spéciale pour l'interprétation de "Plateau").cEnfin, les deux derniers titres qui installent définitivement ce live parmi les chef-d'oeuvres : "All Apologies", presque murmuré et pourtant d'une beauté glaçante, à couper le souffle ; et enfin une reprise (encore) "Where Did You Sleep Last Night" de Leadbelly, qui clôture ce set magique. A l'image de l'Unplugged malade et terrifiant d'Alice In Chains, l'Unplugged In New-York de Nirvana va devenir un disque de chevet pour toute une génération qui va installer Cobain parmi ses dieux vivants du rock, pour malheureusement le pleurer quelques mois plus tard .

En apprenant son décés un soir d'avril 94, beaucoup d'entre nous ne seront pas surpris, et se rapelleront le regard triste et perdu de Kurt et ses timides sourires effacés lors de l'enregistrement vidéo de cet Unplugged; le souvenir de Kurt Cobain blafard assis sur son tabouret, dans sa veste en guenille nous revient alors en mémoire comme une triste prémonition. On se rend compte alors que déjà la légende était en marche

Nirvana - 'Polly'

podcast

 

 

 

 

 

 

 

 
 

10/04/2016

29 novembre 1977 sortie de l'album le plus controversé du rock

never mind the bollocks,the sex pistols

Never mind the bollocks here’s the sex pistols était déjà un album millionnaire avant sa sortie officielle ; les commandes dépassaient largement les 125.000 copies et bien qu’il fût absolument interdit d’en faire la publicité l’album se retrouva sans problèmes N° 1 de toutes les listes britanniques dans la presse, la télévision et les radios.
Il n’y avait que 11 chansons sur les 50.000 premières copies et quelles chansons (anarchy in the U.K , pretty vacant, holiday in the sun, ) et on trouvait un 45 tours offert Submission ainsi qu’un poster de collages a l’esthétique purement punk caractéristique de cette époque.

Sur les copies suivantes Submission devînt la douzième chanson de l’album.


Ce disque fût enregistré de Mars à Août 1977

La polémique et les controverses autour de ce disque fûrent sans précédents.

Il dût notamment être retiré des vitrines immédiatement a cause de son titre irrévérencieux (On en a rien a foutre, les Sex Pistols sont là).

On attribue l’origine de ce titre célèbre a un marchand de hot-dogs qui répétait cette phrase chaque fois qu’il croisait Steve Jones et Paul Cook.


Quelques mois après la parution de l’album le mardi 17 Janvier 1978 le groupe se sépare brutalement dans une confusion totale. Le lendemain leur manager Malcom Mc Laren prononcera cette phrase resté célèbre « Le rock’n roll est mort».La suite appartient désormais a l’histoire du rock’n roll
Coup marketting de Mac Laren (après avoir tenté le coup aux States avec les Dolls), groupe de tarés junkies incapables de jouer trois notes, pseudos anarchistes de pacotille, on aura tout dit et tout écrit sur les Pistols mais leur apport au monde de la musique est incontestable
De par leur culot, leur energie, leur rage et leur non-respect pour toutes les valeurs bien en place en ces années post disco, pour avoir donner a une multitude de gamins l’envie de prendre qui une guitare, qui un micro les Sex Pistols certes moins engagés moins techniciens et certainement moins doués que leurs homologues direct sur le sol britannique les Clash, sont un des groupes essentiels de ces 25 dernières années
Météorite punk certes mais qui brille encore dans le ciel et sert de référence depuis des pas mal d’années à tout un tas de gamins pour qui la musique de Johnny Rotten et Sid Vicious donne l’illusion que tout est encore possible
Au dela des clichés etroits du ‘no future’et en omettant la ridicule reformation avortée des années 90 ce groupe qui peut se vanter d’etre l’un des plus connus au monde (pas mal pour des gamins qui au bout du compte n’auront livrés qu’un seul album officiel) est aujourd’hui incontournable.

le disque devenu culte fetera  l 'année  prochaine  ses 40 ans.



The Sex Pistols -  ' "pretty vacant '

 


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lire sur  jimboland  23 avril 1978 sid vicious dynamite "my way"

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2007/09/30/23-avril-1978-sid-vicious-dynamite-my-way.html




 

 
 

09/04/2016

It's only rock'n roll (The Rolling Stones 1974)

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Incontestablement le douzième album des Rolling  Stones restera  dans  les  mémoires  ,plusieurs  raisons  a cela a commencer  par  l 'inoubliable  pochette  mythique  signée  Guy Pellaert  ( qui signera la même  année celle  toute  aussi magnifique  de 'Diamond  dogs '  de  Bowie  et une  production assurée  par Jagger /Richards  en personne  (sous le pseudonyme des  'glimmer twins  ')

L'album  sorti en 1974  un an après  'goat head soup '  et le succès planétaire  de  'Angie  ' une période  difficile ou le  groupe  est miné par les  consommations  de  dope  excessives

Keith Richards vient  de perdre son ami Gram Parsons mort a 26 ans d'une overdose  , il est  toujours interdit  de  séjour  en  France suite aux débordements  lors  du séjour  sur la cote  d 'azur  pour l 'enregistrement  'exile  on a main street'  Mick Taylor  en  désaccord régulier  avec Keith va  bientôt  quitter  le  groupe  pour  céder sa place a Ron Wood  pourtant  dans ces  difficultés les Stones vont  enregistrer un album essentiel au titre légendaire   'it' s only rock'n roll  but I like  it  ( "Ce n 'est que  du rock  'n roll mais j 'aime  ca")

Le single  éponyme  sera  l'une  des  chansons emblématiques du groupe  et  un incontournable  des  concerts , un  titre  emblématique et un  véritable hymne

Mais  sur  cet album  entre  quelques titres  faiblards  ('dance little sister  ') et une reprise des Temptations  ( 'ain"t too proud to beg') recèle  des  titres  de  premier ordre  ' times waits for  no one  '  titre  fusionnel ou le  piano de  Nicky  Hopkins , les percussions  de Ray Cooper , les guitares puissantes   de  Taylor et Richards  font  merveille  ' luxury '  un titre   exotique qui lorgne  vers  le  reggae ' if  you can rock me  '  une  ode  aux  groupies , mais  aussi  et  surtout  ' fingerprint  file  '  titre  hallucinant   qui clôt  l'album  et  qui s'impose  comme l 'une  des  plus  grandes  chansons  jamais  enregistrées  par  les  Stones

Ce Titre phénoménal  qui  annonce  déjà le  virage 'funk '  que  prendra  le groupe  pour   l'album  qui  suivra  (' black  and  blue ' en  1976) est un pur régal ,Billy  Preston  fait des  prouesses  au claviers , Nicky Hopkins   est au piano , Bill Wyman  abandonne  la  basse pour  se charger  des  synthés , Mick Taylor  est ici  pour  la  dernière  fois   a la  guitare et Mick Jagger  susurre  d'une  voix  maladive  et plaintive sa  paranoïa des écoutes téléphoniques par  le F.B.I

 

 

And there's some little jerk in the FBI
Et il y a un petit connard au FBI
A keepin' papers on me six feet high
Qui garde un dossier sur moi de six pieds de haut
It gets me down
Ca me déprime
It gets me down
Ca me déprime
It gets me down
Ca me déprime

 

 The Rolling  Stones  -  if  you  can rock me


podcast

 

 

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08/04/2016

Jim Morrison - Clap de fin

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Finalement  le secret  autour de la mort de Jim Morrison en juillet 71 à Paris n 'etait en fait qu'un secret de  polichinelle , en effet le livre de Sam Bernett  "The End -Jim Morrison " paru en 2007 chez privé  ne fait que confirmer de manière définitive des certitudes dejà acquises quant aux circonstances exactes du déces du chanteur mythique des Doors.

Il est vrai que l'on a toujours dit qu'une poignée de personnes détenait le secret concernant les faits réels survenus dans cette fameuse nuit  du 3 juillet 1971

Parmi les témoins  présents se trouvait Sam bernett alors créateur du club mythique 'rock'n roll circus' . L'homme qui aura passé une bonne partie de sa vie a fonder des endroits devenus celebres ( La tour de Nesle , le bus palladium , le Martine's ,le Malibu ) est devenu par la suite chroniqueur et journaliste a RTL  puis a Europe 1  il a écrit de nombreux ouvrages mais aura attendu  35 ans pour livrer sa vérité au travers d'un livre qui non seulement raconte dans le detail la dernière nuit tragique de Morrison mais dresse egalement  le  portrait d'une époque  qui fait aujourd"hui encore fantasmer tout les amateurs de musique.

Finalement il s 'avère que la rumeur persistante  selon laquelle Jim  serait mort d'une overdose dans les toilettes du rock'n roll circus  était bel et bien fondée.

