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22/12/2016

Dans la peau de John Malkovitch( Spike Jonze 2000)

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 Dès les premières minutes de "Dans la peau de John Malkovitch" incroyable premier film signé Spike Jonze j’ai su que ce long-métrage prendrait une place particulière dans ma mémoire cinématographique .

Il faut  donner évidemment  quelques explications sur ce curieux titre

Le personnage principal Graig Swchartz (formidable John Cusack) est un marionnettiste, baba cool  rêveur plein de talent mais peu ancré dans la réalité quotidienne ; il vit avec la ravissante Lotte (Cameron Diaz)  et toute une ménagerie d’animaux  dont un chimpanzé qui semble être davantage leur propre enfant qu’un animal de compagnie.

Forcé d’occuper un poste dans une curieuse société New- Yorkaise (la hauteur des plafonds ne dépasse pas 1m50 et tout les employés travaillent courbés en deux toute la journée) il y rencontre l’énigmatique Maxine ( Catherine Keener ) dont il tombe amoureux en secret .

Sa vie va basculer lorsque par hasard il découvre une porte caché qui conduit tout droit ….a l’intérieur de la tête du comédien  John Malkovitch (épatant  ici dans son prôpre rôle)

Il assiste donc médusé aux faits et gestes de l’acteur  puis au bout d’un quart d’heure il est éjecté  et  se retrouve sur une bretelle d’autoroute à la sortie de la ville indemne mais évidemment bouleversé et transformé par cette découverte inouïe.

Spike Jonze grand réalisateur de vidéos clip (Beastie boys – Daft Punk ) reprend  ici un projet abandonné de Steven Spielberg sur un   scénario génial   signé Charles Kaufman et c’est en partie grâce a ce scénario inventif et drôle que le film  réussit a nous passionner

Le film tantôt  poétique ,tantôt absurde , souvent  inquiétant pose intelligement des interrogations sur la double personnalité de chacun (le coté féminin ou masculin enfoui au fond de nos subconscients)  , mais également sur l’identification a un (a une) autre  , sur l’immortalité ou encore  sur la manipulation ( le marionnettiste  prendra rapidement la direction  des faits  et gestes  et s’exprime même dans la peau de Malkovitch)

Une scène hallucinante se détache notamment, celle ou le célèbre comédien passe a son tour la fameuse porte pour pénétrer dans son propre univers ou tout n’est que Malkovitch .

Dans la peau de John Malkovitch est un film culte qu’il faut absolument avoir vu, il ravira les vrais cinéphiles en  évitant  adroitement les pièges du film ‘intello’  pour rester totalement accessible au grand public.

Du grand, du très grand art. pour l'un des meilleurs films de ces dernières années .

 

 

 

 

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18/12/2016

Rocco et ses freres (Luchino Visconti 1960)

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Film essentiel dans la filmographie de Luchino Visconti 'Rocco et ses frères ' est une œuvre magistrale dont la mise en scène et l 'interprétation  (bien que parfois théâtrale) force l'admiration.

Visconti nous entraine dans l'histoire  tragique et pourtant  flamboyante de la fratrie des cinq frères Parondi qui suite au décès du père  ont fui avec leur mère la misère de la Sicile pour gagner Milan et construire leur destin

Un destin qui sera bouleversé par la rencontre de Nadia prostituée interprétée ici par une Annie Girardot lumineuse et admirablement filmée (a qui Visconti offre sans doute l'un des 2 ou 3 plus grands rôles de  sa  carrière)

le film  de Visconti qui se veut parallèlement au drame familial une critique sociale de l'Italie de l'après guerre est divisé en cinq tableaux dédiés a chacun des  cinq frères.

Les thèmes du bien  et  mal , le poids des  racines et de l 'honneur et des valeurs familiales sans oublier  celui  de la  rédemption et du pardon  sont des thèmes  centraux , dans lesquels se  débattent  les personnalités opposées de Rocco (Delon) et de  Simone  (Salvatori)

Les deux comédiens sont ici merveilleusement mis en valeur par le noir et blanc et la qualité de metteur en scene du maitre italien

Rocco  silencieux et  fragile  impose une  droiture et une vision sacrifiée de la famille tandis que Simone , bavard , bagarreur et mauvaise  graine de la fratrie se révèle malgré  sa brutalité d'une sensibilité attachante.

Ce  destin aux allures de  tragédie grecque bercée par la musique du merveilleux Nino Rota reste sans doute l une des plus belles  réussites du cinéma italien.

 

 

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17/11/2016

La poursuite impitoyable (Arthur Penn 1966)

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 'La poursuite  impitoyable  '  réalisé  en 1966  par le  grand  Arthur Penn  (little big  man , le gaucher , Bonnie and Clyde)  est Un film magistral et flamboyant

Difficile  a classer , on est ici  a la fois devant un    western  , une critique  sociale ,  un drame cynique sur l 'Amérique  de Lyndon Johnson

la distribution est de premier ordre  (Robert Redford , Marlon Brando , Robert Duvall  , Jane Fonda ;Angie   Dickinson ) mais c'est  évidemment la prestation animale  de Marlon Brando qui focalise l'attention  , le rôle  attribué a Redford  étant de  toute  évidence  sous  exploité.

Dans ce  film  de haines et  de  passions , Arthur Penn  dresse un portrait  au vitriol  d'une Amérique  profonde , cruelle   et raciste dénonçant  au passage  les  dérives du pouvoir de l 'argent et de la corruption

La  scène  d'anthologie  du lynchage de Brando par les  citoyens  enragés et la scène finale  admirable  dans le  cimetière  de  voiture   constituent a elles  seules  des  raisons évidentes  de visionner  ce  grand  film malade dont la bande  son  signé John Barry est également  de  toute  beauté   

 

John Barry  - and you'v got one  ( The Chase  original soundtrack )


podcast

 

 

 

 

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13/11/2016

Huit femmes ( Francois Ozon 2002)

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Tout comme Erick Zonca ,autre réalisateur français de cette nouvelle génération talentueuse François Ozon nous avait livré des courts-métrages très prometteurs.
Son passage  est par conséquent  une totale réussite et il nous régale avec Ce truculent Huit femmes

On pourrait situer l'intrigue a mi chemin  entre Agatha Christie ,le Cluedo , les comédies policières kitsch des années 50 et le théatre de boulevard

le sujet reste pourtant d’une simplicité enfantine  a savoir l 'assassinat d'un homme dans une grande maison en pleine campagne ,isolé par une tempête de neige l’assassin ne peut qu’être l’une des huit femmes qui l’entoure car chacune d’elles possède une bonne raison de commettre ce crime .


