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11/03/2017

Hippie Hippie Shake (Richard Neville)

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C 'est un livre disons... quelque peu particulier

Il est l'œuvre d'un auteur témoin de son époque et de son temps , en effet son auteur  Richard Neville ( décédé en 2016) est le fondateur du journal underground OZ

Oz Magazine sulfureux et politiquement incorrect sera publié d 'abord en Australie , le pays d'origine de Neville des 1963 puis a Londres a partir de1967

Neville nous propose dans    'Hippie Hippie Shake  '  (sous  titré  ' rock , drogues  sexe  utopies voyage dans le monde merveilleux  des  sixties  ") parallèlement au récit de l'aventure mouvementé du magazine underground  depuis les balbutiements des débuts en passant par l 'épopée londonienne sans oublier les procès pour obscénité  des témoignages instantanés de cette époque révolue et qui suscite encore beaucoup de fantasmes aujourd'hui a savoir  , celle des swinging sixties

 

Roman témoignage donc un peu foutraque et désordonné a l'image de l 'époque qu'il retrace .Drogues , Musique , Engagements politiques ,Tout  ici se  télescope et le roman fourmille de références et de personnages qui ont construits cette  société culturelle et artistique. 

On y croise entre autres John Lennon , Lenny Bruce , Eric Clapton , robert Crumb , quantités d'artistes musiciens , écrivains , journalistes , des doux dingues et des vrais cinglés , des célébrités , des anonymes , des utopistes , des rêveurs ,

de Sydney a Katmandou , d'Ibiza a Londres ; de Tanger a New York le voyage psychédélique raconté par Richard Neville est tout aussi fascinant que déroutant

il reste au travers de ce 'hippie hippie shake ' le témoignage coloré et délirant   d'une génération de tout les culots , de toutes les utopies , de tout les excès et de tout les combats, le témoignage aussi d'une époque charnière dans l'histoire de la société moderne et culturelle.

 

 

 

15/01/2017

Sur le Rock (François Gorin )

 

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François Gorin a été journaliste à Rock and Folk, puis au Matin de Paris, mais également  à L'Événement et aux Inrockuptibles. Il est aujourd'hui critique de cinéma à Télérama.

 Il a publié en 1996 aux Éditions de l'Olivier Sur le rock , un livre dont la lecture m'a  non seulement passionné  mais qui fut absolument fondamental pour  moi.

Derrière  cette magnifique couverture ou on retrouvait Dylan illustré par Guy Pellaert se cachait un  drole de recueil présenté en neuf chapitres et qui contient près d'une centaine de réflexions de l'auteur sur la musique (pas seulement  rock) et de ce qu'il en reste a l 'aube de l 'an 2000.

cet ouvrage est tout  sauf une succession de  dates ou d'évènements , il ne  dresse pas non plus de listes ou ne propose  aucun classement  bien au contraire  il se présente  plutôt comme une balade et évoque avec pudeur et poesie des instantanés , des moments  suspendus dans l 'histoire et  dans le  temps

Avec justesse, et sens de l épure  , sans jamais chercher a convaincre ni a influencer le lecteur François Gorin nous emmène  en  balade  au travers des neufs chapitres comme  dans un  évangile  rock dont on ressort enrichi.

Avec lui pour  guide  nous traversons les époques , les  genres musicaux nous croisons évidemment  ceux que nous avons aimés , adorés, ceux que nous avions oubliés ,il y aussi  ceux que nous découvrons pour la première  fois 

Comme un  grand  frère qui nous ouvre sa  discothèque  personnelle  Francois Gorin nous régale , nous étonne , nous surprend et se fait le porte parole et le témoin de toutes les générations , de toutes les  tendances,

A l' heure  de "you tube" relire cet  ouvrage en 2017 (je l'avais lu lors de  sa  sortie ) est un regal  car on peut instantanément trouver l'illustration sonore  dont parle l'auteur et ceci permet de mieux renforcer dans l'instant  l 'impact du livre

Et puis il faut bien l'avouer c'est la  lecture  en 98 de cette" bible musicale"  qui m'a  donné l 'envie, le gout avec mes modestes connaissances et mes quelques phrases  de  vocabulaire  (d'essayer) de chroniquer a mon tour

Avec Le temps qui sait ? j'arrivais a écrire une chronique qui pourrait atteindre 'au jardin de l 'intouchable'  la merveilleuse reflexion  de Francois Gorin  sur 'five leaves left  ' de Nick Drake , un pur moment  de magie litteraire que je tiens évidemment a partager ici en conclusion.

 

Au jardin de l'intouchable - chronique de Francois Gorin ( sur le rock)

Au dessus de la photo il y a ecrit Nick drake  en lettres  anglaises et le titre 'Five leaves left ' on est en 1976 et l inconnu est mort depuis  deux  ans  deja  , il est mort  méconnu a l 'âge de 26 ans

Serait-il vivant que rien n 'y changerait , sa voix est d'au delà , elle est comme une  brise , elle est comme en équilibre sur des cordes  qui auraient l 'épaisseur d'un fil, les cordes de guitare ou ses doigts se  raccrochent et glissent, les cordes de violons d'un quatuor de chambre.

On rapporte le  disque chez  soi et  soudain  c'est  un secret qui s'exhale comme le parfum d'une fleur .

On a découvert le plus beau disque du monde

Sa voix est un repli ; comme évaporée  elle chante pour quelqu'un qui n'est  même pas la  qu'elle parle d'une femme ou d'une mouche les chansons sont proches de l'abstrait

c'est un frémissement qui les matérialise  mais celui qui le  ressent  voir alors s 'ouvrir l'univers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10:42 Publié dans Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2017

Love Song (Philippe Djian )

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Je ne me l 'explique pas mais le fil semble être  rompu entre Djian et Moi 

cet écrivain que j'ai aimé , que j'ai adoré ne me procure plus les  sensations  et les émotions du lecteur assidu de  ses  bouquins que j 'ai longtemps été.

Les signes avant- coureurs de mon désintérêt progressif ont commencés au seuil des années 2000 avec 'vers les  blancs ' puis avec ' Incidences  'ces deux ouvrages n 'ayant rien en commun en terme d'impact que ceux qui m'avaient envoutés dans les  années 80-90.