Cette mort ne sera donc  au bout du compte ne sera qu'une banale et dramatique overdose d'héroïne , une dose trop pure  sniffée a la va-vite  par un homme physiquement  diminué par les excès en tout genres . Pour se rendre compte de l'etat de fatigue et de dégradation physique du leader charismatique des Doors il faut savoir que le medecin qui constatera le décès de Jim sera persuadé être en présence d'un cadavre d'homme de 50/55 ans (pour memoire Jim en avait 28) cette remarque en dit long sur l'état désastreux dans lequel se trouvait Morisson a l'été 1971 .

Epuisé par une infernale spirale  narcotique sans retour Jim va venir mourir dans les toilettes d'un club  branché  parisien . Il sera reconduit chez lui au 17 rue Beautreillispar les deux dealers qui l'avait fourni ce soir la .

Sorti discrètement par une porte dérobée ils vont le ramener  a son domicile ou l 'attend sa compagne Pamela Courson  une junkie hystérique et camée jusqu'à l'os qui va evidemment paniquer ,c'est elle qui mettra inutilement le corps  de Jim dans une baignoire remplie d'eau chaude  afin de tenter désesperement de le ramener a la vie  mais Morisson est mort et bien mort.

Elle téléphonera  ensuite a Alain Ronay  un ami commun qui va venir épauler une pamela totalement incapable de gérer cette situation. c'est le commissaire de police du IV  arrondissement de Paris  Robert Berry qui sera dépeché sur les lieux et conclu a une mort naturelle par arrêt cardiaque .

Entre temps Ronay a détruit toutes traçes suspectes qui pourrait faire penser au policier qu'il est en présence de toxicomanes (les  pilules , la cocaïne , l'héroïne  , l 'herbe  tout finit donc dans les toilettes ( au grand désespoir de Pamela

On donnera comme identité au cadavre James Douglas Morrison; poète et écrivain américain résidant a Paris et chose incroyable ; les services de police ne vont pas se douter   une seule seconde qu'ils sont en présence du célèbre artiste . Si en 2007  un tel fait peut surprendre il faut rappeler que les moyens d'informations et de communications sont alors bien différents d'aujourd'hui  et il semble évident que personne parmi les quinquagénaires des services médicaux ou policiers n'avaient jamais vus le visage de Morrison.

c'est ainsi que le permis d'inhumer va être délivré sous l'identité  figurant a ce jour sur la célèbre tombe du cimetière du pere Lachaise. Deux autres personnages  vont etre au plus près des évenements , tout  d'abord Agnes Varda la cinéaste , compagne du réalisateur jacques Demy ,trés liée avec  Jim va apporter son soutien et va aider a l'organisation des funérailles de ce dernier , le second personnage  est un aristocrate décadent et drogué le comte Jean de Breteuil ami intime de pamela alors en concubinage avec Marianne faithfull,l'homme  fournisseur d'héroïne du tout paris   va prendre immédiatement la poudre d'escampette (sans jeu de mot sur le mot 'poudre ') et filer a Tanger au Maroc (Ce personnage peu recommandable étant dejà interdit de séjour sur les sols américains et britanniques).

 

438b4450cef081a87676f7eb0bdfde92.jpgC'est donc dans un anonymat total que sera enterré Morisson  le  7 Juillet  1971 en présence de Pamela CoursonAgnès Varda , Alain Ronay ; Robin Wertle (secrétaire canadienne de Jim) et de Bill Siddons, le manager du groupe débarqué de Los Angelès.

Un enterrement sans fleurs ni couronnes ou pamela lut quelques  lignes de 'the célébration of the lizard'. Ce n'est qu'après cette cérémonie intime pour ne pas dire secrète que Siddons annonça officiellement a son retour aux états-unis le déces officiel de Morisson .

Il semble clair que le manager avait voulu ainsi éviter que se reproduise les débordements médiatiques vus apres les déces de janis Joplin et de Jimi Hendrix .

Bien entendu des rumeurs fantaisistes s'installerent , certains resterent persuadés que Morisson était vivant (personne n'avait reéllement vu le corps dans le cerceuil) mais cependant il semble totalement certain que tout s'est vraiment passé ainsi .

Jim Morrison  ,le poète ignoré ,chanteur adulé mal dans sa peau ,auto destructeur maladif venu  s'exiler a Paris pour rompre avec un systeme qui semblait le répugner y est mort tragiquement venant ajouter son nom a la terrible liste des victimes de la dope .

La legende ne faisait alors que commencer.

 

 

 
 

Le Parfum ,Histoire d'un meurtrier (Tom Tykwer-2006)

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Avant d’être un long-métrage  Le Parfum est un roman de l'écrivain allemand Patrick Süskind écrit en 1985. Son titre complet est Le Parfum, histoire d'un meurtrier .

En 30 ans, ce best-seller a été traduit en 45 langues et vendu à 150 millions d'exemplaires. Patrick Suskind  a longtemps hésité a confier l’adaptation du « Parfum » au cinéma  il aurait souhaité  que ce soit Stanley  Kubrick qui l’adapte mais le projet n’aboutit pas ,  successivement Martin  Scorsese , Ridley Scott , Milos Forman et Tim Burton s’y intéressèrent mais toujours sans résultat . Et soudain en 2006 contre toute attente Suskind accepte de ceder les droits et c'est a Tom Tykwer ,un réalisateur allemand que va incomber la (trés) lourde tâche de porter a l'écran ce livre fulgurant  qui a atteint depuis toutes ces années un statut de livre-culte.

L'ampleur de la tâche  semblait  pour beaucoup insurmontable ; le roman ayant la réputation d'être totalement inadaptable aussi il faut en tenir compte dans le jugement porté au regard du film. L'adaptation est plutôt fidèle et le personnage énigmatique de Jean Baptiste Grenouille est interprété avec beaucoup de justesse par Ben Whishaw , jeune comédien britannique  (qui parait-il aurait été préféré a Orlando Bloom ou a Johnny Depp ?) tandis que les rôles secondaires sont confiés a Dustin Hoffman (le parfumeur Baldini) et Alan Rickman (Antoine Richis) .

Même si certaines scènes sont a mon sens trop volontairement 'tape a l'oeil ' ,en particulier le début qui frise le film 'gore 'a force de vouloir insister sur les conditions épouvantables de la vie du peuple au XVIII éme siécle  le film  est une brillante reconstitution de la vie incroyable d'un personnage aussi mysterieux que cruel ,   aussi incompris que solitaire .

Le destin de Grenouille l'enfant de nulle part  survivant des bas-fonds   l'enfant qui n'avait  pas d'odeur mais qui était capable de ressentir touts les parfums  du monde , de les identifier , de  les mémoriser , de les melanger  jusqu'a l'obsession et la folie et qui cherche a créer l'essence divine , le parfum de  l'amour , est totalement fascinant .

La séquence du procès de Grenouille est proprement stupéfiante  tout comme la destinée finale de ce personnnage hors du commun .

Nul doute qu'entre les mains d'un Kubrick ou d'un Forman nous aurions eu un tout autre film avec  davantage de créativité , de personnalité  et de prise de risque cinématographique mais il faut rester objectif et reconnaitre que  Tom Tykwer , même s'il ne réalise pas  un grand film s'en tire  bien et car il  se contente  avec beaucoup d'application de coller le plus possible au roman de Süskind en nous offrant au final un résultat plutôt satisfaisant. 

 

 
 

Revoir Dewaere

 

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Revoir Patrick Dewaere disparu voici bientôt 34 ans dans les circonstances tragiques que l’on connaît, et redécouvrir  cet immense comédien  à fleur de peau habité d’une intensité dans son jeu d’acteur  qui le plaçait déjà  parmi les plus grands de la profession et se souvenir de cette terrible réplique dans préparez vos mouchoirs ; chef d’œuvre de Bertrand  Blier, film incompris dans la frileuse France giscardienne de l’époque et  acclamé partout ailleurs dans le monde décrochant même l’oscar du meilleur film étranger a Hollywood en 1979  , film inoubliable  ou Dewaere parlant de Mozart a Depardieu lui dit - «  tu te rends compte, a 35 ans il est mort le mec, tu te rends compte de la perte ».
Cette réplique nous reviendra en mémoire quand le 16 juillet 1982  en plein tournage de Edith et Marcel  de Claude Lelouch en  rentrant  chez lui impasse  du moulin vert a Paris il se  tirera une balle de 22 long rifle dans la bouche. Il avait 35 ans