Au-delà de la trame policière c’est la réaction en chaîne provoquée par ce drame qui va entraîner disputes, réglements de comptes, révélations, compromis , aveux et mensonges.


Interprété pour notre plus grand bonheur avec punch et énergie par huit comédiennes toutes formidables réunissant trois générations (mention spéciale a Isabelle Huppert et Virginie Ledoyen vraiment épatantes) le film est un bijou non seulement de suspense teinté d’humour noir mais également de tendresse.
Les couleurs sont magnifiques et les intermèdes musicaux (chacune des actrices chante une chanson du patrimoine musical francais au cours du film) apportent une touche vraiment particulière et jubilatoire .

Une grande réussite !

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10/11/2016

Le diable s'habille en Prada ( David Frankel 2006)

 

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Le Diable s'habille en Prada est une adaptation du roman éponyme écrit par Lauren Weisberger.

Véritable best-seller narré à la première personne, il a été traduit dans 27 langues et c'est david Frankel  un réalisateur peu connu qui  a la responsabilité de porter a l'écran ce grand  succès de l'édition.

Rappelant le phénomène Bridget Jones  autre best seller typiquement féminin adapté au cinéma  le film est un succès qui n'a rien de surprenant  alors qu'en est-il  de ce diable en talons aiguilles ?

 

le diable du film c'est bien entendu Meryl Streep hallucinante dans cette comédie douce amère qui nous entraîne dans le monde sans pitié de la mode,rien que pour elle (et aussi la jolie petite frimousse d'Anne Hathaway) le film mérite le détour .

Composant un personnage a mi - chemin  entre Bette Davis et Cruella  LA Streep qui  on le sait depuis longtemps  ,  est une comédienne exceptionnelle quelque soit le registre du film nous enchante et nous ravit a chaque apparition a l'écran

Elle interprète ici le rôle de Miranda Priestley  redactrice en chef de Rainway  le  plus grand magazine de mode  , Miranda fait et défait les modes et sur son avis des carrières décollent ou dégringolent

Pour  interpréter ce rôle particulièrement antipathique  d'une femme impitoyable  au pouvoir quasi illimité Meryl Streep   a choisi de faire dans l’économie, aussi, chaque geste (le jetté de manteau restant  sa  grande spécialité) , chaque regard ,chaque parole prononçée de cette voix monocorde (a voir evidemment en V.O) compose un élément de ce personnage haut en couleur a la fois détestable mais qui force le respect.

Malheureusement on n'évite pas les clichés  dans cette adaptation et si a juste titre New-York  y est dépeinte en ville survoltée et active  difficile en revanche de croire en ce Paris de carte postale filmé par Frankel (la balade romantique a Notre Dame  sans le moindre touriste  relève de la pure science-fiction) mais on a l'habitude de cette vision  de notre capitale par les cinéastes américains il en a toujours été ainsi .Le diable s'habille en Prada  est une chronique  intérieure du milieu de la mode avec ses coups fourrés , ses trahisons , ses futilités , ses jolies filles , ses lieux branchés et ses fêtes somptueuses  et le happy end inévitable de la jeune  assistante souffre-douleur  (Anne Hathaway) qui sacrifie  une prometteuse carrière pour retrouver des valeurs morales n'étonnera personne. Vous le devinerez ce sont les personnages féminins qui ont la part belle dans ce film que vous pourrez cependant apprécier même si vous ne connaissez pas 3 noms de grands couturiers mais il faut  signaler la belle prestation de Stanley Tucci  (l'affaire pélican)  dans le rôle de nigel, le créateur de mode homosexuel et homme de confiance de Miranda.

 

voir un diaporama musical du film

 

http://www.youtube.com/watch?v=YLuWmvy1kBU

 

 

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11/10/2016

Des Nouvelles du bon Dieu (Didier le Pecheur 1996)

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C'est un curieux petit film totalement inclassable et qu'on peut qualifier d''underground ' 

Des nouvelles du bon dieu ' (quel  beau titre!) est  réalisé  en 1996 par Didier Le Pécheur  ( qui adapte son propre roman)

Entre humour noir étaphysique  et "déjante caustique le film aussi attachant que curieux aborde un sujet que l'on peut résumer  ainsi

 la vie est-elle un roman ? Ou plutôt le contraire  ?

qui tire les ficelles ? Les écrivains ?  Le scénariste du film ? Dieu lui même?

Autour de ce scénario irracontable  et bourré  de scènes  droles  et subtiles les comédiens s'en donnent tous  a cœur joie

Répondant a  des patronymes littéraires  Karenine , Jivago , Nord , Evangile ils sont les anti-héros de cette histoire follement  originale et surréaliste.

Ne boudons pas notre plaisir  de  revoir la sublime Marie Trintignant   (évangile) tornade   hallucinée accompagnée ici le temps de  ce vagabondage cinématographique par Maria de Medeiros (Karénine) qui semble sortie d'un film muet  des années 20 de Christian Charmetant (Nord) délicieusement  cinglé et de Michel Vuillermoz (Jivago)  irrésistible et  hilarant  en prêtre  défroqué

Autre (grand) disparu  que l'on retrouve avec tendresse  Jean Yanne  dans le rôle  du créateur 

Raconter  ce  film  relève de l 'exploit impossible et je ne m'y risquerai pas

Je me contenterai de  dire  qu'il  sera pour ceux qui aiment le cinéma  qui ose  sortir des sentiers  battus , le cinéma original non prétentieux , le cinéma intelligent  sans  chercher a  etre intellectuel ; a tous ceux la je leur conseille de  se  precipiter  en sceance  de rattrapage  sur cette perle 'meconnue du  cinéma français des  années  90.

un film surprenant ,osé et jubilatoire!

 

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08/10/2016

La triste fin tragique et mystérieuse de Jean Seberg

jean seberg,romain gary

 

 Le 8 septembre 1979 on retrouve a l’arrière d’une Renault  5 blanche sous un plaid, le corps sans vie de la comédienne jean Seberg, disparue depuis plusieurs jours de son domicile parisien , l’actrice qui semblait dépressive et malade s’est semble t’il suicidée aux barbituriques et a l’alcool (plus de 8 gr dans son sang  révéleront les analyses) ,cependant de nombreux doutes autour de ce suicide  peuvent permettre de penser que toute la lumière n’a pas été faite sur cette tragédie .