J 'ai découvert Djian avec ' Echine ' ' Lent dehors  ' ' Crocodiles ' 'zone érogène   ' maudit manège' ' Sotos '  et bien sur ' 37°2 , le matin et  sa formidable adaption par  Jean -Jacques Beineix

Non seulement je pénétrais un univers littéraire qui m'ensorcelait  et me parlait mais Djian m'ouvrait vers des horizons  nouveaux , c'est par lui  (au travers des préfaces, des  entretiens , des interviews)  que je découvrais Richard Brautigan , John  Fante , C'est lui qui me ramenait aussi vers Charles Bukowski que j'avais  tres peu  (trop peu) lu bref Djian était a mes yeux un auteur contemporain  Français qui comptait dans ma vie culturelle  et dont l'œuvre  m 'enchantait véritablement .

Love Song  donc , un bien joli titre  de  bouquin avec  un sujet et des personnages qui me laissaient entrevoir qu'entre lui et moi ca pouvait  a nouveau fonctionner mais malheureusement entre nous a l'image de Daniel et Rachel le couple de 'love song ',  les choses se  sont  désintégrées et la magie n'opère plus

j 'ai donc  subit ( a défaut d'apprécier ) la lecture  de ce  roman , évidemment  j 'aurais  tellement aimé qu'il en soit autrement , mais rien au fil des pages n 'a rallumé la flamme.

Sans doute je m'attendais un peu trop  a retrouver la plume  acide et  très  rock 'n roll de mon Djian passé  ce n'est assurément  pas le  cas  ici ou du personnage  central de  Daniel  aux autres protagonistes  décalés  de ce livre triste et plat rien dans 'love song ' ne m'a ému ni même sensibilisé

Même le milieu de la musique que Philippe Djian pourtant connaît plutôt bien (ses  références musicales de Dylan a Leonard Cohen sont irréprochables et on connaît la valeur de  sa  collaboration depuis  des  années  avec Stephan Eicher ), est décrit ici avec une fadeur qui jamais ne nous passionne.

Ou sont passées les  fulgurances , qu'est devenu le ton acéré d'écriture du plus americain de  nos auteurs  Français ? J'ai clairement passé la lecture de ce roman a me le demander

trop exigeant.....sans  doute mais nous le sommes  toujours  davantage avec  ceux qu'on aime ou qu'on a aimé.

 

10:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/11/2016

Dora Bruder ( Patrick Modiano)

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Certains petits  livres  ( Dora bruder  fait 140 pages a peine) peuvent etre révélateurs de messages  et permettent parfois  de procurer des émotions et des interrogations dignes de certaines grandes œuvres romanesques ou historiques.

Dora Bruder fait incontestablement partie de cette catégorie

Modiano tombe a la fin des années 80 sur une annonce parue dans Paris-Soir au  31 décembre 1941: «On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1,55 m, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41, boulevard Ornano, Paris.» 

Patrick Modiano retrouvera  le nom de Dora Bruder dans le Mémorial de la déportation des juifs de France, publié par Serge Klarsfeld  quelques années  auparavant en 1978. 

Cette  destinée  tragique va le hanter et il va  tacher avec ce livre de  retracer le parcours de la jeune disparue

A  mi chemin entre  enquête et biographie ce roman qui se dévore en quelques heures a peine nous passionne et  nous émeut et fait de chaque lecteur le témoin des recherches d'un Modiano romancier  détective dans les bas fonds du Paris sous l'occupation 

Qui était Dora Bruder?

A quelle école allait-elle?  Qui étaient ses parents ? ses  amis ?

Pourquoi a-t-elle fui le domicile familial?

Comment a-t-elle survécu pendant sa longue escapade? 

 Comment  a-t-elle été arrêtée et emmenée à Drancy? 

C'est aussi la quête encore et toujours  pour Modiano de la vérité sur un passé de notre histoire qui habite beaucoup de  ses œuvres et autour de thèmes qui lui sont chers ( l'identité, l 'héritage du père, l 'obsession de comprendre l 'horreur du nazisme et de la déportation, le poids  des  secrets)

Pour Modiano c'est clair il y a du Dora Bruder  dans chaque victime de la barbarie nazie mais aussi dans chaque survivant de l ' holocauste et  évidemment il y a du Dora Bruder en lui

En filagramme de ce jeu de piste formidable et bouleversant Modiano fait des incursions dans son propre passé revenant sur son propre parcours , sa propre  histoire.

Ce livre pourtant peuplé d'ombres et de  fantômes  n 'est pourtant pas un livre austère mais plutôt un livre de mémoire et de  réflexions ( et sans doute  d'exorcisme pour son auteur) 

A  l'image du Journal d' Anne Frank il nous dresse le portrait terrible et définitive d'une vie volée

 

Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie - ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence

( Patrick Modiano - Dora bruder    extrait)

 

inauguration  de  la promenade Dora Bruder a Paris  en 2015

 

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07:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

15/08/2016

Autour de Maupassant

 

 

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A l 'occasion  d'une promenade ensoleillée  au cimetière Montparnasse  et  au détour  de la  tome  de Guy De Maupassant me  reviennent  les  quelques réflexions  de  l 'auteur  de "Bel  -Ami"  ou  du" Horla "

Condamné  par  une  syphilis  contractée  en 1877   a l'âge de 27 ans l'écrivain posera  un  regard  lucide et  cynique   sur cette  maladie  qui  ruinera  les dernières  années  de  sa  vie  .

Apres  une  tentative de  suicide  désespérée en 1892 il finira  par  mourir  a l'été 1893 a l 'âge  de 42 ans

A propos du mal qui le  ronge  il confiera  a son ami , le romancier  Ivan Tourgueniev  cette  analyse  terrible

"J'ai la vérole ! enfin la vraie, pas la misérable chaude-pisse, pas l'ecclésiastique christalline, pas les bourgeoises crêtes de coq, les légumineux choux-fleurs, non, non, la grande vérole, celle dont est mort François Ier. Et j'en suis fier, malheur, et je méprise par-dessus tout les bourgeois. Alléluia, j'ai la vérole, par conséquent, je n'ai plus peur de l'attraper ."