Dewaere, enfant de la balle, comédien des l’age de 4 ans  était un chien fou, un électron libre totalement incontrôlable, un  personnage entier ; un type épatant, celui qu’on aurait aimé avoir pour copain ou pour frangin, il aura traversé le paysage cinématographique française comme une tornade laissant au passage des interprétations inouïes dans des films transcendés par sa présence et son talent.
De l’inoubliable Pierrot des Valseuses (1972) a Marc le moniteur de colo  de ‘la meilleure façon de marcher (1976) le premier film de Claude Miller, en passant par son rôle du juge Fayard dans le film de Yves Boisset (1977) ou encore celui de Stéphane le professeur de sport de préparez vos mouchoirs (1979) ou du candide François  dans  coup de tête de jean –jacques Annaud (1979) tous ses rôles sont remarquables et Patrick y est chaque fois merveilleux de spontanéité et de charisme
Et puis arrive Le film, celui qui va installer Dewaere au panthéon des comédiens, celui qui va faire taire les fines bouches et clouer le bec aux plus réticents, ce film sera réalisé par Alain Corneau et sera une adaptation du romancier américain Jim Thompson  et il s’appelle Série noire.
Dire que Patrick Dewaere habite le film serait  trop simple, il est tout simplement touché par la grâce dans son interprétation de Franck Poupart, représentant de commerce minable entraîné  dans une spirale infernale de violence et de mort. Dewaere ne se contente pas dans ce film de jouer, il s’implique physiquement dans le rôle  et réussit l'exploit de faire  surgir l’émotion dans cet univers sordide et glauque.
Comme Dean dans la fureur de vivre ou Brando dans sur les quais, il se dégage de son interprétation  une  étrange impression animale et  attractive et on devine lorsque on découvre abasourdi le film la première fois que Franck Poupart va hanter le cinéma français pour longtemps.
Non content d’avoir asséné un choc avec le film de Corneau Patrick Dewaere va coup sur coup nous éblouir encore avec deux films réalisés par deux metteurs en scène totalement opposés mais qui ont su chacun saisir et mettre en avant son immense talent. Il semble évident que  Dewaere a mis beaucoup de lui-même dans Un mauvais fils et son interprétation dans le film de Claude Sautet est criante de vérité et de sincérité, il y est tout simplement exceptionnel dans le rôle de Bruno ex – taulard  toxicomane  qui tente de renouer avec un père et une société qui l’ont laissé en rade.
Sans juger, sans donner de leçons de morale gratuite mais en s’attachant a humaniser ses personnages Sautet qui s’éloigne avec ce magnifique film de l’univers bourgeois qui l’a souvent caractérisé réussit un film précieux et rare plein de pudeur et d’émotion, jamais Dewaere n’a été aussi bien filmé, jamais il n’a ete aussi bouleversant.
En 1981 Bertrand Blier est un metteur en scène qui dérange et dont les films ne laissent jamais indifférents, avec lui, on adore ou on déteste et bon nombre de ses précédentes œuvres ont déclenchés de vives polémiques, on se souviendra bien sur des valseuses (1972) mais aussi  de Calmos (1976) ou encore de Buffet froid (1979) et de tenue de soirée (1986) qui ont divisés la critique.
Dewaere connaît bien blier , c'est un peu son père spirituel  il a travaillé avec  lui  sur deux films essentiels de sa  carrière  aussi après le triomphe (tardif) des valseuses et l’échec (en France) de Préparez vos mouchoirs c’est tout naturellement que Blier propose a son acteur fétiche  le rôle délicat de Rémi dans le sulfureux Beau-père , film qui va encore une fois déclencher autant d’enthousiasme que de sifflets ce qui ne sera pas sans rappeler le scandale provoqué quelques années auparavant par un film traitant du même sujet Lolita de Stanley Kubrick .
Evidemment ces films la ne doivent pas faire oublier les autres films ou l’acteur nous a régalé, de  l’univers underground de Claude Faraldo "Themroc "(1971) aux réalisations décalés de Maurice Dugowson "Lily aime–moi "(1975) " F comme Fairbanks" (1975) de son rôle de gilles dans le superbe Hôtel des Amériques d’André Téchiné au coté d’une Catherine Deneuve sublime jusqu'à son dernier rôle dans Paradis pour tous film ambitieux  d’Alain   Jessua  sorti après sa mort  ou ironie du sort il interprétait un homme rescapé d’une tentative de suicide.
 Dans tous ces films majeurs ou mineurs (la clé sous la porte (1978) -Mille milliards de dollars (1982)qu'il s'agisse de  chefs d’œuvres incontestés  ou de  ratages intégraux (Psy (1981) – plein sud (1981) Paco l’infaillible (1982) dans tous ces films importants ou secondaires il y a  les instants de magie et de grâce apportés par la présence de ce comédien unique dont la  folie , la pudeur, la générosité et surtout l’immense talent  dépassent le cadre de l’écran.
Aujourd’hui on connaît un peu mieux les démons qui hantaient sa vie, un mal de vivre existentiel, une toxicomanie envahissante, une grande instabilité chronique , une grande lassitude  mais rien qui  n’explique vraiment les raisons de son geste fatal.
On se rendra compte  un peu tard que la profession ne l’aura jamais récompensé ,pas le moindre césar malgré de nombreuses nominations , des critiques souvent injustes dans des films magnifiques ,une vie privée  bafoué par une presse sans scrupules (ça n’a pas beaucoup changé depuis  ,bien au contraire)
Alors Patrick Dewaere un soir d’été 1982 a fait le grand saut  courage ou lâcheté a chacun de voir?

la seule vérité c’est qu’il nous laisse TOUS  orphelin d’un acteur irremplaçable  

 

 

 

 
 

05/04/2016

R.I.P Gato Barbieri (1932-2016)

 

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sa  disparition discrète aux premiers jours d 'Avril me rend particulièrement  triste  car Gato Barbieri est  l'artiste  qui m 'aura  ouvert 'les portes '  du Jazz

C 'est par  lui  et par  la  formidable  bande  son de ' Last tango  to Paris  ' (grammy award 1972)  que  mes oreilles  se  sont ouvertes au tempo

prémices  des  futures  découvertes  fondamentales  de ma  vie  (Miles , Coltrane , Errol Gardner, Chet , Mingus et  tant  d'autres.......) c 'est bien lui et personne qui fut pour moi le  tout  premier.

La musique  de  Barbieri  aura  toujours  rendu hommage a ses origines sud américaines, elle aura depuis  des  décennies brulée  toujours  des milles  feux  du soleil  de  l 'argentine partagée entre sonorités latinos et free jazz débridé.

Gato Barbieri aura  trainé son sax  ténor  sur des dizaines d'albums avec plus ou moins de succès  mais  toujours une authenticité artistique sans  faille créant  un style  que  l'on baptisera le  latin jazz

Des albums toujours  brulants, toujours  habités et intenses , une silhouette  inoubliable   , large  chapeau  noir et  lunettes il restera le symbole  d'un jazz  félin  a l image  du prénom  qu 'il  s'était  choisi  ' Gato  '  (chat en  espagnol) en lieu et place  de  Leandro son prénom de  naissance

 

 

Gato Barbieri   - Last Tango in Paris ballad  [Varese Sarabande]


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30/03/2016

Histoire d'une Photo : Belmondo -Seberg sur les Champs Elysées (1959)

 

C’est l’un des duos emblématique du cinéma français, Jean Paul  Belmondo et Jean Seberg il a 26ans elle en a 21

Le film ‘ A Bout de souffle ‘ sur une idée de  François Truffaut  sera  mis en scène par Jean Luc Godard il  sera un tournant dans le cinéma  français et deviendra le film référence d’un genre nouveau ‘la nouvelle vague ’ faisant de ses deux auteurs les ‘papes’ incontestés de la nouvelle vague

L’impact de ce film d’un genre totalement  nouveau ,résolument moderne tournant volontairement le dos au cinéma d’après guerre sera énorme

Avec ' a bout de souffle ' son  approche nouvelle et décompléxée  du cinéma ,  son montage révolutionnaire et l' utilisation d'une  méthode baptisée 'Jump-cut '(la juxtaposition de deux plans sans que la caméra ait notablement changé de position)  nous assistons  au début d'une ére nouvelle le film deviendra tres vite  une référence cinématographique  dans le monde entier et son statut de film-culte est incontestable

La photographie du film  est signée Raoul Coutard (futur photographe attitré entre autres  de Truffaut, Costa Gavras, ou encore de  Jacques Demy

Cette photo est devenue  célèbre , elle  illustre la rencontre entre Patricia (J .Seberg) la jeune étudiante qui vend le New York hérald. tribune  sur les champs Elysées et Michel (J.P Belmondo) le petit truand un peu minable, la décontraction un  peu prétentieuse de Belmondo, la fraicheur, la beauté, la candeur de Seberg , son accent irrésistible , ( ‘c’est quoi les‘ champs ’ ?) 

La photo  pourtant ne sera pas l’ œuvre de Raoul Coutard elle sera prise par Raymond Cauchetier le photographe de Plateau  ;  ne la cherchez pas dans le film car cette photo qui a fait le tour du monde a été prise hors tournage, les comédiens ont en effet rejoués la scène du film  loin de la foule et des badauds.