 Découverte par le metteur en scène Otto Preminger qui cherchait une inconnue pour le rôle principal de Jeanne d’arc, ( le film sera un échec) , c’est avec le mythique A bout de souffle de jean –Luc Godard que Seberg sera immortalisée a jamais , en incarnant  le personnage de la petite marchande de journaux américaine  elle entre dans la légende cinématographique

Pourtant déjà a cette époque elle semble ne s’intéresser que modérément a sa carrière préférant les engagements sociaux et politiques .Sa vie sentimentale semble être un échec   , son mariage avec le dandy François Moreuil tourne court quand elle rencontre  un homme d’un tout autre calibre en la personne de Romain Gary , célèbre  écrivain international il vivent ensemble  une belle histoire d’amour et après la naissance de leur premier enfant Diego ils se marient le 16 octobre 1963.

Tout en continuant a tourner des films inégaux Jean intensifie ses actions et ses engagements notamment en faveur des Black panthers , elle soutient également la cause des indiens d’Amérique victimes selon elle d'un pays qui s'enfonce dans le capitalisme en  oubliant  ses racines.

mise a l’index par l’industrie du cinéma  c’est bientôt le F.B.I qui décide de surveiller de très près la jeune militante ,filatures ,intimidations , écoutes téléphoniques , rien ne lui est épargnée ,le comble semble atteint lorsque enceinte de son second enfant la rumeur pretend  que le bébé est le fruit de ses amours avec un leader des Black panthers’ .

Cette fois Seberg craque, déstabilisée elle tombe gravement  malade et accouche d’un bébé prématuré, une petite fille qui ne survit que quelques heures. Scandalisée jean décide de porter son enfant en terre dans un cercueil de verre transparent pour que les photographes puissent voir la couleur blanche de la peau de son enfant

Apres cette terrible  tragédie  les choses ne seront plus les mêmes pour l’actrice qui sombre dans une grave dépression, ses amis s’éloignent et même ceux qu’elles a soutenus ne la suivent plus, on l’a juge encombrante, gênante, son couple ne survit pas  et malgré les liens forts qui l’unissent a Romain Gary le couple divorce.

Elle se console auprès du réalisateur  Dennis Berry fils du comédien jack Berry  qui dut quitter les États –unis victime du maccarthysme  et se réfugia en France pour continuer une carrière sans grand intérêt.

Bientôt une nouvelle rumeur se répand a nouveau  on murmure que jean Seberg sympathisante  des officiels algériens du F.L.N a une liaison avec Aziz Bouteflika actuel président algérien alors premier ministre ,le gouvernement algérien décide alors de prendre ses distances avec l’actrice et elle est interdite de séjour en Algérie .

Si cette rumeur n’a jamais pu être confirmée une chose est sure  jean Seberg   quitte Dennis Berry pour s’installer en compagnie d’un individu plutôt louche Ahmed Asni, que la police française soupçonne de trafic international de stupéfiants, l’homme est violent  et intolérant et bat Jean a de nombreuses reprises, de plus il décide de diriger la carrière et les choix de la comédienne qui vit un cauchemar auprès de cet homme qui l’exploite et la vole,

le 29 Août elle téléphone a ses proches , paniquée elle raconte qu'elle est en danger  et  mêlée a un trafic international  de drogue ,personne ne la prend au sérieux et on pense (a tort) qu'elle délire   pourtant c'est le lendemain qu'elle disparaît de son domicile du 125 rue de Longchamp ,son corps sera retrouvé onze jours plus tard

Ahmed Asni ’ayant  signalé a la police qu'elle était partie nue sous  son manteau une bouteille d'eau a la main , cette menace était -elle réelle ? on est en droit aujourd'hui de le penser.

Pour Romain Gary  (et ancien mari  de Jean Seberg )qui a donc  bien connu la jeune femme et a conservé avec elle jusqu'à la fin de sa vie des liens étroits la vérité est ailleurs  et pour lui clairement cette mort n’est pas un suicide, il accuse notamment le F.B.I d’avoir éliminée  jean Seberg supposée être un important support financier des Black panthers.

Bien des années après le mystère de cette tragique disparition reste entier et de nombreux doutes subsistent autour de l’enquête et de ses conclusions hâtives. 

Triste  fin  pour une jeune femme qui avait choisie de vivre dans la vie réelle  plutot qu'au cinéma des choses intenses et fortes et qui aura payé de sa vie ses convictions et ses choix .

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07/10/2016

Elle (Paul Verhoeven 2016)

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J 'attendais sans  doute  beaucoup de l 'association Verhoeven -Huppert -Djian

sans doute trop  car ma déception  est disons le clairement a la hauteur de cette attente.

Elle , titre énigmatique du dernier film de Paul Verhoeven   réalisateur de certains blockbusters restés dans toutes les mémoires ('Robocop ' ' Basic Instinct '  'Total recall ') dirige ici la grande Isabelle Huppert dont chaque apparition au cinéma  est désormais synonyme d'évènement

Quant , en plus le vieil hollandais (78 ans) adapte un romancier  Français culte  (Philippe Djian) on peut raisonnablement penser que le cocktail  va fonctionner et que le  résultat  sera a la hauteur du talent  respectifs  de ces  trois  'monstres '

Et pourtant ici dans ce film difficile a classer ( ni polar , ni thriller hitchcockien , ni drame psychologique) le film deroute et déstabilise tant par son contenu que par son message.

Longtemps pressenti pour la palme d'or ( je rêve) 'Elle ' représentera la France aux oscars cette année  (je rêve encore)

Sexiste, malsain , truffé de personnages tous aussi tordus et parfois invraisemblables ( mentions spéciales a la mère interprétée par  Judith Magre) le film de Verhoeven dérange et pas forcement dans le bon sens et nous (me) pose  probleme  dans  le message (confus) qu'il veut  transmettre

Son héroïne a mi chemin entre la Sharon Stone de 'basic instinct " et une sorte de "Robocop" en jupe (pour  reprendre  deux personnages  filmés  par  Verhoeven) nous intrigue par son étrange passivité  restant tout au long de ce  film distante par rapport aux évènements autour d'elle mais également en rapport a  son passé  trouble et inquiétant  , elle s'affirme souvent imprévisible ,cruelle et  manipulatrice toujours sans état d'âmes ni compromis

"Elle  " est il un film profondément mysogine ?

Le  viol puisque c'est le sujet qui anime ce film qui suscitera a coup sur multiples débats  (le public et la  critique  sont de toute évidence  clairement  divisés) est il un acte qu'on peut banaliser ?