 

18:50 Publié dans arts, Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

28/06/2016

RIP Maurice G Dantec (1959-2016)

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Je  me  souviens  au milieu des  années 90  du  choc et de la terrible  claque provoquee par la  découverte des 'racines du mal  '  le oman policier futuriste  de Maurice G  Dantec

J 'ai souvent dit autour  de moi  que  les 100 premières  pages apocalyptiques  et   effrayantes de  ce livre   sont a  jamais  marquées  dans ma  mémoire

Cet OVNI  littéraire  brulant  et   cinglé  faisait  avec  fracas  entrer  son auteur  dans  mon panthéon des  écrivains incontournables

remontant dans l'oeuvre de  Dantec  je dévorais  'la  sirene  rouge  ' son premier  roman polar (1993) furieux et  haletant  (et pourtant si mal  adapté  au  cinéma une  dizaine  d'années plus tard)

 Babylon babies  en 1999  (encore  une  adaptation calamiteuse  au  cinéma ) venait  a l 'aube  des  années 2000 , confirmer le Talent  de cet  écrivain halluciné  se  posant  en héritier  des  grands auteurs  de  SF  (on pense  notamment a Philip K  Dick ,  l 'une des  références avouée de Dantec

Ecrivain  rock,  écrivain punk,  cyber  écrivain , Dantec  enfant  de la   banlieue parisienne  est venu a l 'écriture après  un passage  par  la  musique  post punk    (il a formé   le  groupe   Artefact puis  collaborera  avec  Richard Pinhas  pionnier  de la musique industrielle  en  France ) 

L'écrivain et  sa plume  électro  - choc vont  trouver un large public  notamment  chez les lecteurs de 30 40 ans   , il va  en quelques  années devenir  un romancier  culte  pour  toute  une  génération et  multiplier  les  prix  pour  ses trois  premiers   romans

Admirateur  de  Burroughs,  de Céline et de James  Ellroy Dantec  semblait  avoir trouvé  une   voie  royale d ns  un  genre  littéraire  nouveau mais la  suite  fut  plus  délicate

De  plus en plus  orienté  vers la  science  fiction  et les  technologies nouvelles son  écriture   se  complique ,  et déroute le  lecteur qui  décroche  peu a peu  

Quittant la  France  pour  le  canada   des 1998  ses prises  de  positions politiques pro -bush   et  ses  embarrassantes déclarations  sur  l islam   vont le marginaliser et engendrer des conflits  successifs avec les  maisons  d'édition.

Se  proclamant écrivain nihiliste ,romancier de la fin des temps  l auteur semble en perte de vitesse ;ses romans aux accents apocalyptiques sont desormais clairement orientés vers  la SF  "(Villa  vortex  " " cosmos incorporated  ' )

 'les  résidents  "  son dernier  ouvrage paraitra  en 2014

Ecrivain  torturé et complexe voix singulière et atypique de la science-fiction francophone, Maurice G. Dantec,  est mort à l'âge de 57 ans d'une  crise  cardiaque , laissant derrière lui une œuvre  d'un pessimisme et  d'une  noirceur  aussi  fascinante  que  dérangeante .

 

 

 

 

 

 

04/06/2016

Lontano (Jean-Christophe Grangé 2015)

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Romancier a succes    depuis l 'explosion médiatique  des  'rivières  pourpres  '  en  1998  Grangé  livre  avec  ' Lontano  '   son onzième  roman , un pavé  de 800 pages   que  ses  lecteurs  (ils  sont  nombreux) attendaient  depuis  'Kaiken  '  paru  en 2012.

Si , mis a  part 'les  rivières pourpres  'brillamment  mis  en  scène par Mathieu Kassovitz   l'écrivain n 'a  pas  été  gâté  par  les  adaptations  de  ses  romans  au cinéma  (" l 'empire  des  loups"  , "miserere", "le vol des  cigognes" '"le concile  de  Pierre ") tous  calamiteux  et  ratés  il bénéficie  cependant d 'une place et d'une notoriété de  choix  parmi les   romanciers  Français

Lecteur  assidu de  ses  romans  que  j'ai souvent  beaucoup aimés ,  j'étais  resté  sur  une impression "mi figue-mi raisin "  après  'Kaiken  '  thriller  a la  japonaise  ' qui m'avait  déçu et  j'espérais avec 'Lontano ' retrouver l 'intensité et le rythme haletant si particulier  propre a  l 'auteur.

Malheureusement au bout  des 800 pages  et  du périple  autour  du clan  des Morvan je  suis malgré  tout  encore déçu  et même si 'Lontano ' reste plaisant (les chapitres  souvent  très  cours  en facilitent pourtant  la fluidité)  l'ensemble  s'avère  au final assez  indigeste ( personnages  stéréotypés et volontairement complexes et  torturés , situations  extrêmes souvent  invraisemblables , intrigues  parallèles  sans intérêt )

La traque du terrifiant  'homme  -clou' le tueur mystique qui ressurgit  de  la  nuit  des  temps africaine est a mon sens  polluée  par  de trop nombreuses  situations parallèles et par  des  personnages  secondaires  sans intérêt.   

A trop vouloir jouer sur la  surenchère extrême de  situations  et  de personnages et a privilégierl l'horreur au suspense pur,  Grangé  nous  condamne chapitres après chapitres a   une  lente indigestion.

L'epilogue qui se  veut  surprenant  nous  apparaît au final  très  ' tiré par les  cheveux ' Grangé  nous  faisant  pour  la  première  fois  le  coup  du ..... a  suivre

Son dernier  roman  ' Congo  requiem "  (paru en mai 2016)  se  posant en  suite  africaine de  ce 'Lontano '  thriller moyen et a la limite du fantastique   , un roman qui se situe bien en  deca  de  ses  meilleurs livres ("l'empire des  loups "  en 2003   ' le passager' en 2011  ou encore 'la ligne  noire "en 2004)

 

 

10:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2016

A quand la fin du mythe pour le Che

4047e8587b29b0858fe81c5721ff1c6d.jpg  A l'heure   nous  approchons  du cinquantieme   anniversaire  de  la mort du Che il sera vraisemblablement l'occasion d'hommages appuyés ou de commémorations diverses ,c 'est inévitable.

Pourtant  il faudra bien que  tôt  ou tard   on assiste a une perception nouvelle sur  la veritable personnalité de l'icône révolutionnaire.

Le plus virulent des ouvrages qui écornent (le mot est faible) le mythe d'Ernesto Che Guevara est sans aucun doute celui de Jacobo Machover " la face cachée du Che "

L'auteur  dénonce l'image tronquée d'un révolutionnaire humaniste que l'on nous vend depuis des décennies en rappelant les methodes sanguinaires et si ,évidemment on ne fait ni la guerre ni la révolution sans verser le sang on est en droit de s'interroger sur le statut de demi-dieu  que le 'che' a acquis en partie grâce a une intelligentsia aveuglée par un idéalisme parfois malsain.

Si l'image du "Che" reste le symbole absolu de la lutte et d'une certaine forme de révolte il ne faut pas oublier qu'elle prend ses raçines dans le terreau soviétique du goulag et du stalinisme .

Les mythes et les symboles ont la vie dure et a l'heure ou l'U.R.S.S et le Mur de Berlin ne sont plus qu'un souvenir  le monde continue d'entretenir une  aura quasi divine autour d'un homme qui au bout du compte ne fut que le pantin d'un sanguinaire dictateur . 

