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23/01/2006

Flaubert , comme une evidence

 

 

 

 

 

 

 

 

En  relisant Madame Bovary chef d'oeuvre immortel de la littérature le génie de Gustave Flaubert m'a encore sauté aux yeux et je me suis rendu compte que la grace absolue de cet écrivain (peut -etre le plus grand de tous) réside dans le fait que chaque mot , chaque ponctuation est  parfaitement a sa place avec pourtant une économie dans leur utilisation et il  se dégage une impression  de force concentrée et d'harmonie  totale   a la lecture  de cet écrivain génial dont le talent  foudroie le lecteur .

 j'ai choisi pour illustrer ce sentiment , un extrait  tiré de la première partie de madame Bovary ,   roman sublime et intemporel

Naturellement , par nonchalance il en vient a se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites.

Une fois il manqua la visite , le lendemain son cours et  , savourant la paresse  , peu a peu , n'y retourna plus.

Il prit l'habitude du cabaret , avec la passion des dominos.

S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs  lui semblait un acte précieux de sa liberté , qui le réhaussait d'estime vis à vis de lui-même .

C'était  comme l'initiation du monde ,l'accès des plaisirs défendus et , en entrant  il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle.

Alors beaucoup de choses comprimées en lui  , se dilatèrent  ; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues , s'enthousiasmer pour Béranger , sut faire du punch et connut  enfin l'amour.

 

Gustave  Flaubert  (Madame Bovary -extrait)

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18/12/2005

Mr Vertigo -(Paul Auster 1994)

 

j'avais douze ans la première fois que j'ai marché sur l'eau , c'est 'homme aux habits noirs  qui m'avait appris a le faire et je ne prétendai pas avoir pigé le truc du jour au lendemain;

Quand Maître Yéhudin m'avait découvert ,petit orphelin mendiant dans les rues de st-Louis ,je n'avais que neuf ans  et avant de me laisser m'exhiber en public il avait travaillé avec moi sans relâche pendant trois ans.

C'était en 1927 l'année de Babe Ruth et de Charles  Lindbergh ,l'année même ou la nuit  a commençée a envahir le monde pour toujours ,j'ai continué  jusqu'a la veille de la grande crise et ce que j'ai accompli est plus grand que tout ce dont auraient pu rêver ces deux cracks.

J'ai fait ce qu'aucun américain n'avait fait avant moi , ce que personne n'a fait depuis.

Mr Vertigo -Paul Auster (extrait)

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16/12/2005

L'insoutenable légéreté de l'être (Milan Kundera -1984)

 

L'idée qu'il ne pouvait absolument rien faire le plongeait dans un état de stupeur mais en même temps le tranquillisait .Personne ne l'obligeait a prendre une décision ;il n'avait pas besoin de contempler le mur  de l'immeuble d'en face et de se demander s'il voulait ou ne voulait pas vivre avec elle , Tereza avait  elle même décidé de tout.

Il alla déjeuner au restaurant ,il se sentit triste mais ,  pendant le repas son désespoir initial parût se lasser comme s'il avait perdu de sa vigueur  et qu'il n'en restât que la mélancolie. Il jetait un regard en arrière  sur les années passées avec elle et se disait que leur histoire  ne pouvait pas mieux se terminer  ,l'eût -on inventée ,on n'aurait pu la conclure autrement .

Un jour Tereza était venue chez lui sans prévenir  puis un jour elle était repartie de la même manière ,elle était arrivée avec une lourde valise  ,avec une lourde valise elle était repartie .

il paya , sortit du restaurant  et alla faire un tour dans les rues plein d'une mélancolie de plus en plus délicieuse ;il avait derrière lui sept ans de vie avec Tereza et voilà qu'il constatait que ces années étaient plus belles dans le souvenir qu'a l'instant ou il les avaient vécues

L'amour entre lui et Tereza était certainement beau mais aussi fatiguant ; il fallait toujours trouver , cacher quelque chose  , dissimuler ,feindre ,réparer ;lui remonter le moral ;la consoler ;lui prouver continuellement qu'il l'aimait  subir les reproches de sa jalousie , de sa souffrance et de ses rêves , se sentir capable , se justifier , s'excuser  ,maintenant cette fatigue avait disparue et il ne restait que la beauté.

La soirée du samedi commencait  et  pour la première fois il se promenait seul  et aspirait le parfum de sa liberté ,l'aventure guettait a chaque coin de rue et l'avenir redevenait un mystère.