Sans hésiter un seul instant a truffer son film d'incohérences de base (de toutes évidences le personnage de Huppert est trop âgée  (pour le rôle) pour avoir  ses  règles ....par exemple) Verhoeven nous propose une galerie de personnages volontairement complexes tous  plus détestables les uns que les autres et qui évoluent dans un univers bourgeois ou les limites de la moralité semblent volontairement inexistantes.

 

Reste une incroyable Isabelle Huppert , monstrueuse  mante  religieuse  qui  dévore  tout  les autres  comédiens qui ne peuvent exister auprès de cette incroyable comédienne qui ,d'un geste, d'un regard illumine l'écran

Son  talent , son génie n'a ici d'égal que ma  déception  devant  ce film pseudo satire sociale  "chic et choc" qui se veut perturbant et qui en ce qui me concerne  rate totalement  sa cible .

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27/09/2016

Avé César (Joel & Ethan Coen 2016)

 

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Evidemment on est toujours plus dur avec ceux qu'on aime aussi a l 'image des réalisations de Woody Allen , Scorsese , Almodovar ou encore Tim Burton cette regle critique ( et personnelle) s'applique forcement au cinéma des freres Coen .

Absents  des  écrans depuis le formidable 'Inside Llewyn Davis"  en 2013 les  frangins Coen  figures  de proue incontournables du cinéma contemporain ont déjà a travers d'une filmographie diverses  enchantés les cinéphiles  du monde  entier.

Leur vision cinématographique décalée et corrosive s'appliquant depuis  des décennies a  détourner les  genres abordés ( le film noir, la comédie, le road-movie ) ont fait d'eux  une référence  absolue en terme de  scénarisation et de mise en scène

De plus ils auront réussis l'impossible exploit de  rester a la frontière  du cinéma hollywoodien tout en conservant  un pied ( un gros pied) dans le cinéma indépendant

Toutes  ces louanges  mérités  (il suffit de (re)voir   'the big lebowski ' 'O Brother '  'Fargo' 'Barton Fink '' " no country  for old men ' pour  s'en persuader) renforcent l 'exigence  du spectateur face a un nouveau film des Coen

Avé César  présenté en ouverture du festival de Cannes 2016 s'annonçait flamboyant et croustillant la vision du cinéma de l'âge d'or des studios d'Hollywood  vu a travers la lorgnette acide et ironique des deux  frères  on avait évidemment hâte de découvrir ca.

mais Avé César ne comble pas  cette attente ,malgré un casting formidable (comme toujours chez les Coen) force est d'avouer une grande deception

la faute  sans doute a un manque de  cohésion et une absence évidente de rythme dans l'histoire  qui n 'est en réalité qu'une succession de  "saynètes" mises  bout a  bout  avec un fil rouge conducteur (le kidnapping   de Clooney)

Les  thèmes abordés (la propagande et les peurs  du bloc  communiste , les mécanismes  complexes et politiques  de l'industrie cinématographique ) dressent  une  galerie de  personnages caustiques  et  souvent drôles (Tilda Swinton hilarante commère hollywoodienne Josh Brolin excellent  lui aussi , Alden Ehrenreich irrésistible en cow-boy recyclé  séducteur  et incapable  de prononcer correctement une phrase devant la caméra) mais tout cela ne suffit  pas a faire de 'Avé César " un bon film

Personnage hors sujets (Scarlett Johannson) ou mal exploité  (Clooney), bavardage inhabituel chez les Coen (pourtant des dialoguistes hors pair) le film se  dilue , se  fragmente peu a peu dans une succession de scènes mises bout a  bout qui finissent par lasser et provoquer un inévitable ennui 

Quelques scènes visuellement superbes viennent par moments rappeler le savoir faire  des  réalisateurs  (un ballet aquatique magnifiquement filmé , une scène de  comédie musicale  dans  un bar) mais l'ensemble reste faible et d'un niveau plutôt  moyen.

 

 

 

 

 

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11/09/2016

La nuit des revenants ( Ed Wood -1958 )

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Quand il réalise ce joyau imbécile Ed Wood est au bord de la ruine, Plan 9 from outher space  l’a laissé sur la paille, aussi pour tourner ‘La nuit des revenants(Night of the ghouls)  la pseudo suite de ‘  la Fiancée du monstre ‘  (bride of monster ) les moyens sont limités , très limités même puisque le film dure 1h15 soit  la durée minimum pour être considéré comme un  ‘long –métrage’ .

 

Jamais  Ed Wood  n’est  tombé aussi bas dans la pauvreté a tout les niveaux ,  scénario  inexistant - acteurs  nullissimes (fantômes et policiers  tous aussi mauvais et pourtant  irrésistiblement drôles ) - raccords totalement ratés -  utilisation de stock - shot (films de prévention civique)  sans aucun rapport avec  l’histoire ,  effets spéciaux a trois sous  a la portée d’un gosse de dix ans ( la scène de spiritisme avec trompette volante et  squelettes a perruques vaut a elle seule de visionner ce film absurde et kitsch).

Le réalisateur  fauché a si peu de moyens que la majeure partie des plans n’est tourné qu’une seule fois  alors tant pis pour les  ratés (fous rires des comédiens – chutes) les maquillages sont grotesques , Lobo  qui annone des ‘heu heu ‘ a faire pleurer de rire)  ou sommaires (le mage enturbanné a la Pierre Dac qui s’appelle,  il fallait oser le Docteur Acula ).

Pour la petite histoire  totalement sans le sou Ed Wood n’aura même pas les fonds nécessaires au développement de son film qui sera exhumé 20 ans  plus tard .

Mort depuis  5 ans il est devenu  malgré lui un metteur en scène culte et son film a désormais les allures d’un petit bijou sorti d’un au- delà cinématographique quelque part entre naïveté géniale et  supercherie évidente.

 

Cette incroyable Nuit des revenants est a voir au moins une fois dans sa vie  pour  savoir de quoi il retourne.

Fous rires assurés.

 

Le clou du film la terrifiante séquence de spiritisme admirez les effets spéciaux  

 

http://www.nanarland.com/play_video.php?vid=83

 

 
 

Superfly Original Film Soundtrack (1972)

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attention vous etes prévenu , voici un disque donc vous ne pourrez plus vous passer une fois qu'il aura fait sa place parmi les favoris de votre discothèque et j'envie tout ceux qui ne l'ont jamais encore mis dans leur lecteur car cet album absolument fantastique va les clouer sur place.

Enorme succès de la Blaxploitation , vendu a  1 million d'exemplaires et nommé  4 fois aux Awards en 1972 Superfly est bien davantage qu'une simple bande originale de film 

 On peut dire que  son auteur Curtis Mayfield écrit ici une page de l'histoire de la musique black. rivalisant de génie avec James Brown , Isaac Hayes. ou Marvin Gaye.