Une jeunesse inculte aborde tee shirts , bandanas et tatouages a l'effigie d'un homme qu'elle considère comme un martyr .

En fait  l'homme était un tortionnaire illuminé et cruel et en l 'assimilant  et  en le rangeant dans la catégorie des Jim Morrison  ,John Lennon  ou encore Bob Marley  on oublie que si  ces derniers peuvent représenter une certaine idée de la liberté contestataire ils ne sont  a ma connaissance responsable de la  mort de personne .

La terrible description d'un Guévara fumant son havane allongé sur sa paillasse comme un empereur romain et assistant hilare aux exécutions et privant ses prisonniers de procès me fait tout simplement frémir  et me remplit de dégoût .

Mais le 'Che ' au final  ne faisait que mettre en application sa terrifiante conception barbare de la justice ' "N'utilisez pas les méthodes bourgeoises légales. Les preuves sont secondaires, "car telle etait sa vision des choses , telle etait l'idéologie de celui qu'on surnommait 'le boucher de Cabana " et éxécuteur des basses oeuvres  pour un Castro manipulateur .

Abattu au lendemain de sa capture par l'armée bolivienne dans le canyon de Yuoro l'homme se serait écrié " 'ne tirez pas je suis Che Guevara je vaut bien davantage mort que vivant  " revers de la médaille pas de procès non plus pour lui , tué par un soldat ivre malgré les efforts des américains qui souhaitaient le garder en vie devinant  que sa mort transformerait le combattant en martyr universel  ce qu'il devint inévitablement .

Laissons  donc Jacobo Machover le soin de conclure par une toute petite phrase qui résume a elle seule le paradoxe Guevara  ' L'ange était un démon, et sa pulsion la destruction".

 

a voir  ICI l'interview de Jacobo Machover

http://www.dailymotion.com/video/x311zb_jacobo-machover_d...

 

 

 

 

 
 

30/03/2016

Fuck America ( Edgar Hilsenrath 1980)

0322754_1.jpgCe Livre n est pas politiquement correct

Ce livre ne ressemble a aucun autre

Ce livre est un chef d œuvre d' humour  décalé  qui passe  du  rire  aux larmes avec une  sincérité  et  un sens  du  caustique époustouflant

Ce livre est l 'autoportrait sans  concession de  l 'auteur  lui meme  baptisé  ici Jakob Brodsky juif allemand rescapé  du ghetto et  qui débarque dans les  rues  du  new  York des  années 50

Personnage  hors  du   commun  revenu  de  tout Brodsky  est semi clochard , fainéant , obsédé  , alcoolo , crasseux  mais   débrouillard  comme  personne

Malgré cette existence minable, il nourrit un grand projet qui lui permet de ne pas devenir fou : un roman sur le ghetto pendant la guerre, un roman qu’un Juif excentrique lui suggère d’intituler " Le Branleur "

Quelque  part  entre   le  Harry Black  de  Hubert Selby Jr ( Last exit to Brooklyn) l'Ignatius  de John kennedy Toole  (la  conjuration des imbéciles) et l'Arthuro Bandini  de John Fante le personnage  hallucinant  et  halluciné  de  Brodsky  règle a la  fois  ses  comptes  avec son douloureux  passé  et  aussi  avec  une   Amérique  bien  pensante et qui avait  refusé d 'accueillir ses parents en 1938

Un Livre   a  la fois féroce  et  outrancier mais qui  sait devenir  bouleversant , un auto portrait cynique qui ne  respecte  ni  règles  ni  codes de  conduite

un "Fucking  Book"  a  lire  de  toute  urgence

 

 

 extraits  choisis

"J'ai compris qu'il ne suffit pas de survivre. Survivre n'est pas assez. J'ai aussi compris que la naissance de chaque être est en même temps sa condamnation à mort, et je me demande quel sens cela peut avoir"

 

"je passe en traînant les pieds devant la file des hommes qui pissent. Je fais gaffe de ne pas glisser sur le sol crasseux. Manquerait plus que je me brise la nuque ici , moi, Jakob Bronsky, qui ai survécu à la guerre"

 

"Ce matin-là, je n’arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j’ai pris une douche froide illico. Ça n’a servi à rien. J’ai pensé à Auschwitz. En vain"

 

"Je ne sais pas pourquoi, les jobs, ça ne marchait pas. Soit on me virait au bout de quelques heures, soit je gagnais si peu que le lendemain je n'y retournais même plus."

 

"vous écrivez un livre?"
"J'écris un livre."
"Sur la vie dans le ghetto?"
"Sur la vie dans le ghetto."
"Sur l'hécatombe?"
"Sur l'hécatombe."
"Sur le désespoir?"
"Sur le désespoir."
"Ecrivez-vous aussi sur l'espoir?"
"J'écris aussi sur l'espoir."
"Rien d'autre?"
"Rien d'autre... sauf la solitude que chacun de nous porte en lui. Moi compris."

 

 

06:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

18/12/2015

Jerome David Salinger (1919-2010) ou la retraite volontaire

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« Si vous avez réellement envie d’entendre cette histoire la première chose que vous voudrez savoir c’est ou je suis né, ce que fut mon enfance pourrie, ce que faisaient mes parents avant de m’avoir. Enfin toute cette salade à la David Copperfield mais à vous parler franchement je ne me sens guère disposé a entrer dans tout ça.
En premier lieu ce genre de truc m’ennuie et puis mes parents piqueraient une crise de nerfs si je racontais quelque chose de gentiment personnel à leur sujet. Ils sont très susceptibles la dessus surtout mon père. Ils sont gentils et tout, je ne dis pas, mais ils sont bougrement susceptibles, d’ailleurs je ne vais pas vous faire ma saleté d’autobiographie ni rien. Je vais juste vous parler de ce truc idiot qui m’est arrivé au dernier noël. Juste avant que je tombe malade et qu’on m’envoie ici pour me retaper ».

Ainsi commence l’un des plus grands livres de la littérature moderne , chef d’œuvre incontournable et inoubliable ; lu et relu par des générations d’adolescents qui vont faire de ce livre unique un livre culte, peut être le plus authentique des romans d’apprentissage de la vie et qui va dresser pour des milliers de lecteurs un pont entre le monde de l’enfance et l’âge adulte

The Catcher in the rye est le titre américain de ce livre mais il sera traduit en français l’attrape cœur par référence à l’accroche cœur de Boris Vian publié quelques années auparavant.