Pour information sachez aussi que c’est cette photo qui fut choisie pour l’affiche de l’exposition Paris fait son cinéma  (a l’école du Louvre de novembre 2005 a mai 2006)

 

Lire Sur Jimboland    'la fin tragique et mystérieuse de Jean Seberg

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2008/05/11/la-fin...

 

 

Fuck America ( Edgar Hilsenrath 1980)

0322754_1.jpgCe Livre n est pas politiquement correct

Ce livre ne ressemble a aucun autre

Ce livre est un chef d œuvre d' humour  décalé  qui passe  du  rire  aux larmes avec une  sincérité  et  un sens  du  caustique époustouflant

Ce livre est l 'autoportrait sans  concession de  l 'auteur  lui meme  baptisé  ici Jakob Brodsky juif allemand rescapé  du ghetto et  qui débarque dans les  rues  du  new  York des  années 50

Personnage  hors  du   commun  revenu  de  tout Brodsky  est semi clochard , fainéant , obsédé  , alcoolo , crasseux  mais   débrouillard  comme  personne

Malgré cette existence minable, il nourrit un grand projet qui lui permet de ne pas devenir fou : un roman sur le ghetto pendant la guerre, un roman qu’un Juif excentrique lui suggère d’intituler " Le Branleur "

Quelque  part  entre   le  Harry Black  de  Hubert Selby Jr ( Last exit to Brooklyn) l'Ignatius  de John kennedy Toole  (la  conjuration des imbéciles) et l'Arthuro Bandini  de John Fante le personnage  hallucinant  et  halluciné  de  Brodsky  règle a la  fois  ses  comptes  avec son douloureux  passé  et  aussi  avec  une   Amérique  bien  pensante et qui avait  refusé d 'accueillir ses parents en 1938

Un Livre   a  la fois féroce  et  outrancier mais qui  sait devenir  bouleversant , un auto portrait cynique qui ne  respecte  ni  règles  ni  codes de  conduite

un "Fucking  Book"  a  lire  de  toute  urgence

 

 

 extraits  choisis

"J'ai compris qu'il ne suffit pas de survivre. Survivre n'est pas assez. J'ai aussi compris que la naissance de chaque être est en même temps sa condamnation à mort, et je me demande quel sens cela peut avoir"

 

"je passe en traînant les pieds devant la file des hommes qui pissent. Je fais gaffe de ne pas glisser sur le sol crasseux. Manquerait plus que je me brise la nuque ici , moi, Jakob Bronsky, qui ai survécu à la guerre"

 

"Ce matin-là, je n’arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j’ai pris une douche froide illico. Ça n’a servi à rien. J’ai pensé à Auschwitz. En vain"

 

"Je ne sais pas pourquoi, les jobs, ça ne marchait pas. Soit on me virait au bout de quelques heures, soit je gagnais si peu que le lendemain je n'y retournais même plus."

 

"vous écrivez un livre?"
"J'écris un livre."
"Sur la vie dans le ghetto?"
"Sur la vie dans le ghetto."
"Sur l'hécatombe?"
"Sur l'hécatombe."
"Sur le désespoir?"
"Sur le désespoir."
"Ecrivez-vous aussi sur l'espoir?"
"J'écris aussi sur l'espoir."
"Rien d'autre?"
"Rien d'autre... sauf la solitude que chacun de nous porte en lui. Moi compris."

 

 

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28/03/2016

Chambre 100 -Chelsea hotel -New-York 12 octobre 1978

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A 22h50 ce soir du 12 octobre 1978 le standard du Chelsea hôtel de New- York reçoit un appel angoissé dans lequel une voix a peine compréhensible à l’accent anglais demande d’envoyer de toute urgence des secours chambre 100 , la voix inconnue dit seulement quelqu’un est gravement blessé.
Peu de temps après ; la police de Manhattan trouvera Sid Vicious prostré sur le lit tandis que ,dans la salle de bains le corps inanimé de Nancy Spungen , sa compagne gît sous le lavabo au bout d’une traînée de sang partant de ce même lit.

 

10 jours plus tard Sid est relâché sous caution. Son état est effroyable ,il vient de passer plus d’une semaine a la prison de Riker’s Island dans un état de manque permanent.
Le 22 Octobre chez sa mère, il s’enferme dans la salle de bains avec pour tous instruments un rasoir Bic et une ampoule cassée et se cisaille les veines du bras et des jambes .
Quand arrive Malcolm Mac Laren (manager des Sex Pistols) et Joe Stevens (chargé de la liberté sous caution du musicien) ils sont confrontés a un spectacle atroce ; Sid est dans un tel état qu’il ne peut contrôler sa vessie, son urine se répand sur les draps inondés de sang.


La maman de Sid respectant la volonté de mourir de son fils est restée près de lui n’intervenant pas dans cet acte de suicide désespéré.

Mac Laren donne quelques calmants a son protégé puis s’agenouille sort un petit magnétophone appuie sur record et demande : »Alors, Sid que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? ».
La macabre conférence dure une demie-heure et Sid raconte comment cette nuit-là il est parti avec 1000 dollars chercher de l’héroïne mais il lui fût impossible de trouver quoique ce soit. alors son dealer surnommé Rockets lui propose un barbiturique puissant, du Tuinol malheureusement celui ci mélangé a l’alcool ne fait qu’accentuer l’état de manque et Vicious s’en va cogner a toutes les portes du Chelsea hôtel hurlant qu’on lui trouve de la came.
Alerté par les clients, le vigile de l’hôtel après un avertissement verbal, le corrige et lui casse le nez puis Sid regagne sa chambre ou Nancy toute aussi enragée et dépitée de le voir revenir bredouille le frappe en plein visage, il se saisit alors d’un couteau et poignarde sa petite amie dans l’estomac

Nancy retire la lame enfoncée de plusieurs centimètres et ne se préoccupe pas d’appliquer le moindre pansement.
Ils s'endorment un moment puis Sid part pour la clinique (ou il suit irrégulièrement une cure de désintoxication) chercher de la méthadone.
A son retour Nancy est morte .Elle n’avait pas 21 ans.

27/03/2016

Fondation Jean Dubuffet - Perigny sur Yerres (Val de Marne)

Nous sommes en pleine campagne quelque part dans le Val de Marne ,nous avons quitté la route principale du côté de Villecresnes pour tourner a droite sur une petite départementale  et après  avoir traversé un charmant petit village nous voici en pleine campagne a Perigny sur Yerres

Le village est surprenant de quiétude et le panneau indiquant la direction de la fondation Dubuffet est très facile a trouver.

Soudain alors que l'on s'approche du bord de l'eau La Closerie Falbala nous apparaît  bloc lumineux et clair dans toute sa blancheur  , énorme bloc monolithique  planté  au milieu de toute la verdure environnante 

Cette colossale œuvre artistique  bâtie entre 1967 et 1973 d'une  surface de 1600M² est  figée ici par l'artiste pour l'éternité.

 la Closerie protège  la Villa Falbala œuvre onirique du peintre réalisée de 1971 à 1973.

 La Villa Falbala, construite en résine stratifiée sur une charpente métallique, comporte une antichambre conduisant au cabinet logologique, lieu de méditation conçu entre 1967 et 1969 par l'artiste et composé de 24 panneaux disposés en rectangle, sculptés et couverts d'écritures rouge, bleue et noire.

Elle est entourée d'un jardin sculpté, la Closerie, destiné à isoler la villa ; les murs de la Closerie sont entièrement revêtus de peinture polyuréthane blanche,

 

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 le cabinet  logologique

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 on admirera également  dans  le  jardin de  la  fondation l'arbre  Biplan l'une  des premières  œuvres monumentales   de  Dubuffet construite  en 1969.

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 C'est également a Périgny sur Yerres que l'on trouve un atelier jadis occupé par Jean Tinguely artiste français célèbre notamment pour ses mobiles mais qui fût également le compagnon de Nikki de St-Phalle  avec laquelle il collabora pour de nombreux projets (l'exemple le plus représentatif reste la Fontaine Stravisky a Paris)

C'est la raison pour laquelle on peut admirer dans le jardin de l'atelier qu'ils occupèrent durant de nombreuses années des oeuvres magnifiques a l'image de cette splendide fontaine

 

 

Fontaine  de  Nikki  de  St Phalle  (  Jardin a coté  de la  fondation Dubuffet)

 

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 Sculptures  de  Nikki  De  St  Phalle   (  Jardin a coté  de la  fondation Dubuffet)

 

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Clin d'oeil  a César ami et admirateur du couple  avec ce pouce réplique miniature du Pouce érigée sur le parvis  de la Défense a Paris (je ne sais si cette sculpture  est l'œuvre de César lui même ou de l'un des deux artistes cités plus haut) 

Le pouce de César

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26/03/2016

Ken Kesey (1935- 2011) et le L.S.D

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Nous sommes en 1965  et le LSD a deux papes timothy Leary et Ken kesey

 le premier prononce des conférences  dans les grandes villes américaines et les universités et donne également des interviews il est éditeur de la psychedelic review  et écrit des livres. Il se veut respectable et rassurant en tentant de convaincre une Amérique bien pensante sur les bienfaits du LSD

Dans sa propriété de Milbrook  sur la côte est on est plutôt mystique , silencieux et réfléchi.