 Les deux singles qui en seront  extrait 'superfly 'et surtout l'incroyable 'Freddie 's dead  sont véritablement époustouflants.

Immense artiste soul et auteur de titres que l'on a déjà  inscrits au panthéon de la musique Curtis Mayfield aura marqué son époque notamment avec son groupe 'the Impressions '

On se souviendra de ' It's all right ' , de 'keep on pushing '(qui servira de musique de ralliement pour le mouvement des droits civiques de martin Luther King ) et surtout de People get ready enregistré en 1965.

La carrière solo de Curtis Mayfield sera plus chaotique ; il réalisera des albums inégaux avant de livrer a la face du monde cette pure merveille de funk et de soul 

Paraplégique suite a un accident survenue sur scene  en 1990 (chute  d'une rampe de projecteurs) il ne mettra pas fin a sa  carrière mais ne se remettra  jamais de  ce  terrible  accident

Grand  diabétique il sera amputé d'une jambe en 1998 et décèdera en 1999

Superfly  fait  partie des  ces  bandes  originales  qui marquent  leurs  époque , le film  (une serie B)dans le  cas  présent  est  secondaire  , reste cette bande son redoutable et  fantastique ,  "groovy"  et  "funky"  qui chaloupe  et  nous  régale.

 

Curtis Mayfield  -  give me  your  love


podcast

 

02/09/2016

Little Miss Sunshine (jonathan Dayton & Valerie Fris -2006)

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Et la petite Olive Keener , 7 ans  petite boulotte a  lunettes d'Albuquerque , 25 ème et dernière candidate du concours californien  de Little Miss sunshine’ s’avance sur la scène , personne ne sait a cet instant  précis  ce qu’elle a secrètement préparée en cachette depuis des mois avec son grand-père , ni sa famille qui l'accompagne ,ni encore  moins les spectateurs du concours et tous ensemble nous allons assister  médusé le temps d’un ‘Super freak "déchaîné a l’explosion d’une Amérique décomplexée  ,a la revanche de l’être ou plutôt du bien  - être sur le paraître

 

Rien que pour cet épilogue  rafraîchissant et jubilatoire Little Miss sunshine mérite d’être vu par tous .

A la fois film d’auteur  et véritable comédie qui flirte parfois avec le burlesque  Little Miss Sunshine s’inscrit dans la lignée de films comme ‘the Full monthy ‘ ou encore ‘priscilla ,folle du désert ‘ 

 

Les comédiens sont tous  formidables  mais il convient de mentionner Steve Carell acteur dont la présence et la puissance  comique indéniable  nous rappelle par moment   Peter Sellers , Jim Carrey  ou  Jacques Tati  , ici  dans le rôle de Frank , homosexuel suicidaire , spécialiste de  Proust il compose un personnage irrésistible de délicatesse et d’humour.

A ses cotés Paul Dano(Dwayne)  l’adolescent  silencieux volontaire  et qui avoue détester  le monde entier y compris sa propre famille  est également une  vraie  découverte .

Réalisé par Jonathan Dayton et Valérie Fris le couple (a la ville) s’est illustré auparavant dans la réalisation de clips vidéos pour R.E.M , Oasis ou encore les Red Hot Chili Peppers  , ce passage au long métrage (il leur a fallu 8 ans pour mener a terme leur projet) est une réussite complète.

Il est évident que le public chavire de bonheur face a cette chronique douce amère , road movie thérapie  et portrait croustillant d’une certaine Amérique  dans la laquelle il est beaucoup question  d’ambition , de gagnants , de perdants mais dans lequel  au bout du compte les ‘Losers ‘ ne sont pas ceux qu’on attendait ;les dialogues ciselés  font mouche (le film est  a voir évidemment en V.O) ,la mise en scène est simple , sans  fioriture et laisse la part belle  aux comédiens qui incarnent cette famille Keener totalement déjantée  une famille qui bien qua la limite de l’irresponsabilité  reste de bout en bout attachante et humaine.

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Pelé , Naissance d'une legende (Jeff & Michael Zimbalist - 2016)

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Sorti en aout 2016 directement  en DVD (c'est rarement  bon signe) Le Biopic  sur Pelé ne  fera pas  date malgré de  bonnes  intentions évidentes.

La tâche était immense voire insurmontable et même si le film se concentre sur l'enfance  du roi Pelé  jusqu'à la coupe du monde 1958 en Suède  (remportée 5 a 1 par le  Brésil ) l 'ensemble  est d'un niveau très moyen et cela pour de multiples  raisons

Soyons bon public  et  avouons que  la  première  partie peut s'avérer séduisante (les  favelas, l 'enfance) , la  seconde , en revanche  ( des  que le  jeune Pelé quitte  sa famille et son village  pour  intégrer  le club De  Santos  puis l 'équipe nationale  du Brésil) est d'une  nullité confondante

Inévitables clichés  ,vision du football totalement irréelle   a tel point que par moment  Pelé  n 'est plus  un joueur  de  football  mais  une  bête  de  foire , un artiste  de  cirque , a trop vouloir en faire dans le  spectaculaire (ralenti a l 'appui) les  scènes de  stade  et  de  match frôlent  (de  très près)  le  ridicule d'autant  plus  que le duo de réalisateurs filment tout ca  avec  peu de conviction  et  un manque de passion évident.

Le choix des acteurs peu paraître surprenant, les autres joueurs de l'équipe sont de toute évidence  trop âgés ( sans  doute  pour  renforcer le coté  précoce  de  Pelé) on a parfois l'impression  qu'il sont tous trentenaire ou davantage .

Un langage footballistique totalement inapproprié  (les   scènes  de  vestiaires  ou  d'entrainement  c'est a  se  tordre  de  rire  )

le discours abusif autour de la Jinga ( ca  sort  d'où? ) le film  nous présentant  ca  comme  un  "truc " de  sorcier , un  fluide  magique presque  spirituel  alors  que c'est  tout  simplement "le foot  des  rues " "le foot des  plages  "  avec  ses  acrobaties et sa  gestuelle  héritée de la  capoeira 

le réalisateur qui utilise  en fil rouge  la défaite  du Brésil chez  lui contre  l 'Uruguay  en coupe du monde 1950 et le  traumatisme  qui  suivit cette  défaite  historique (ils  ont  remis ca  en 2014 éliminés   7 a 1 par  l'Allemagne  en  demi  finales ) essaie tant bien que mal de politiser et  de  donner  un peu de matière  et une approche   patriotique  a  son  film mais  en  vain l 'ensemble  reste  tiède sans  âme  , sans  ferveur

Malgré une prestation sympathique des deux  acteurs  interprétant  Pelé (enfant  puis  adolescent) il manque incontestablement a  ce Biopic de la magie, de la  passion.

et puis franchement un Biopic  sur  Pelé  sans  la langue  brésilienne  quel invraisemblable gâchis!