L’attrape cœur, avec humour tendresse et ironie nous raconte les trois journées de déambulation à travers New York, d’un adolescent américain Holden Caufield, qui renvoyé dès son école hésite à rentrer chez lui. Ses rencontres, ses joies , ses peines son errance à la recherche de soi même et des autres vont faire de Holden Caufield non seulement, l’un des plus marquants personnages de la littérature du XXè siècle mais également un symbole de liberté et de la fin des rêves qu’entraîne le passage de l’adolescence à l'âge adulte.

L’attrape cœur a donc été publié en 1951 et l’homme qui l’a écrit est devenu l’un des plus mystérieux écrivains de ce siècle, son nom devenant au fil des ans synonyme à la fois de paranoïa, de génie, de folie ou de sagesse il s’appelle Jérôme David Salinger.

Né en 1919 à new York, de père juif et de mère catholique Salinger a 32 ans lorsqu’il écrit l’attrape cœur qui va devenir le chef d’œuvre de sa vie en 1951 ; le romancier qui n’écrira que 4 livres durant toute sa vie va dès 1965 se retirer du monde pour vivre reclus dans un monastère du New Hampshire refusant toutes interviews et toutes photographies devenant année après année un véritable mythe vivant.

Dès 1948 Salinger devient la coqueluche du journal the New -Yorker à la suite de la publication pour le quotidien d’une nouvelle appelée « un jour rêvé pour le poisson banane »

Mais ces nouvelles où apparaissent déjà la verve unique de l’auteur ne seront publiées pour le grand public seulement en 1953, deux ans après le raz de marée médiatique et populaire de l’attrape cœur .

Outre ce recueil de nouvelles où l’on retrouvera ‘Un jour rêvé pour le poisson banane les autres livres publiés par Salinger seront franny & Zooey(1961) et dressez haut la poutre maîtresse , charpentiers (1963)

Depuis 40 ans passés et jusqu'à sa mort en 2010 Jérôme David Salinger n’aura quasiment  plus donné signe de vie ; sa fille Margaret Ann Salinger, qu’il a eue de son second mariage avec Claire Douglas, publie en 2000 L’Attrape-Rêves une autobiographie à propos de son père.

Dans ce livre controversé, Mlle Salinger prétend que son père buvait sa propre urine et avait des rapports sexuels avec sa mère qu’il gardait prisonnière en refusant qu’elle voit ses amis ou ses connaissances.

L’auteur curieusement ne fit rien pour arrêter la publication du livre, mais n’adressat plus la parole à sa fille depuis cette parution

Accusé tour à tour d’appartenir à l’église scientologie puis d’être sous l’emprise d’un gourou indien, Salinger n’a pourtant fait qu’appliquer une certaine philosophie de vie lui qui écrivait dès 1952 « ma conviction, assez subversive,c’est qu’un écrivain doit suivre son inclination afin de rester rester dans l’ombre et l’anonymat

En 2002, plus de 80 lettres d’écrivains, critiques et fans adressées à Salinger furent publiées dans le livre Letters to J. D. Salinger, édité par Chris Kubica.

Pour diverses raisons Salinger reste un personnage totalement à part dans l’histoire de la littérature américaine ,ami du grand Hemingway, témoin de l’invasion nazi en Pologne, il était sur le front du débarquement en Normandie et on le retrouve à Paris le jour de la liberation

S’enfonçant de plus en plus dans une retraite volontaire, il interdit la publication de 22 nouvelles et tandis qu’il disparaît de la vie sociale ‘the catcher in the rye’ -dont on peut dire raisonnablement qu’il s’agit là de son seul et véritable roman se vend a des milliers  d'exemplaires

Livre essentiel de la littérature contemporaine, livre culte ,le succès de l’attrape cœur dure depuis sa parution en 1951 et année après année ce roman qui se détache de par son ton unique d’un académisme littéraire propre à l’après -guerre va s ’imposer comme un livre de référence et comme une œuvre incontournable .

C’est aussi pour d’obscures raisons que la lecture de ce livre poussera ,dit-on, Mark Chapman à assassiner John Lennon un soir de Décembre 1980.

Chapman qui après avoir abattu l 'ex Beatles  attendra  sagement la police  en lisant l 'attrape cœur pour la énième fois

 

 

15/12/2015

Le Danemark a t 'il sauvé Céline

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Parmi les personnages officiels du gouvernement de Vichy ;les militants ;les journalistes de radio Paris et les membres de la Milice qui composaient la colonie française réfugiée à Sigmaringen au Danemark se trouvait l’un des plus grands écrivains de l’histoire : Louis -Ferdinand Céline.

Le dimanche 16 décembre 1945 le quotidien danois "Politiken" titrait "un nazi se cache à Copenhague".

Dès le lendemain l’écrivain était écroué sur ordre du chef de la légation de France au Danemark.

Depuis septembre 1944 le C.N.E (comité national des écrivains) dirigé par les principaux écrivains de la résistance (Camus,Sartre,Mauriac,Malraux ) avait publié une liste noire des écrivains discrédités.

En tête de cette liste figurait Céline en compagnie d’Henry de Montherland.

En janvier 45 les œuvres des auteurs discrédités furent retirées des rayons des libraires et renvoyées aux éditeurs.

Celui qui avait pris la fuite en mars 45 alors que la défaite allemande ne faisait plus aucun doute échappa donc à l’épuration officielle qui frappa notamment Brasillach et Suarez tous deux condamnés à mort et fusillés.

Les deux "chefs-d’œuvre" incontestables de la littérature que sont Mort à Crédit et Voyage au bout de la nuit ne peuvent hélas, pas faire oublier les pamphlets violents (bagatelle pour un massacre , les beaux draps ou encore l’école des cadavres) dans lesquels Celine dénonce tour à tour le communisme, le nationalisme , la démocratie et surtout les juifs et si Drieu de La Rochelle autre grand auteur discrédité avait préféré le suicide en Mars 45 Celine lui choisit l’exil.

L’extradition de l’écrivain fut retardée car le ministre danois des affaires étrangères du Danemark désirait obtenir des précisions sur les charges retenues contre Céline et l’affaire resta en suspens jusqu’au début de l’année 1947.

En février 47, l’écrivain affaibli, malade fut transporté à l’hôpital national de Copenhague où il resta quatre mois avant d’être libéré sur parole.

Le docteur Destouches (véritable nom de Céline ) convaincu d’être assassiné -s’il revenait sur sa terre natale- resta au Danemark jusqu’à l’été 1951. Par ailleurs les tribunaux français l’avait condamné par contumace à un an de prison ferme, 50.000 francs d’amende, à la confiscation de ses biens et la dégradation nationale.