Il revenait a la vie de célibataire , cette vie a laquelle il était certain autrefois d'être destiné car c'était la seule ou il pouvait être  tel qu'il était vraiment . Il avait vécu enchaîné a Tereza pendant sept ans et elle avait suivi du regard chacun de ses pas , a présent ses pas étaient soudain devenus plus légers ,il planait presque , il se trouvait dans l'espace magique de Parménide , il savourait la douce  légéreté de l'être mais dès qu'il se retrouverait avec une autre il savait d'avance que le souvenir de Tereza lui causerait une insoutenable douleur .

 

Milan Kundera -l'insoutenable légéreté de l'être (Extrait )

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10/12/2005

Les mouches : Jean-paul Sartre (1947)

 

 

 

 

 

Bzz Bzz Bzz Bzz !

nous nous poserons sur ton coeur pourri comme des mouches sur une tartine ,coeur pourri , coeur saigneux , coeur délectable, nous butinerons comme des abeilles le pus et la sanie de ton coeur , nous en ferons du miel tu verras! du bon miel vert .

Quel  amour  nous comblerait autant que la haine? Bzz Bzz Bzz Bzz ! nous serons les yeux fixes des maisons ;le grondement du molosse qui découvrira les dents sur ton passage ,le bourdonnement qui volera dans le ciel au desssus de ta tête,les bruits de la fôret ,les sifflements  ,les craquements ,les chuintements ,les hululements.

nous serons la nuit ;l'épaisse nuit de ton âme Bzz Bzz Bzz Bzz ! nous sommes les suçeuses de pus ,les mouches!

Nous partagerons tout avec toi , nous irons chercher  la nourriture dans ta bouche  et le rayon de lumière  au fond de tes yeux , nous  t'escorterons jusqu'a la tombe et nous ne céderont la place qu'aux vers.

jean -paul Sartre- les mouches (extrait )

16:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

09/12/2005

Le pélerin de Compostelle -Paolo Coelho 1987)

Lorsque tu voyages tu fais une expérience très pratique de l'acte de renaissance .

Tu te trouves devant des situations complètement nouvelles ,le jour passe plus lentement et la plupart du temps tu ne comprends pas la langue que parlent les gens exactement comme un enfant qui vient de sortir du ventre de sa mère.

Dans ces conditions tu te mets a accorder beaucoup plus d'importance a ce qui t'entoure parce que ta survie en dépend ;tu deviens plus accessible aux gens car ils pourront t'aider dans des situations difficiles et tu reçois alors la moindre faveur des dieux comme une grande allégresse un peu comme s'il s'agissait d'un épisode dont on doit se souvenir toute sa vie  restante. En même temps comme tout est nouveau tu ne distingues plus dans les choses que la beauté et tu es alors plus heureux de vivre

Paolo Coehlo :le pèlerin de Compostelle (extrait)

16:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paolo coelho

La plus petite tempête de neige jamais recensée - extrait du receuil de nouvelles Tokyo-Montana express - Richard Brautigan 1980)

 

brautigan

 

il y a une heure de ça dans le jardin derrière chez moi s'est produite la plus petite tempête de neige jamais recensée ,  elle a due faire dans les deux flocons ,moi j'ai attendu qu'il en tombe d'autres mais ça n'a pas été plus loin , deux petits flocons voilà ce qu'a été ma tempête.

Ils sont tombés du ciel avec tout le poignant dérisoire d'un film de Laurel et Hardy qu'ils  leur ressemblaient bien  un peu un peu comme si nos deux compères s'étaient transformés en flocons de neige pour jouer a la plus petite tempête de neige jamais recensée dans l'histoire du monde.

Avec leur tartes a la crème sur la gueule mes deux flocons ont parus mettre un temps fou a tomber du ciel ;ils ont faits des efforts désespérément comiques pour tenter de garder leur dignité dans  un monde qui voulait la leur enlever parce que   lui ,ce monde il avait l'habitude de tempêtes beaucoup plus vastes ,genre soixante centimètres par terre et plus  et que; là  deux flocons il y a de quoi froncer le sourcil.

Et puis ils ont faits un joli atterrissage sur des restes de tempêtes précédentes  car cet hiver nous en avons déjà eu une douzaine ;après ça il y a  eu un moment d'attente et j'en ai profité pour lever les yeux au ciel histoire de voir si ça allait continuer puis j'ai compris que deux flocons coté tempête c'était aussi complet que Laurel et Hardy alors je suis sorti et j'ai essayé de les retrouver  et tout en les cherchant je m'inventais des manières de les installer dans le congélateur afin qu'ils se sentent  bien ,qu'on puisse leur donner toute l'attention ,toute l'admiration qu'ils mettaient tant de grâce a mériter.