Ken Kesey lui est tout le contraire  il est exubérant , irrévérencieux , sans tabous ;il organise des soirées totalement inouïes ,il aime le rock tonitruant ,les couleurs vives ,la confusion et le chaos.

 

 Leary est universitaire , chercheur a Harvard et éminent psychologue ,tandis que Kesey  n’est a l’origine qu’un grand  braillard élevé a la campagne  dans l’Oregon ;il ressemble plus a un boxeur qu’a un scientifique

 il a traîné longtemps du coté de Hollywood  espérant devenir acteur puis alors qu’il  loge dans  un petit appartement de la  Stanford university il décide de suivre des cours d’écriture créatrice et accepte d’être volontaire pour 75 dollars par jour pour expérimenter des drogues étranges dites psycho mimétiques (car  entraînant des états temporaires proches de la psychose).

 A l’hôpital psychiatrique de la région pendant des jours il va ingurgiter LSD, .Psilocybine ; mescaline, peyotl, Ditran , graines de volubilis.

Durant toute cette période des médecins analysent, notent jour après jour tout les résultats des tests, bientôt Kesey  est embauché comme  infirmier de nuit dans ce même hôpital, il est sous acide  en permanence et c’est de cette expérience terrifiante qu’il s’inspirera pour écrire Vol au dessus d’un nid de coucou ; le livre le plus violent, le plus cinglant sur l’univers concentrationnaire des asiles de psychiatrie.

Le roman entièrement écrit sous acide devient un best-seller mais Kesey qui n’a pas repris contact avec la réalité quitte la civilisation pour s’installer en foret dans l’oregon avec sa femme Faye et ses deux enfants, entouré de quelques proches il mène  une véritable  vie d’ermite, écoute de la musique rock et jazz d’avant-garde (ornette Coleman).

La communauté s’agrandit bientôt au hasard des soirées improvisées organisées par Kesey qui au cours d’un trip trouve un nom a sa tribu  the intrepid traveler and the merry pranksters ce qui signifie le voyageur intrepide et les joyeux mystificateurs

Ensemble ils vont  acheter un vieil  autocar des années 30  qu’ils vont repeindre et équipé en maison roulante  avec couchettes , évier , toilettes , frigo des hauts parleurs hurlent la musique tant a l’intérieur qu’a l’extérieur du véhicule ,des caméras filment tout et des micros enregistrent tout ce qui se passe  et les Merry Pranksters s’entassent dans cette maison  sur roues et partent a travers le pays pendant plusieurs mois.

 

Dans le bus c’est une ambiance démente ; la bande a Kesey  dort tout les trois jours, des quantités d’acide astronomiques sont ingurgités, des kilomètres de pellicule  enregistrent tous les événements du  périple

Pour les Merry pranksters cette aventure est une sorte de quête de la sagesse et il convient de rappeler que le LSD n'était pas encore déclaré illégal (il le sera a partir du 6 octobre 1966)

Le groupe qui recevra même la visite des Beatles et des célèbres Hell’s angels et  participera aux ‘trips festivals et a la première convention  nationale de l’underground  le tout sous une surveillance permanente du  F.B.I

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De retour dans leur repère  Kesey visionne le film qui dure  45 heures  et  demande a Tom Wolfe   célèbre  journaliste américain s’écrire un livre d’après les images  le livre  va s’appeler  the electric kool-aid acid test.

Beaucoup penseront a la lecture du bouquin de Wolfe  que ce dernier faisait partie du voyage il n’en était rien  Wolfe n’ayant même jamais pris le moindre acide, il a pourtant avec précision  su rendre l’ambiance de folie et de chaos  de la bande a Kesey

on aurait dit une locomotive  a une quinzaine de kilomètres de distance ;les hell’s angels en formation  de course dévalaient la montagne sur leurs Harley davidson 74 ils enfilaient les virages de la route 84 ,ralentissaient ,fonçaient a nouveau  et le bruit de locomotive s’amplifiait  au point qu’on n’entendait plus Bob Dylan dans les hauts parleursles voila au dernier tournant  les Hell’s avec leurs  motos ;leurs barbes ,leurs  cheveux longs ,leurs blousons de rebut sans manches  ornés de têtes de mort   le tout avec un air royalement dégueulasse

Personne ne les avaient jamais invités nulle part  tout du moins pas en bande les hells qui voyaient toujours tout en noir se méfiait des qu’une situation nouvelle se présentait mais cette fois  ils tombèrent  de haut  tout le monde était tellement défoncé qu’on se dissolvait pratiquement sur place ;les Pranksters avait plus d’un million de doses de LSD la drogue favorite des Hells et ...........des quantités inépuisables de bière .

Tom Wolfe  acid test  1968  (extrait)

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24/03/2016

The Stooges : (The Stooges - 1969)

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Ce disque est une pure folie, un cataclysme rock extrême, un rouleau compresseur qui dévaste et emporte tout sur son passage.
C'est tout à la fois le premier disque de heavy metal, le premier disque de glam-rock, et le premier disque punk.
Enregistré en 1969 en seulement 48 heures, il a conservé 47 ans après (excusez du peu !), toute sa puissance.
La basse monstrueuse de l'incontrôlable Dave Alexander  (décédé en 1975)  est inouie  et  la guitare impitoyable de Ron Asheton (décédé en 2009) nous colle véritablement au mur, de son côté  Iggy Pop survolté , déchainé , habité  éructe les titres emblématiques de ce premier album  foudroyant ("1969", "No Fun", "I Wanna Be Your Dog", "Real Cool Time", ).


La production de John Cale  eeest énorme , le son est  terrifiant (inspiré dit-on, des usines automobiles de Detroit).

Contrairement à leurs frères d'armes le MC5, qui politise ses textes et cherche à faire passer des messages, les Stooges eux , ne revendiquent rien ; ils hurlent leur mal de vivre et leur ennui à la face du monde désenchantée qui vient a peine de réaliser que le "flower power " est bien fini


Les Stooges sont dépravés, extrêmes et dégénérés ; ils sont le cauchemar des familles américaines, comme peut l'être Marylin Manson aujourd'hui, et dans lequel les kids américains se reconnaissent.
Sur scène, Iggy Pop se révèle être une véritable tornade d'énergie pure, repoussant sans cesse les limites.
Leur carrière sera courte, et ils se saborderont tout seuls comme on pouvait s'y attendre (en 1974 ) avant contre toute attente de réussir  un come back inespéré et plutôt réussi une trentaine d'années plus tard ( 2003)

Ce premier album appartient depuis longtemps a la légende il est incontestablement  un chef-d'oeuvre intégral et universel.

 

The Stooges   :   real cool time


podcast

 

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Drugstore cow boys ( Gus Van Sant 1989)

 

 

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Gus Van Sant est un  réalisateur bien a part ,il a su en effet devenir un metteur en scene essentiel du cinéma contemporain tout en conservant son étiquette indépendante et underground.

De My Own private Idaho (1992) a Even cowgirls get the blues(1993) en passant par Prête a tout (il avait offert a Nicole Kidman son premier role principal qui lui rapportera le golden globe de la meilleure actrice en 1996) jusqu'a Will hunting qui révela Matt Damon (2000) sans oublier Elephant (palme d'or 2003) et Last Days (2005) tous ses films portent une griffe tres personnelle  et reconnaissable.

Drugstore Cow boy que le public avait boudé lors de sa sortie avant de l'éléver au rang de film-culte d'une génération est a mon sens son chef d'oeuvre.

Porté par un exceptionnel Matt Dillon qui trouve ici son plus beau rôle depuis le cultissime  Rusty James de Francis Ford Coppola et par Kelly Lynch  magnétique et bouleversante de désenchantement.

Le quatuor de ce road movie est complété par James Legros gros ours pataud au regard triste plus bête que méchant   et par  Heather Graham ,pauvre petite fille perdue  qui suit le trio plus par ennui que pour toute autre raison .

Dans ce road movie sur toile de fond d'une Amerique post 68  nos quatre anti-heros sont livrés a eux memes dans une recherche permanente et quotidienne de drogue cette  quête  représentant l unique la seule chose qui ait de l'importance a leurs yeux ,  on pense forcement a un autre chef d'oeuvre underground réalisé quelques années plus tôt  a savoir le mythique Easy Rider

 

Cerise sur le gateau , Gus Van Sant s'est offert  pour un role inoubliable de curé junkie et repenti une légendaire figure de la contre culture américaine en la personne de William.S.Burroughs qui donne avec sa personnalité unique ,sa dégaine décharnée et sa voix identifiable entre mille une force indéniable au sujet principal du film qui reste la drogue et ses errances  car Drugstore cow boy parle de drogue , sans voyeurisme , sans concession  sans porter de jugement ni condamner , sans en faire la moindre apologie mais simplement en traitant ce fléau social avec justesse et réalisme.