Après la dissolution de la cour de justice en février 51 les tribunaux militaires jugèrent en appel les arrêts rendus en 49 en prenant en considération le statut d’ancien combattant de la grande guerre (au cours d’une périlleuse mission ou il s’était porté volontaire le docteur Destouches fut grièvement blessé et reçut la médaille militaire)

Céline rentra donc en France amnistié et finalement s’installa à Meudon où il reprit ses activités littéraires jusqu’à sa mort en 1961.

21/11/2015

Les anges n 'ont rien dans les poches (Dan Fante 1996)

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 Dans  sa  préface Dan Fante écrit : Voici donc mon premier roman. de tous les livres que j'ai écrit, il reste mon préféré. Pendant que je le tapais à la machine d'une main, j'avais l'impression de tenir un flingue dans l'autre.

car  oui  de toute  évidence  C'est vraiment le ressenti que l'on a tout le long de « rien dans les poches », ce sentiment d'urgence, de besoin d'écrire, de cette rage. On ressent l'auteur à la limite du pétage de plombs intégral

et quel incroyable  premier  roman  qui a l image  du premier  roman de son pere ("la route de  Los  Angeles " ) fait l 'effet d'un électrochoc

Dan né en 1944 est donc le fils  de John  écrivain qui bien  que découvert  tardivement  a la fin des  années 80  (après  sa mort en 1983)  est désormais considéré  comme un  écrivain culte e t majeur  de l 'Amérique  des sans grades , des  oublis , des exilés .Ce n 'est évidemment pas  un  héritage facile  et ce  fils déjanté ,perturbé parfois  incontrôlable va grandir dans le chaos et l'ombre  d'un géant  de la littérature en devenir

un fils  qui venu  tardivement a l 'écriture  (il nous offre cette merveille a 52 ans)  après  une  vie  dissolue pour  ne pas  dire totalement instable ou de petits boulots d'appoints ( chauffeur, vendeur, détective privé , laveur de  carreaux , veilleur de nuit)  en périodes  de graves dépressions suicidaires  sur fond  d'alcool et  de  drogues  traine son mal être  et  ses dérives avant de les coucher  sur papier pour exorciser sa souffrance  et  nous offrir  ce livre totalement autobiographique  et  profondément bouleversant d'intensité

il réussira a se faire publier  grâce a une maison d 'Edition française    notamment  grâce au soutien de la chanteuse  April March 

un premier  roman inoui    ou les  références  outre inévitables avec  John fante  sont a chercher  du cote   d'Hubert Selby Jr  ou  de William S Burroughs

un roman délicieusement  outré  et  rock 'n roll ou l 'auteur  se met  courageusement a nu  sans  concession   avec  une authenticité   bouleversante

 

a noter   que le livre  sera  réédité  en 1998 puis en 2011 sous un titre  plus court  'rien dans les poches  '

 

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06/10/2013

Le Coeur regulier (Olivier Adam 2010)


 

 Romain et Anaïs étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions, s’enfermant dans leurs chambres dès que je rentrais du travail, je les regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma maison et n’attendaient plus de moi que des repas chaud, du linge propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et secrète, un sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un désert.

 

Au delà du mal être, de la douleur du deuil des difficultés  a  être pleinement  heureux  a se sentir  vivant Olivier Adam  et sa plume toujours juste entre  tendresse et cruauté  livre avec 'le cœur régulier'  un livre magnifique , épuré a l'image du Japon pays dont l'auteur a fait la toile de fond de son livre.

C 'est aussi et surtout un livre ou l' on aborde  un thème tabou 'le suicide' Olivier Adam en parle ici avec douceur et pudeur au travers d'un fascinant personnage Natsume Dombori  le vieillard sage qui sauve et soigne avec ses mots les désespérés venus se jeter des falaises

On sait la place du suicide dans la culture nipponne  et c'est au travers de cette perception , de cette fascination que l'auteur tisse  son roman et construit ses personnages profitant pour dresser un portrait sans concession et acide de notre époque et de notre vision occidentale du monde moderne

un grand  livre  tout en émotion et en retenue

 

 

 

 

 lire la chronique  Mihara- Yama le volcan aux suicides sur jimboland

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2006/07/21/mihara...

 

 

 

16:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/08/2013

La poursuite du bonheur (Michel Houellebecq 1991)

 

 

'la poursuite du bonheur 'est un receuil de poèmes de Michel Houellebecq publié aux editions de 'la difference 'en 1991 , quatre ans avant la premiere meche  mediatique que fut    'extension du domaine de la lutte ' et neuf ans avant la  bombe 'Les particules elementaires

 

Ce receuil de poesie desenchantee reste l 'un des plus beaux temoignages de la sensibilite a fleur de peau de l ecrivain francais devenu depuis incontournable et recompense  en  2011 par le Goncourt pour 'la carte et le territoire '

 

La Poursuite du bonheur fut  egalement recompense par le prix Tristan Tzara en 1992


Dernier temps est un extrait de ce receuil magnifique  (réedité en poche en 2000 chez Librio )


DERNIER TEMPS

Il y aura des journées et des temps difficiles
Et des nuits de souffrance qui semblent insurmontables
Où l’on pleure bêtement les deux bras sur la table
Où la vie suspendue ne tient plus qu’à un fil;
Mon amour je te sens qui marche dans la ville.

Il y aura des lettres écrites et déchirées
Des occasions perdues des amis fatigués
Des voyages inutiles des déplacements vides
Des heures sans bouger sous un soleil torride,
Il y aura la peur qui me suit sans parler

Qui s’approche de moi, qui me regarde en face
Et son sourire est beau, son pas lent et tenace
Elle a le souvenir dans ses yeux de cristal,
Elle a mon avenir dans ses mains de metal
Elle descend sur le monde comme un halo de glace.

Il y aura la mort tu le sais mon amour
Il y aura le malheur et les tout derniers jours
On n’oublie jamais rien, les mots et les visages
Flottent joyeusement jusqu’au dernier rivage
Il y aura le regret, puis un sommeil très lourd.