Pelé  investi personnellement  dans la  production de  ce  film a clairement  manqué  de  vista   ,le film a l 'image  de  son  "caméo" d'une  vingtaine  de  secondes  (peu subtil ) est lourd et sans grand  interet

 

 

 

 

 

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21/08/2016

Que le spectacle commence ( Bob Fosse 1979)

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Musical, oui, déroutant  évidemment , et c'est bien  ce qui peut poser problème pour totalement entrer dans le scenario orchestré ( de main de maitre) par le génial Bob Fosse encore auréolé du triomphe de 'Cabaret 'et de sa pluie d'oscars en 1972

Ici le message est clairement autobiographique puisque le héros, un chorégraphe célèbre (Roy Scheider qui s'est carrément fait la tête de Bob Fosse...), est en train de mourir.

Face a la mort et pour la representer Bob Fosse choisit Jessica Lange , ange mystérieux tout de blanc vétu et c'est devant elle et au travers de scenes paralleles au scénario que Joe Giddeon notre choregraphe fait le bilan de sa vie.

Il a trompé les femmes , il s 'est montré mauvais pere, mauvais mari ,  il a souvent  été  injuste et  cruel , il  s'est beaucoup  trompé lui-même, il a couru, hurlé , pesté jusqu'à l'épuisement mais au final qu'en restera t'il ? Oui  clairement ! cette  question existentielle qui ronge le heros est bien le veritable sujet du film de Bob Fosse.

 

le film qui aurait tres bien s'apeller '' que le spectacle s'achève "est une Critique acerbe non déguisée du show-biz à l'américaine et un portrait fascinant d'un personnage hors du commun mais en définitive simple mortel

Bob Fosse nous propose dans son film des séquences aussi étincelantes que morbides comme celle , où Joe Gideon, dans le coma, contemple son double en train de tourner des séquences oniriques avec les trois amours de sa vie : sa femme, sa maîtresse et sa fille. car ne nous y trompons pas..... le vrai et seul personnage du film n' est en réalité  que  LA MORT elle même.

La séquence  finale sur fond d'un vieux standards ("bye bye love"  des Everly Brothers)  reste un modèle  du genre

Le film  qui a remporté la Palme d'or à Cannes en 1980  reste a ce jour un temoignage sans concession du milieu artistique du monde du spectacle.

Bourreau  de  travail  jusqu'à l'épuisement Bob Fosse son metteur en scènes  réalisera  encore un film en 1980 (Star 80) puis va mourir d'une crise  cardiaque en 1987

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29/07/2016

Hollywood ending ( Woody Allen - 2002)

 

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Heureusement les francais existent !

Qui  d'autre que  Woody Allen  pouvait glisser pareille réplique dans un film ? .

Lui seul  et personne d'autre évidemment et quelle délicate et  amusante façon de remercier le public français qui l'a toujours suivi tout au long de sa longue carrière cinématographique

La France aime Woody Allen et Woody Allen le lui rend bien et même lorsqu'il fût violemment critiqué outre atlantique le public (et les critiques) français ne l'ont  jamais laché. 

Dans Hollywood Ending Woody Allen interprètre le personnage de Val Waxman ,réalisateur de cinéma névrosé et hyponcondriaque un peu tombé dans l’oubli et qui se voit offrir la mise en scène d’une super production hollywoodienne

A peine s’est-il engagé a réaliser le film que Val Waxman perd brutalement la vue.

Finançièrement au bout du roulerau Val Waxman veut tout de même  honorer ses engagements et sur les conseils de son imprésario il va tenter de  réaliser le film avec ...les yeux d’un autre (qui partagera avec eux le lourd secret) .

Cette énorme supercherie se fera bien entendu a l’insu des comediens , techniciens et producteurs.

Evidemment le résultat sera catastrophique et la sortie du film va donner lieu a une pluie de critiques cinglantes sauf en France ou le film enflammera public et critiques (d’ou la fameuse petite phrase citée plus haut).

Dans le role de Waxman, Woody Allen  s’en donne a coeur joie frolant parfois même la caricature a force de s’auto-parodier tandis qu’a ses cotés la jolie Téa Léoni ,dans le role de l’ex (personnage toujours important chez Woody Allen) et Kurt Russell dans le role du producteur californien et nouveau compagnon de Téa sont excellents.

Bien sûr dans Hollywood Ending il est question de cinéma mais le sujet du film 'dans' le film n'est que la toile de fond qui permet de développer les  questions existentielles des personnages en général et de Val Waxman en particulier. 

Ajoutons également que les dialogues sont épatants et drôles et qu'on passe un bon moment même si on est forçé de reconnaître qu’il ne s’agit pas d’un ‘grand’ Woody Allen mais plutot d’un ‘bon’ Woody Allen ce qui au bout du compte n'est déjà pas si mal .

 

 

 

 

 

 

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24/07/2016

Victor , Victoria (Blake Edwards 1982)

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Plus de trente ans se sont écoulées depuis la sortie de ce film extraordinaire que je n'avait jamais revu

c 'est désormais chose faite grâce a l insistance   d'une amie cinéphile (que je remercie et qui se reconnaitra ) car revoir Victor, Victoria fut un pur moment de bonheur total ,une véritable cure de jouvence  

inventif, drôle, émouvant , brillant   Victor , Victoria   est tout simplement un film éblouissant

Tout  ici est merveilleux des décors superbes (merveilleuse reconstitution du paris des années 30) ,des   dialogues   hilarants, des situations comiques   , de l 'humour noir, des  situations  cocasses  et   burlesques , des  costumes , et des performances d'acteurs de haute volée oui dans  cette  comédie  irrésistible  tout  est parfait!

Julie Andrews  déjà dans toutes les mémoires depuis " mary Poppins "(1964) et "la mélodie du bonheur "(1965) livre ici une performance inoubliable

le réalisateur Blake Edwards , son mari dans le privé lui offrant ici un rôle   qui la fera entrer définitivement   dans la légende .