Sauf que vous  , vous avez déjà essayer de retrouver deux flocons de neige dans  un  paysage d'hiver que la neige recouvre depuis des mois ?

Je me suis propulsé dans la direction de leur point de chute  et me voila a  chercher deux flocons de neige dans  un univers ou il y en avait des milliers sans parler de la crainte de leur marcher dessus.

j'ai mis assez de temps a comprendre tout ce que ma tentative avait de désespérée et de constater que la plus petite tempête de neige jamais recensée était perdue a jamais, qu'il n'y avait aucun moyen de la distinguer de tout le reste.

Il me plaît néanmoins de songer qu'unique en son genre le courage de cette tempête a deux flocons survit dieu sait comment dans  un monde ou semblable qualité n'est pas toujours appréciée alors je suis rentré a la maison laissant mes deux Laurel et Hardy se perdre  dans la neige

 

Richard Brautigan (la plus petite tempête de neige jamais  recensée  -

extrait du recueil de nouvelles Tokyo-Montana  express )

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05/11/2005

Cop (James.B.Harris 1987)

Les romans policiers de James Ellroy ont révolutionnés le genre et on aurait pu penser que tous ces admirables livres auraient pu servir de scénario en béton armé pour des adaptations cinématographiques or il n'en est rien puisque de tout les romans du génial (et un peu félé) écrivain américain seul a ce jour L.A Confidential a pu jouir d'une adaptation de tout premier ordre (réalisé par Curtis Hanson avec Russel Crowe , Kevin Spacey et Kim Basinger)

IL existe cependant un film réalisé en 1987 par James .B.Harris ancien co-producteur de Stanley Kubrick(dans la première partie de la carrière du célèbre réalisateur) qui malheureusement souhaita passer a la réalisation sans grande réussite.

Il choisit d'apapter en 1987 Lune sanglante le premier roman d'Ellroy consacré a la trilogie de Lloyd Hopkins  flic peu conventionnel toujours a la limite de la légalité que l'on retrouvera dans deux autres romans moins inspirés -la colline aux suicidés  et a cause de la nuit  

le film sera baptisé Cop et Harris choisit le talentueux et torturé James Woods pour incarner le sergent Hopkins ;le film bien que  correct  ne fait malheureusement que survoler l'énigme du tueur en série admirablement écrite par Ellroy dans son roman,de plus le sergent Hopkins du grand écran hormis le faît de posséder un mauvais caractère n'est qu'un agneau en comparaison du flic inventé par Ellroy ,personnage  déglingué qui carbure aux amphétamines et aux alcools forts , ne respectant  rien ni personne et travaillant selon ses propres codes

la fin d'ailleurs pourrait porter a une polémique sur la justice puisque dans Cop le flic déchu de ses responsabilités par ses supérieurs suite a ses débordements et ses prises de position se pose en justicier abattant froidement le criminel au lieu de l'arrêter .

Ce dernier étant un sadique pervers doublé d'un tueur en série redoudable il ne viendrait a personne de regretter le choix  du policier mais on notera que rares sont les fins de long-métrage proposant un issue de la sorte.

Cette fin est toute a l'image du personnage d'Ellroy lui-même ,écrivain génial et  très controversé et critiqué pour ses  prises de position nettement a droite

quant a Cop c'est un 'polar ' agréable a regarder et James Woods s'y révèle excellent  comme souvent ,le film cependant passera inaperçu et il reste plutôt méconnu

on attend avec impatience (projets souvent avortés)une adaptation des formidables livres -cultes de l'écrivain :le grand nulle part - clandestin -american tabloïd - et surtout le dahlia noir  chef 'd'oeuvre incontestable qui est certainement l'un des plus grands livres policiers de l'histoire de la littérature contemporaine

 

 

13:10 Publié dans cinéma, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2004

Préface d'un chef d'oeuvre

Pour mémoire et pour le plaisir des mots je poste cette sublime

préface


voyager c'est bien utile
ca fait travailler l'imagination
tout le reste n'est que deceptions et fatigues
notre voyage a nous est entierement imaginaire
voilà sa force
il va de la vie a la mort
hommes , betes ,villes et choses
tout est imaginé
c'est un roman ,rien qu'une histoire fictive
et puis ... tout le monde peut en faire autant
il suffit juste de fermer les yeux
c'est de l'autre coté de la vie

Louis-ferdinand Céline


preface du voyage au bout de la nuit

15:15 Publié dans Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)