Michel Houellebecq

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06/07/2013

Falaises (Olivier Adam 2005)

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Je sais le poids des morts. Et je sais le mauvais sort. Je sais la perte et le saccage, le goût du sang, les années perdues et celles qui coulent entre les doigts. Je connais la profondeur des sables, j'en ai éprouvé la résistance, la matière meuble, équivoque. Je sais que rien n'est fiable, que tout se défait, se fissure et se brise, que tout fane et que tout meurt. La vie abîme les vivants et personne, jamais, ne recolle les morceaux, ni ne les ramasse

Olivier Adam (2005)

 

 

je suis arrivé jusqu'a lui tout d'abord par les adaptations cinéma ' des vents contraires ' ' je vais bien ne t'en fais pas '   et par son travail de scénariste sur  'Welcome ' de Philippe Lioret  en 2009

coté bouquins c'est par 'les lisieres' son dernier  roman que je découvrais l 'auteur et que je tombais sous le charme de son écriture désenchantée  et  caustique  qui me rapellait par moments le choc dans les années 90 de la découverte littéraire de  Philippe Djian

Falaises est son cinquième livre , écrit en 2005 ce roman court mais d'une rare intensité  m'a bouleversé par  son épure par l 'approche analytique des personnages , une approche âpre , é corchée vive et  sans concession , Olivier Adam y emploie  une justesse de ton et une grande aisance ,il parvient sans forcer le ton a  saisir et a cristalliser les angoisses et les peurs des personnages de son livre

Entre des vivants plus mort que vivant  et des morts  plus vivant que mort Olivier Adam  déroule le film d'une vie ( sa vie ?) avec le souvenir hanté d'une mère suicidée et du rendez vous manqué avec un père insaisissable.

 

Bouleversant !

 

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29/06/2013

La Chute (Albert Camus 1956)

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 "Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve.De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui d'abat sur l'eau.Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement.

Le silence qui suivit , dans la nuit soudain figée me parut interminable,je voulus courir , je ne bougeai pas je  tremblai je crois de froid , de saisissement .Je me disais qu'il fallait faire vite et je sentais une faiblesse irrésistible envahir mon corps. J 'ai oublié ce que j 'ai pensé alors " trop tard , trop loin " ou quelque chose de ce genre. j 'écoutais toujours immobile,puis , petit a petit sous la pluie ,je m 'eloignai.Je ne prévins personne " (Albert Camus -La chute )

 

 

 

Ce livre d'Albert Camus aura bientôt  60 ans et il reste d 'une  modernité glacante et terrifiante

 Ecrit en 1956 ,un an avant le Nobel et quatre avant sa  tragique disparition 'la chute ' restera le dernier roman de Camus ( "le premier homme"   sera  trouvé dans sa voiture accidenté et  inachevé)

Livre inclassable divisé en 6 chapitres seulement ,la chute est a la fois monologue , livre de confessions  et livre  d 'accusation , c'est une oeuvre a la fois simple et complexe a tendance nettement nihiliste et  sur laquelle des générations d 'etudiants et de passionnés ont dissertée avec passion

le livre pourtant assez  court aborde pourtant de nombreux points  et dans le monologue  et les confessions de son narrateur l'avocat jean Baptiste Clemence  (qui se définit lui même comme mi juge mi pénitent ) on distingue nettement les interrogations multiples de Camus sur lui même tant a la fois  sur le monde , le doute, la gloire , le rapport au mal , la culpabilité , le courage , l'amour ,la fraternité ,la justice) des points dont Camus se sera nourri tant dans sa vie personnelle que dans son oeuvre

La confession de Jean Baptiste Clemence n 'est ici rien d'autre qu'un miroir tendu au monde pour que chacun de nous  puisse y voir ses propres  faiblesses , ses propres interrogations, ses propres doutes

le titre peut d'ailleurs évoquer a la fois la chute a proprement parler de la jeune fille depuis le pont mais également  celle,  psychologique et sociale du narrateur ou encore celle de l' hommes pêcheur chassé du paradis

C 'est  un livre fondamental et indispensable

 

 

 

 

 

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19/10/2012

Femmes de dictateur (Diane Ducruet 2011)

 

Femmes de dictateur par Ducret

 

 

 

Cela peut surprendre , cela peut révolter mais Adolph Hitler recut durant sa vie plus de lettres d'amour que les Beatles et les Rolling Stones réunis .

Cette constatation stupéfiante en dit long sur les mystères de l'etre humain et nous remet quelque peu les pieds sur terre

Car si il ne fait aucun doute que le pouvoir fascine  on ne peut imaginer la ferveur amoureuse féminine dans l'entourage des célèbres dictateurs presentés dans le livre de Diane Ducruet.

Qu 'elles  soient épouses ou concubines, qu' elles  soient issues de la bourgeoisie ou du ruisseau toutes ces femmes  , toutes ces ombres tantôt trahies, sacrifiées ou manipulées,  tantôt aimées, abandonnées ou assassinées sont chacune a  leur façon  des personnages essentiels de l'histoire de l"humanité 

De Angelica a inessa ou Jiang Qing, de Clara a Elena , de Eva  a  Madga ou Catherine tout ces portraits de femmes toutes différentes mais toutes habitées par une même flamme et une même ferveur sont étonnants et édifiants

Chaque chapitre nous apporte son lot de surprises et de révélations  et derrière ces femmes de l'ombre se dessine a chaque  fois  le destin de leur maris  ou de  leur compagnon si tristement célébre. 

Tantôt folles, tantôt intéréssées, toujours redoutablement intelligentes elles sont manipulatrices, despotes, menteuses, déséspérées , calculatrices, jalouses, libertines  ou encore  suicidaires et  a la lecture de ce livre remarquable il apparaît évident que le destin  de notre monde moderne ne serait sans doute pas tout a fait le même sans la part que  chacune d'entre elle a apportée a l'histoire.

 

10/06/2012

Au dela du mal (Shane Stevens 2009 )

 

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 MONUMENTAL  

 

C'est  , en effet le mot parfait qui convient pour définir ce livre époustouflant écrit en 1979 par Shane Stevens   (très certainement un pseudonyme) un auteur inconnu qui disparaîtra  dans l'anonymat le plus total au début des années 80 apres avoir écrit 5 romans 

Livre fondateur autour du thème ( surexploité depuis) du sérial-killer Au dela du mal s'impose comme l'un des fleurons du genre  et rivalise avec les chefs d'oeuvres que sont 'le silence des agneaux' (Thomas Harris) 'de sang froid ' (Truman Capote)'  le dalhia noir ' (James Ellroy ) 'Un tueur sur le route ' (Ellroy encore) 'Psycho' (Robert Bloch )  ou ''seul le silence ' (R.J.Ellory )

Très étonné de ne pas encore avoir vu ce livre adapté au cinéma je le recommande vivement  surtout a tous ceux qui aiment les thrillers envoûtants (du genre de ceux qui vous empêche de dormir ),

 le héros du roman Thomas Bishop s'imposant véritablement  comme l'un des tueurs les plus fascinants ,les plus intelligents , les plus méthodiques de la littérature moderne