 

02:23 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

Histoire d'une photo 'The Butcher's cover (1966)

 

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Comment les Beatles ,en  apparence le  groupe de rock le plus "propret" de la planète s’est-il retrouvé à faire cette photo d’un goût douteux pour  la pochette  de l album  yesterday and  today ?

La réponse, la voici…

En 1966, Bob Whitaker un photographe américain leur propose de réaliser une photo originale à l’opposé des clichés habituels

Les Beatles acceptent,  la photo est mise en boîte et tout le monde est content… mais pas pour très longtemps.

Très vite, alors que ce n’était pas prévu, la photo est utilisée pour illustrer 'Yesterday & today ' un EP  destiné au marché américain

Les ennuis ne font que commencer…Les ligues puritaines américaines sont choquées et exigent le retrait des 750.000 copies du disque. Capitol s’éxécute. Les galettes sont rapatriées et  une nouvelle photo est collée sur l’ancienne .rapidement le  disque retourne dans les bacs.  Finie la boucherie et les poupées désarticulées  les Beatles posent cette fois-ci très sagement  autour de malles de voyages

 

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la pochette retirée a fait évidemment de cet EP un collector absolu et ce qui au départ n'était qu'une séance photo un peu 'underground' a donc causé de gros soucis au groupe et a la maison de disques .

Interrogé sur ce sujet Paul Mc Cartney déclarait   "On avait fait quelques séances avec Bob avant celle là et il connaissait nos personnalités : il savait qu’on aimait l’humour noir et les blagues malsaines. C’était l’un de nos traits de caractère dominants à l’époque. 

Bob Whitaker a  dit : « j’ai une idée : enfilez ces blouses blanches de laborantin. ». Ça ne nous a pas paru bien méchant, ce n’était que des poupées et de la viande. Je ne sais pas vraiment ce qu’il essayait d’exprimer, mais ça paraissait un peu plus original que ce que les autres nous avaient fait faire. la suite vous la connaissez . Capitol   a  refusé la pochette"

Inutile de préciser que ce vinyle  est devenu un " collector' absolu que les fans des Beatles toutes générations confondues cherchent a acquérir en vain .

Sa cotation est aujourd'hui astronomique. Enfin pour ce qui est du contenu  de ce disque celèbre on est la aussi dans de l'exceptionnel  jugez par vous même.

 

track-list

  1. "Drive My Car"
  2. "I'm Only Sleeping"
  3. "Nowhere Man"
  4. "Doctor Robert"
  5. "Yesterday"
  6. "Act Naturally"

 

  1. "And Your Bird Can Sing
  2. "If I Needed Someone
  3. "We Can Work It Out
  4. "What Goes On"
  5. "Day Tripper"

 

 The Beatles     - doctor Robert


podcast

 

 

22/03/2016

Anita , Anita !

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Life " la Biographie de Keith Richards parue a la fin de l'année 2010 s'avère bien évidemment passionnante mais surtout croustillante en matière de confidences que le guitariste des Stones distille parfois sur le ton de l'humour , d'autres fois sur un ton plus acide ou plus acéré . Règlements de comptes ou simples mises au points a chacun son intréprétation .

Personne ne s'étonnera de la quantité d'individus bizarres et  déglingués qui gravitent chapitre après chapitre autour de la planète Rolling Stones en général et de l'ami 'Keith  ' en particulier

La vie amoureuse et pour le moins  tumultueuse du guitariste  n'échappe bien évidemment  pas a cette règle

Anita Pallenberg  fut la compagne de Keith de  1967 a 1980 , cette beauté fatale  dans la ligne droite de Marianne Faithfull ou de Nico tient dans  cette biographie  une part pour le moins importante voire essentielle. Née en Italie en 1944 Anita Fut , avant de partager la vie de Keith la 'fiancée ' de Brian Jones  on lui prête aussi une aventure avec Mick Jagger  (elle fût la  partenaire de Mick dans le film 'underground ' de Nicholas Roeg 'performance ' en 1970 ). La plantureuse Anita fut aussi de la distribution du célèbre 'Barbarella ' de Roger  Vadim  en 1968  ( elle y interprétait l'inquiétante 'reine noire ' au côté de la belle  Jane Fonda).

Elle fût également l'épouse de Michel Piccoli dans l'excellent 'Dillinger est mort " de marco Ferreri en 1968

 

Anita Pallenberg fût durant 13 années totalement associée a Keith Richards , elle lui donnât 3 enfants. Un fils, Marlon , né en 1969, ; une fille, Dandelion, née en  1972, et un autre fils, Tara né en 1976 malheureusement décédé de complications de santé peu après sa naissance  , elle partageât  non seulement l'univers des Stones mais aussi le mode de vie décalé , décadent et marginal de Keith s'abîmant a ses cotés dans la spirale de l'héroïne 

La rupture de Richards et Pallenberg fut une conséquence de leurs addictions respectives, elle s'établît à Toronto en 1977 lorsqu'ils furent tous deux menacés d'emprisonnement par la justice canadienne. Le point de non-retour dans leur relation est finalement atteint en 1979 lorsqu'un adolescent de 17 ans, Scott Cantrell, fut retrouvé mort dans leur résidence de South Salem après s'être tiré une balle dans la tête dans le lit de Keith

Tout comme Keith ,Anita peut être considérée comme une survivante , une rescapée d'une époque d'excès en tout genres ,  des excès qui ont bâtis la légende" sex , drugs & rock'n roll "mais qui ont laissés évidemment beaucoup de victimes  sur le carreau.

Je vous invite a lire de toute urgence cette biographie de Keith Richards ou le guitariste se livre  sans retenue , autour de lui  dans l'ombre ou dans  la lumière  gravitent des hommes et des femmes , des héros et des ' losers'

En tête de toute  cette  clique ,  entre musiciens géniaux ou ratés, producteurs , comédiens et mondains de tout poils , entre parasites  camés et " groupies " Anita  se taille une place importante

Elle est toute a la fois ange gardien ou ange maudit de l'axe Stones - Richards  son importance (positive ou négative ou bien les deux) dans la carrière du groupe n'est bien évidemment  plus a prouver .Le point culminant de l 'axe Pallenberg- Richards -Stones  se situant très certainement durant la période de   l 'enregistrement  de  l 'album   ' exile on main street'   en 1972 .

Au printemps de cette année la , poursuivis par le fisc ; grugés par leur financier-, les Rolling Stones émigrent en France, .Keith Richards choisit de louer la grande villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer, où il s'installe avec sa compagne, Anita Pallenberg, et leur fils Marlon .

 

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Bien vite, la maison devient le lieu de ralliement des autres membres du groupe et de musiciens de   différents  horizons  qui vont travailler dans le sous-sol.

Bien vite aussi, amis et intrus investissent la propriété et l'endroit devient une micro société décadente , un 'no man's  land  musical d'où, au final, émergera, sous forme d un  double album, Exile on Main Street, sans doute l'œuvre la plus créative des Rolling Stones .

Le photographe  Dominique Tarlé présent aux cotés du groupe durant 6 mois  évoque largement Anita Pallenberg en la définissant comme  une véritable guerrière. Sans elle, l'épisode  Nellcôte aurait pu devenir l'enfer sur Terre et vraisemblablement il n'y aurait pas eu d'album ».

 

Retrouvez Anita Pallenberg sur l' article consacré au livre Egéries sixties de Fabrice Gaignault (Fayard 2006)

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2007/03/28/egerie...

21/03/2016

histoire d une photo - Lou Reed et Laurie Anderson

20131105-loureed-x306-1383682646.jpgUne  fois  n  est  pas  coutume je poste cette fois un  texte  dont je n ai pas  écrit la moindre  ligne

J ai  adore  retrouver l interview  realisee  aupres  de Laurie Anderson  par le  magazine  Rolling  Stones  en décembre 2013  peu de  temps après la  disparition de  Lou Reed  et je voulais le faire  partager  a ceux  qui se  baladent  sur ce  blog

et puis  la photo de ce couple  hors  du  commun  me  touche  énormément

 

Laurie  Anderson  Feat Lou Reed   - in our  sleep


podcast

 

J ai rencontré Lou à Munich, pas  a New York.

Cétait en 1992, et nous avons été tous les invites au festival de Kristallnacht par  John Zorn commémorant la Nuit de Cristal en 1938, la nuit qui a marqué le début de l'Holocauste.

Lou m'a demandé de lire quelque chose avec son groupe.  Après le spectacle, Lou a dit: «Vous avez  exactement  lu comme moi je l aurais  fais!"