Blake Edwards   déjà célèbre en 1982 grâce a des bijoux comme 'diamants sur canapé (1961) , the party( 1968) , ou encore la saga des Panthère Rose   ( il réalisera 9 films de 1972 a 1993 autour   du personnage de l 'inspecteur   Clouseau ) s 'essaye ici pour la première   fois (avec talent) au film musical

ce  coup d'essai s'avérant un coup de maitre Victor , Victoria s'installant dans le haut de la liste des comédies musicales les plus réussies

mais surtout c 'est l incroyable, légèreté et la surprenante modernité avec laquelle le sujet est ici traité en effet le thème de l 'homosexualité est abordé ici avec une facilité déconcertante

L'action se déroulant dans l’univers du cabaret et des travestis, il aurait pourtant été facile de présenter un humour caricatural basé sur des clichés faciles mais nous ne sommes pas ici dans La Cage aux folles (au demeurant très drôle) ni encore moins chez Chouchou (beaucoup moins drôle) et ici tout est subtil , tout est intelligent tout en restant   très drôle

Que dire des personnages masculins du film qui aurait pu passer a la trappe tant le personnage de Julie Andrews occupe l espace?

Robert Preston qui interprète Toddy est tout simplement .....miraculeux c'est le mot juste , toutes ses scenes sont   magiques et la d erniere releve de l'anthologie du   cinéma

James Garner quant a lui interprète King Marchand avec une finesse et une classe naturelle

curieusement cette fois c'est le film qui aura précédé la comédie musicale   qui sera crée en 1995 par Blake Edwards lui même, le film étant lui même le 'remake ' d'un film allemand des années 30 (Viktor und Viktoria)

Notons également un évident clin d'œil a l'inoubliable Inspecteur Clouseau (la panthère rose) avec le personnage burlesque du détective francais

Le film bien que nominé dans toutes les catégories principales fut malheureusement oublié des oscars (concurrence difficile avec le Gandhi de   richard Attenborough et le rôle de Meryl Streep dans " le choix de Sophie" qui priva Julie Andrew inoubliable Victor et délicieuse Victoria d'un oscar plus que mérité

Victor ,Victoria est un Film thérapeutique qui fait passer le spectateur du rire aux larmes en un clin d'œil un film qui déborde  d'émotions qui fait ....du bien et qui nous procure tant de bonheur que l'achat du DVD   devrait être......... remboursé par la sécurité sociale .

 

 

 

 

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25/06/2016

Edwige une icone au destin brisé (1958-2015)

 

 

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Sa disparition a l 'automne dernier n 'a pas fait grand bruit

Oubliée de presque tout le monde   celle que l 'on appelait Edwige est morte à Miami, où elle résidait depuis de nombreuses années a l 'âge de 58 ans figure de la nuit parisienne, mais aussi new-yorkaise, et icône punk des années 1980 , mannequin et chanteuse Edwige Belmore, aura brulé sa   vie par les deux bouts et terminé son parcours sous le soleil de Floride dans un hôtel ou elle résidait en échange de petits travaux domestiques , de jardinage   notamment)

Physionomiste au Palace, célèbre boîte de nuit parisienne des années 1980, elle avait été photographiée par les plus grands artistes dont Helmut Newton, Jean-Baptiste Mondino ou Pierre et Gilles.

le message   twitter du 24 septembre 2015 de JP Gaultier   a l 'annonce de sa mort  parle  de  lui  même  , le  couturier  s'exprimant   en  ces  termes "RIP Edwige  Le plus bel ange platine jamais rencontré'

Au milieu des annees 70 coupant volontairement les ponts avec le douillet confort familial et fuyant une éducation stricte chez les sœurs, elle décide de bruler sa garde robe et de se raser la tète pour se fabrique un personnage qui ser sa nouvelle identité

Adoptant un nouveau look : pantalon d’équitation, hauts talons, chemise blanche, fine cravate et blouson de cuir. elle va devenir l icone absolue des années punk et post -punk et incarner l 'underground  un peu a l'image  d'une  Eddie  Segdwick  icône  warholienne  de  la  factory disparue a 28 ans

Pendant des années elle va hanter telle une amazone le monde interlope des   nuits parisiennes   et   telle un papillon de nuit va se consumer   aux lumières des nuits de la capitale

Lesbienne assumée et revendiquée , qui intrigue autant qu'elle fascine on la retrouve dans   divers domaines artistiques   jamais totalement impliquée , toujours détachée  

au cinéma on découvrira sa moue boudeuse dans le film de jean marie Perier ' Sale rêveur ' avec Dutronc   et musicalement elle formera un duo culte avec le mystérieux Claude Arto ( disparu en 2013) au  sein du groupe  Mathématiques Modernes de 1979 a 1980 et fréquentera assidument la bande des Stinky Toys (Elli Medeiros Lio , Jacno)

Sa beauté androgyne et sauvage , et ses cheveux courts blond platine celle qu'on a baptisée la reine des punks avaient aussi attiré les grands couturiers comme Thierry Mugler ou Jean Paul Gaultier pour lesquels elle défilera souvent

On la retrouvera en couverture de Façade le magazine underground français, publié à Paris de 1976 à 1983. et inspire par Interview, le magazine américain créé par Andy Warhol

sur cette couverture   elle rendra   hommage   au roi du pop art en lui déposant un   baiser sur la joue

Exilée aux Etats -Unis pour des raisons sentimentales (elle tombe   folle amoureuse de Patti Hansen ,l'épouse de Keith Richards et  quitte tout pour la suivre ) Edwige deviendra une habituée de la boîte de nuit new-yorkaise le  Studio 54, où elle fréquente Debbie Harry, la chanteuse du groupe Blondie, ,Bianca Jagger., Keith Haring , Jean Michel Basquiat , Andy Warhol , Grace Jones

Elle  y retrouve une autre exilée , française Maripol styliste d'avant garde qui inventera  bientôt  le look qui fera de Madonna une Star planétaire

Agnes B lui confiera la première boutique new yorkaise et puis........ plus rien la disparition

Edwige disparaît totalement des écrans radars a l 'aube des années 2000

revenue brièvement en France   pour la présentation en 2008 du   film documentaire doublée une   exposition ' des jeunes gens modernes ' qui retraçait les années   post punk- new wave en France elle repartira vite dans son exil de Floride tentant de soigner une longue dépendance a l' héroïne

De centres de désintoxication en ashrams elle finira par se retrouver a la limite de la clochardisation ,on la dit   folle , on apprend que désormais elle porte des longs cheveux bruns et qu'a l 'image De Daniel Darc vieux pote de défonce des   nuits parisiennes elle a tatoué son corps de la tète aux pieds

l'accueil charitable  que lui fera le Vagabond   hotel ' a Miami lui sauvera   la vie ce ne sera malheureusement que provisoire