C 'est un livre monumental car il dépasse largement  son cadre a savoir celui du 'Polar ' pour s'aventurer courageusement vers des sujets dont l' actualité quotidienne prouve qu'ils  sont intemporels ( pouvoir des médias,  corruption politique , relations croisées entre pouvoir et mafia ; manipulation de l'information) ,Au delà du mal ' pose implacablement des vraies questions de société , le thème de la peine de mort, reste omniprésent au travers du père spirituel du meurtrier a savoir Caryl Chessman dont le tueur est convaincu d'etre le fils 

Mêlant donc avec maestria  faits réels et fiction,  Shane Stevens livre ici l'un des livres les plus passionnants et les plus aboutis qu'il m'ait été donné de lire ces dernières années

soyez  en certain  a l'image d' Hannibal Lecter (le silence des agneaux) ,de Norman Bates (psycho)  ou  de Mickael Plunkett (un tueur sur le route) vous n'oublierez pas de sitôt Thomas Bishop  psychopate multi faces  , assassin a 10 ans  , serial killer fascinant et déjanté  dont la folie, la cruauté  et l'intelligence vous hanteront longtemps apres avoir fermé  les  dernières pages ce livre dense et fascinant

Pour Info  , le titre anglais By the reason of insanity se rapporte au fait qu’un procès peut-être annulé car l’accusé est déclaré irresponsable de ses actes à cause de problèmes de santé mentaux.  Peut-on juger quelqu’un qui ne comprend pas ce qu’il a fait de mal ?

a lire de toute urgence! 

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07/01/2012

A Propos d'Albert Camus (1913 -1960)

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Pourquoi ce post sur Albert Camus ? la raison en est  tout simple  .

Disparu le 4 Janvier 1960 l'ecrivan est célébré par Michel Onfray au travers d'un livre 'l'homme libertaire '(Flammarion)

J'ai depuis toujours été bercé  par Albert Camus , il demeure a ce jour ( avec Hemingway ) l'écrivain fétiche de mon père et dans ma famille il a toujours été la , présent au fil des ans comme une figure intellectuelle ,philosophique et culturelle.

Les raçines de l'ecrivain  identiques a celles de ma famille ,l'algérie  et surtout la ville d'Alger , ont forcément renforcées l'attachement portée a Camus  par mon père , Camus anti - héros absolu et visionnaire d'une tragédie algérienne inévitable .

Camus l'homme révolté mais mesuré , Camus autodidacte qui a toujours repété qu'il devait tout a son maître d'école , Camus enfant miséreux et souffreteux dont la mère illettrée n'aura jamais eu véritable conscience que son fils était un génie de la littérature contemporaine.

Banalement , ma découverte de Camus se fît avec" l étranger" un des premiers romans que je lisais peu après l'adolescence et qui faisait déjà figure de "livre culte "bien avant que ce terme n'empoisonne tout les domaines et ne devienne totalement galvaudé

En devenant Adulte , je lisais bien évidemment les autres livres incontournables de l'auteur ("la peste" , " les noces"," l'été ") et j'avoue que je n'avais pas le courage de m'attaquer a l'oeuvre théatrale de l'homme.

Les années passants   Albert Camus restait présent  dans mon univers  en partie grâce au culte rendu par mon père qui m'incita a lire notamment 'le premier homme' formidable livre  inachevé (le manuscrit fut trouvé dans la facel vega ou Camus trouva la mort ).

Ce livre fût pour moi un déclic , Non ! définitivement Non ! Camus n'etait pas un romancier poussiéreux son génie , son talent , son modernisme éblouissait chaque page de ce chef d'oeuvre posthume

Autour de moi  depuis des années je voyais célébrer tour a tour  des écrivains divers , de Sartre a Celine , De Maupassant  a Proust  mais il me semblait  toujours que les grands 'penseurs ' de notre culture  restaient timides sur l'idée que Camus fut un  génie et un  grand philosophe ( Camus , lui-même de son vivant parlait d'une forme de 'pègre parisienne')

Camus restait cependant l'écrivain préféré des français , le public devinant  derrière l'ecrivain les qualités humaines de l'homme , son honneteté dans l'engagement , son refus des injustices , de l'exploitation  , sa méfiance du pouvoir et des politiques ( ne disait -il pas ' ceux qui ont une grandeur ne font pas de politique ") 

On connait évidemment le passif 'lourd' entre Sartre et Camus ,les discordances , les différences fondamentales, les prises de positions politiques opposées on sait aussi combien on lui aura fait payer cher la 'fameuse ' phrase  prononcée a Stockholm après le prix Nobel de littérature en 1957  ce soir la  l'écrivain répondant a un journaliste sur les évenements en Algérie  affirmait 'je crois a la justice mais je défendrai ma mère avant  la  Justice " Tollé général on en parle encore plus de cinquante ans après En finira t'on un jour ?

Cependant méme si Jean Daniel , ami intime et compagnon de route de Camus aura au travers de son livre " Avec Camus , comment resiter a l'air du temps ?(2006) " reussit a rectifier quelque  peu le tir et a remettre les choses a leur véritable place ,le  livre de Michel Onfray permet désormais d'apporter une clarification définitive et n'en déplaise aux sartriens , aux  nostalgiques d'un existentialisme plus que démodé Camus s'impose désormais Comme le plus grand écrivain français du Vingtième siècle  et pour reprendre une formule signée jacques Julliard (qui présente le livre dans la revue Marianne de janvier 2012)" que Voila un heureux changement pour la littérature française ! "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05/11/2011

Lady Sings the Blues (Billie Holiday 1956)

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C 'est un drôle de roman qui ne peut laisser indifférent  ,  écrit en  1956  par Billie Holiday (épaulée par William Dufty) il est publié trois années seulement avant la disparition de la chanteuse

Il nous raconte avec une totale franchise et sans détours ni artifices le parcours unique de  Eleonara Fagan , née a Baltimore en avril 1915 , enfant  puis jeune femme au destin tragique  que le blues et le jazz vont sauver lui permettant de donner naissance a un double  ' Billie Holiday

Nous suivons pas a pas dans cette biographie sans concession  celle que le monde de la musique va bientôt baptiser  "Lady day "   .

Entre  gloire et dechéance,  entre misère et splendeur  , des cellules de prison  au champagne et manteaux de vison, des portes refermées pour une couleur de peau 'non conforme' aux tapis rouges déroulés dans les plus grandes salles de spectacles  entre alcools  forts  ,médicaments et drogues dures nous suivons le lent et inexorable déclin d'un ange qui se brûle les ailes mais  qui  va pour entrer dans la légende et briller pour l' éternité