Je me  suis  dit   pourquoi a t-il besoin de moi pour faire ce qu'il aurait pu faire facilement ? je ne comprenait pas mais c  était vraiment un beau  compliment.

Je l'ai aime tout de suite, j étais surprise qu'il n'ait pas un accent anglais car  Pour une raison idiote , je pensais que le Velvet Underground était britannique .
En fait, Lou et moi ne vivions pas loin de l'autre à New York, et après le festival Lou a suggéré de se revoir. Je crois qu'il a aimer  quand j ai dit, "Oui Absolument Je suis en tournée, mais quand je reviens -! Voyons voir, environ  dans quatre mois - Passons du temps ensemble"

il m'a demandé si je voulais aller à la Convention Audio Engineering Society. Je dis que je voulais de toute façon  m y  rendre .

La Convention AES est le plus grand et le plus grand endroit pour les  geek sur tout  les nouveaux équipements électroniques  et nous avons passé un après-midi heureux regardant les amplis et les câbles .

Je ne savais pas ce devait être une date importante , mais  nous sommes allés ensuite  boire  un café après cela, il a dit: «Est-ce que vous voulez voir un film?" . "Et puis après, nous  avons dîne puis  nous sommes  partis  nous  balader .A  partir  de  la  nous ne nous   sommes  quasiment plus  separes

Lou et moi avons joué de la musique ensemble, sont devenus les meilleurs amis, puis des âmes sœurs, voyagé, écouté et critiqué le travail de chacun,  étudié des  tas  de   choses ensemble (la chasse aux papillons, la méditation, le canoë -kayak). Nous avons fait des blagues ridicules; arrêté de fumer 20 fois; combattu; appris à retenir notre souffle sous l'eau;  chanté l'opéra dans les ascenseurs; nous  sommes  devenus  amis avec des gens improbables; chacun  suivait l'autre en tournée quand nous pouvions,  partagé une maison qui était séparée de nos  chez nous  respectifs; nous  nous  sommes  protégés et aimés.

Nous allions voir  beaucoup  d expositions , des concerts, des pièces  de  théâtre 

Nous avons adoré notre vie dans le West Village entoures  de  nos amis et  dans l'ensemble, nous avons fait du mieux que nous pouvions faire.

Comme beaucoup de couples, chacun de nous  a construit une  stratégies et des compromis nous permettant  de  mieux fonctionner  en  duo

. Parfois, nous avons perdu un peu plus que nous étions en mesure de donner, ou renoncé a certaines  choses , Parfois, nous  nous sommes mis  en colère mais  jamais  nous ne nous sommes ennuyés

. Nous avons appris à nous  pardonner l un a l autre. Et en quelque sorte, pendant 21 ans, nous avons mêlés  nos  âmes  et nos cœurs .

au  printemps en 2008, lorsque je marchais sur une route en Californie et je lui dit soudainement   dit  au  téléphone   "Il y a tellement de choses que je ne l'ai pas  faites  et   que j adorerais  faire,"

"Comme quoi?" me demanda Lou

"je ne ai jamais appris l'allemand, ni  jamais  étudié la physique et  je ne me suis  jamais  encore mariée."

«Pourquoi ne pas se marier?" m a  t il alors  demandé. «
puis sans  réfléchir il  ajouta  marions  nous demain tu veut ?



Et le lendemain, à Boulder, dans le  Colorado a mi chemin de l endroit  ou nous  nous  trouvions  chacun de  nous la  veille encore ,  nous nous  sommes mariés dans la cour d'un ami  portant  encore nos vieux vêtements du week end
Je suppose qu'il ya beaucoup de façons de se marier. Certaines personnes se marient et se  connaissent à peine , aussi. Lorsque vous vous mariez avec votre meilleur ami de nombreuses années, les choses  sont  différentes , le  temps  est  modifie. 

pour paraphraser le  grand Willie  Nelson Quatre-vingt dix pour cent des personnes dans le monde finissent avec la mauvaise personne. et il  sans doute  raison ,  ce n  était pas  notre  cas  

 


Lou a été malade depuis  déjà deux  ans  d'abord a cause  des traitements de l'interféron, une abominable série d injections qui traite  l'hépatite C  avec beaucoup d'effets secondaires désagréables. Puis il a développé un cancer du foie, surmonté d un  diabète bien avance

Il a appris tout ce qui concernait  sa maladies et les traitements possibles . Il a continué à faire du tai chi tous les jours pendant deux heures, plus la photographie, les livres,  les enregistrements, son émission de radio avec Hal Willner et bien d'autres projets. Il aimait ses amis, et il  les   a appelait , envoyait  des  textos, et des  e-mails quand il ne pouvait pas être avec eux.

Nous avons essayé  d'appliquer les principes  que nous  enseignait notre  maitre   bouddhiste Mingyur Rinpoché dont la philosophie etait  "Vous devez apprendre  a  maîtriser la capacité a ressentir la  tristesse tout en  refusant d être  triste

Au printemps dernier, à la dernière minute, il a reçu une greffe du foie, ce qui semblait fonctionner parfaitement, et il a repris presque instantanément santé et énergie.

Puis  son état  a  recommence  a  décliner, et quand  le docteur a  dit    c  est fini il n y a plus  d autre option  , le  seul que Lou a entendu était "option" ,." - Il n'a pas  jamais  baisse  les  bras  jusqu'à la dernière demi-heure de sa vie, quand il a soudainement accepté  l ineluctable  il  a  demande  a  rentrer  a  la  maison

 - je lui sorti de l'hôpital quelques jours avant -et même si il était extrêmement faible, il a insisté pour  sortir profiter de la lumière du matin.

en tant  qu'adeptes  de la méditation  nous nous étions préparés  pour cela - comment déplacer l'énergie  du ventre jusqu' au cœur puis  jusqu'à la tète 
Je n ai  jamais vu une telle expression pleine d'émerveillement que celle de  Lou quand  il est mort. Ses mains faisaient les 21 formes du mouvement  de l  eau  qui coule  du tai chi  . Je tenais dans mes bras la personne que j'aimais le plus au  monde lui parlant  quand il est parti

J avais pu  marcher avec lui jusqu'au bout du monde. La vie  , si belle , douloureuse  , éblouissante ne peut être meilleure que ca ,  la mort n a  de sens  que  dans la  concrétisation  de l'amour.

aujourd'hui  et je suis si fière de la façon dont il a vécu et dont il  est mort, de sa puissance et de la grâce incroyable.

Je suis sûr qu'il va apparaitre  dans mes rêves et semblera de nouveau vivant. Et je me tient la  debout   et  abasourdie  et  infiniment  reconnaissante et  soudain de  constater Combien  il est étrange, excitant et  miraculeux de pouvoir  autant changer l autre , l aimer  autant  a  travers  nos  mots , notre musique et notre vie  au quotidien.

 

 

 

 

 

 

20/03/2016

Street Hassle ( Lou Reed 1978)

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1978 Lou Reed se revendique ( a juste titre) comme l 'un des parrains du punk, depuis New York Il a vu éclore et exploser des artistes ou des groupes qui ,  tous sans exception ont idolâtrés le velvet Underground (Télévision , the Modern Lovers , the Feelies, the Talkings heads, Patti Smith)

Les chefs d'œuvres de sa carrière solo sont déjà derrière lui ("transformer", " berlin" , "Coney island baby") et peut être ne sait il pas encore que ces albums la vont devenir légendaires et cultes ?.

Pour succéder a ces disques fondateurs Lou Reed a livrés en 1976 'rock 'n roll heart " un disque que l 'on peut sans hésiter qualifier de dispensable

Mais en 1978 Lou Reed  est a la  ramasse camé  jusqu'à  l`os ,  fauché ,  le leader  du VU   n` est  plus  un   zombie  en  mode  survie  mais l 'animal est  en vie  et  va se réveiller avec un  album  , brutal , méchant , politiquement incorrect  et que le  chanteur  se  veut  comme celui  de  la  rédemption

en une poignée  de  titres (8)  glauques  et   a la  limite  du malsain Street  hassle  nous entraine dans son univers de déglingue  et de noirceur, de personnages marginaux  a la dérive, les putes, la prostitution ,la rue , la dope , on sait que tous ces thèmes sont chers a Lou Reed depuis déjà des années.

Sur ce disque sombre  pas forcement facile a digérer a la première écoute  et qui  se  définit   comme un véritable  cauchemar  urbain  empoisonné  on trouvera plusieurs sommets a gravir a commencer  par  l irrévérencieux "I wanna be black "

I wanna be black
Have natural rythm
Shoot twenty feet of fizz, too
And fuck up the Jews

Je voudrais etre noir
Avoir le rythme dans la peau
Ejaculer 6 metres de foutre
Et voir les juifs se faire enculer.

"Dirt " si elle ne s'impose pas comme une chanson majeure de l 'album est aussi plutôt  pas mal dans le genre provocation et franc parler ( Lou Reed y règle ici  ses  comptes  avec  son  impresario )

You and the people like you
Who'd eat shit and say it tasted good
If there was some money in it for 'em

Toi et ceux de ton espèce
Qui mangeriez de la merde en disant que c'est bon
Si ça pouvait rapporter de l'argent

autre grand titre " we gonna real good time together" une chanson datant de la periode du Velvet., un titre auquel Lou Reed semble particulièrement attaché ( il  a entame  tous les concerts de reformation du groupe en 1993 avec  ce  titre ).

 Cette version est cependant radicalement différente de la version enregistrée avec le V.U et les puristes du groupe seront surement surpris

enfin il y a sur ce disque l 'un des titres essentiels du Lou 'street hassle ' titre totalement incroyable (qui donne son nom a l 'album ) longue  descente  aux  enfers a la limite de la poésie urbaine et de la chanson pure et déclamée sur prés de 11 minutes , une chanson expérimentale et divisée en 3 parties distinctes

la partie 1 raconte l'histoire de Martine qui s'offre rend visite a un jeune gigolo et lui donne 80 dollars  en lui disant que pour elle c'est toujours un plaisir d'avoir recours a un professionnel.

La partie 2 est un monologue où Lou explique a un ami que faire de sa copine ayant fait une overdose.

les bons conseils du docteur lou sont de l'emmener et de la laisser quelque part dans une rue sombre pour faire croire a un accident.

La partie 3 évoque une séparation et départ d'un amour ( a cette époque Lou Reed se séparait de Rachel un transsexuel avait qui il a vécu quelque temps ) en fin de titre on a la surprise d 'entendre  Bruce Springsteen
venu poser sa voix si particulière et identifiable pour  un (petit ) couplet

la particularité  de  cet   album  est  qu'il  est hybride ( enregistre  en  studio  et  aussi  capte en   live)  il  reste  le témoignage  d un  artiste  complexe en proie  avec  ses  démons  

En  crachant  a la face  du monde  ce  disque   malade  et    vénéneux  Lou Reed  ne  sait  pas  encore   qu'il est loin d en  avoir  termine  avec  les années  noires de  galère  .

Après  cet  album furieux il y aura une longue  traversee  du  desert du desert  de 10  ans

la  rédemption et le réveil   du phénix rock  n roll n arrivera  que  bien plus  tard  en 1989   avec l album   New York 

 

track list

  1. Gimmie Some Good Times – 3:15

  2. Dirt – 4:44

  3. Street Hassle – 10:58

  4. I Wanna Be Black – 2:56

  5. Real Good Time Together – 2:22

  6. Shooting Star – 3:10

  7. Leave Me Alone – 4:45

  8. Wait – 3:12

 

 

Lou Reed  -  real good  time together


podcast

 

 

Lou Reed  - I Wanna be black


podcast

 

 

 

19:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

Biophilia ( Bjork 2011)

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A l'évidence en parcourant les commentaires et critiques de Biophilia la presse (spécialisée ou non) et le public sont partagés

Ce Disque suscite tour a tour c'est selon , rejet total ou encensement et c'est pourquoi malgré  tout ce qu'on pourra écrire une chose est incontestable il suscite dans le monde culturel  intérêt , curiosité et  ne laisse personne indifférent

Abordons donc 'Biophilia  '11 ème album de cet artiste hors normes, on traduira 'biophilia ' le titre donné a cet album par 'l'amour de tout les êtres vivants ' Bjork ayant voulu placer ce thème au centre de son disque Biophilia célèbre la façon dont le son est présent partout dans la nature. Il explore l’étendue infinie de l’univers, des systèmes planétaires jusqu’à la structure atomique."  déclarait par ailleurs Björk au sujet de Biophilia. tout un programme donc mais  est ce de la musique ? de la physique ? Serons nous pauvres mortels assez intelligents et  assez évolués pour comprendre le message universel et mulitimédia de Bjork  ?

Mais je sais aussi par expérience que  les bonnes intentions de quelque nature que ce soit , que l'avant gardisme, l 'utilisation aussi revolutionnaire soit elle des nouvelles technologies , oui tout cela ne fera JAMAIS ni  un grand disque ni une grande oeuvre 

Le paquet proposé ici par Bjork  est bien  ficelé autour de thémes pompeux ? l 'infini , la planète, les atomes , l' écologie , L'universalité   bref n'en rajoutons plus mais si bien emballé soit il son paquet n'est en réalité qu'une boite vide

En écoutant 'biophilia ' on se demande plage apres plage qu'en est il des émotions , de la musique a proprement parler , des mélodies, des harmonies  ?

peu ou pas grand chose au final car Bjork oublie (volontairement) les ' minuscules ' auditeurs terriens qui écoutent a l'autre bout de la chaîne le résultat de ses divagations cosmiques  et prétentieuses

L’album fanfaronne Biophilia 'étant  principalement été composé à partir de Lemur customisés (des écrans tactiles interactifs ) Bjork utilisant  également des instruments a vent hybrides d'une nouvelle ère aux noms de baptêmes volontairement complexes ( gameleste, Sharpsichord,  pendulharpe )

Alors devant une telle débauche d'énergie pour proposer une nouvelle musique  (une musique du futur?) , on écoute très attentif et un peu médusé ce disque pas tout a fait comme les autres

10 titres  et 50 minutes plus  loin de 'moon ' a ' solstice " on a une profonde impression de chaos géneral , d'un fourre - tout indigeste et complexe ,  certes la voix de Bjork reste toujours un régal a entendre mais c'est plutôt  la déception et  l'incomprehension qui prend le dessus 

Convaincu que beaucoup aimeront je n'ai aucun problème pour critiquer severement 'biophilia ',  en effet depuis 'Medulla '(2004)  je trouve  les disques de l'islandaise décalés, et pour tout dire répétitifs et  monotones

je preferais nettement la folie musicale qui l'habitait dans les années 90 (Post - 1995) -(Homogenic -1997)  a cette surenchère  technologique qui  a mon sens étouffe son talent et a laquelle je demeure insensible.

Bjork -  cosmonogy


podcast

 

chronique -  homogenic (1997)

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2006/12/19/bjork-...

 

chronique  Volta (2007)

http://jimboland.hautetfort.com/tag/volta

 

16:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

19/03/2016

Papa was not a Rolling Stone (Sylvie Ohayon 2014 )

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Depuis les Inconnus on le sait ' la banlieue c'est pas rose ,la banlieue c'est morose '   sauf que le trio de comiques  lui   pratiquait  humour et second degré avec talent  , ici au contraire ca se prend au  sérieux ca s 'écoute parler, ca philosophe , ca moralise et ca donne des  lecons de vie ,le tout sans le moindre scrupule avec une quantité ahurissante  de stéréotypes de bas étage 

 on finit par trouver donc  assez  rapidement cette chronique de la cité des 4000 (la Courneuve) plus que nauséabonde  et par moment a la limite du supportable.

Ce portrait d'une jeunesse  dans les années 80   avait pourtant tout pour être séduisant

il ne tient malheureusement pas la route la faute a une succession de   clichés , de lieux communs , la faute aussi a des dialogues affligeant (je doute de l 'utilisation d'un tel vocabulaire employé il y a 30 ans)

Seule la  jeune Doria Achour qui interprète Stéphanie   tire son épingle du jeu   autour d'elle  c'est le naufrage , des jeunes comédiens apathiques et peu crédibles   (insupportable Soumaye Bocoum dans le rôle caricatural a l extrême de Fatima la bonne   copine ) idem pour Rabah fait Oufella   dans le rôle du petit voyou Rabbah (tout le  monde  ne peut  pas magnétiser l 'écran   comme Tahar Rahim  ou Roschdy Zem)

Des jeunes acteurs ,mêmes Amateurs et égarés dans des projets ratés ce n 'est pas évidemment pas   très grave et on leur pardonnera  bien  volontiers ,cependant il est plus dérangeant  de constater le naufrage de comédiens plus chevronnés ici  Aure Attika a la limite du ridicule ,Marc Lavoine égaré dans cette spirale de mauvais gout, Sylvie Testud mal (très mal) exploitée

Le film est réalisé par Sylvie Ohayon d'après un roman autobiographique écrit par elle même mais si les intentions sont certes  louables mais  l 'ensemble est tellement caricatural et sans conviction que le résultat cinématographiquement parlant est  inexistant

Certains dialogues sont d'une terrifiante stupidité (Mention spéciale  a la  séquence du  départ pour la Sorbonne de Stéphanie ou les habitants de la Courneuve la mettent en garde contre la dangerosité de la capitale.  il fallait oser !)

La maladresse de la mise en scène, les dialogues consternants ,une abondance de clichés (douteux) , des personnages indigestes   , bref rien a sauver dans ce film sans grand intérêt qui sera vite oublié.

 

20:28 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)