 

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la  Une  du magazine ' Facade '

 

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Edwige  (1976)

 

 

 

 

 

 

 

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Edwige  (2014)

 

 

 

Mathématiques  Modernes   - Disco rough 

 


podcast

 

 lien vers l 'expo ' des jeunes gens modernes (avril 2008)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23/06/2016

Moon River ou la chanson ressuscitée

 

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Cette courte chanson (a peine deux minutes) écrite par Johnny Mercer et composée par Henry Mancini originalement interprétée par Audrey Hepburn dans le film de Blake Edwards, Diamants sur canape en 1961. ) a une drôle d'histoire

récompensée par l'Oscar de la meilleure chanson originale en 1962 c'est aussi l'une des chansons les plus connues au monde et l' une des plus reprises ( on en compte plus de 1000 versions différentes de Paul Anka a Sinatra , de Dean Martin a Sarah Vaughan en passant par Streisand , Garland ou encore Ella Fitzgerald)

L'album enregistré par Henry Mancini paraît en 1962 sous le titre Breakfast at Tiffany's: Music from the Motion Picture mais curieusement la version Moon River chantée par Audrey Hepburn n’est pas incluse.

Sur les 11 titres qui composent l'album, figurent 2 versions de Moon River : la première est un mixage instrumental/vocal et interprété par des chœurs tandis que l’album s’achève sur la version Moon River Cha Cha

La version d’Audrey Hepburn n’est commercialisée qu’après son décès, en 1993, dans l’anthologie Music from the Films of Audrey Hepburn soit  32 ans  apres  la  sortie  du   celebre  film

Mancini a  cependant   toujours   déplorer la  qualité  médiocre  (en mono)   de l 'enregistrement et regrettait  de  n'avoir pas  ré enregistrer  le titre  avec  Audrey Hepburn

Audrey  Hepburn   deja célébrée  par  des  roles   marquants  '  vacances  romaines   (1953) 'Sabrina ' (1954)  'drôle  de  frimousse  ( 1957) va  trouver  ici avec  '  diamants  sur  canapé un rôle   qui va  la  propulser  vers  un  statut  définitif d'icone internationale  pourtant   elle  a  bien  failli de   jamais  endosser  le  personnage  de l 'ingénue  Holly Golightly

En  effet  Truman Capote  qui  avait  ecrit  la  nouvelle en  1958 avait  accepté   l 'adaptation  cinéma  mais  avait  exigé  que le  role  soit  confié a Marylin Monroe car  c 'est a elle   que le  romancier  avait  pensé  en écrivant le court  roman ,  le rôle  fut  proposé  Kim Novak  pour  enfin  aboutir avec   le  choix  (évident  aujourd'hui  ) d 'Audrey Hepburn

Blake  Edwards   futur  réalisateur  culte ( 'la panthere  rose' en 1963  ' ,  the  party  ' en 1968 ) va    immortaliser  pour  l  'éternité  ce  moment  de  grâce  suspendu ou Audrey Hepburn  en  deux minutes  a peine , le  temps  de  cette   formidable  balade romantique  entre  pour   toujours  dans   notre inconscient collectif

 

 

 


 

 

22/05/2016

L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford 1962)

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En  1962 John Ford a  déjà  tourné  quantité  de  westerns dont  certains  sont  passés a la  postérité( "Rio grande " - "la prisonnière  du  désert "-  "Alamo"   ou encore  ' la  chevauchée  fantastique  "  pour  n'en citer  que  quelques  uns)

il est le seul metteur en scène  qui a  raflé  4 fois  l'oscar  du meilleur  réalisateur  ( curieusement  jamais  pour  un  western) et il livre  ici un  film qui va devenir un classique  absolu qui sera l'une de  ses   plus  grandes  réalisations car  'l'homme  qui  tua  Liberty  valance  'dépasse  et de loin le cadre du simple western

Ford  dresse avec ce film un portrait  dur  et  cynique  d'un  ouest  américain pauvre et surexploité son  film est tout  aussi social que  politique 

On y  retrouve des thèmes  cher  au  cinéma  de Ford  , la  lutte  contre  les injustices ,la défense  des  opprimés et des  vraies  valeurs

Le noir et blanc  (comme  toujours  chez  Ford)   est encore  une  fois  lumineux  et  éblouissant et  la  réunion de  deux  légendes   du  cinéma James  Stewart   (le sénateur  Ransom  Stoddard) et John Wayne ( Tom Doniphon) est un véritable  régal de  cinéphiles

 

 'L'homme  qui tua Liberty  Valance ' nous  raconte   au  travers  d'un  astucieux flash back  l'histoire  d'un  destin  et  d'une gloire  bâtie  sur un mensonge et dévoilé par John Ford  dans  une  incroyable  pirouette   (un  flash back  dans le  flash back et une  sequence   visible  par  le  spectacteur  sous un  nouvel angle)

Le ( Faux) duel  entre  Stobbard et l'affreux Liberty Valance (Lee Marvin , parfait ) n'est évidemment qu'un  prétexte , le  vrai  duel , la véritable  opposition est ailleurs , c'est celle  du bien contre le mal   , celle de la loi des  hommes  contre  celle  des  fusils ,  celle de la  vérité  contre celle  du mensonge.

la  dernière réplique de ce  film éblouissant  ( Celle du journaliste qui refuse de publier le véritable nom de l’assassin de Liberty Valance  est  devenue mythique « à l’Ouest, quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende. 

le mot  est juste  c'est  exactement  ce  qu'est ce film : LEGENDAIRE

 

 

 

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19/05/2016

La ruée vers l'or (Charles Chaplin 1925)

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Difficile a  croire  mais c 'est une  réalité ,  le Cinéma de Chaplin a 100 ans , les premiers courts métrages datant de 1914 , 'le Kid '  et '  l'opinion publique' ,premiers véritables films sont respectivement réalisés en 1921 et 1923 

La ruée vers l'or date  quant a lui de  1925;  la trame de fond des aventures du célèbre vagabond  étant cette fois les contrées froides  de l'Alaska pendant la la ruée vers l'or des  années 1896-1897 , une ruée vers l'or frénétique qui entraîna dans la région du Klondike  une immigration massive ,une page d'histoire de l'Amerique qui inspira outre Chaplin pour ce célèbre film mais aussi l'ecrivain  Jack London 

ce film reste dans la filmographie de Chaplin l'un de ceux qui marque , non pas par la profondeur du message (on est encore bien loin du " dictateur' ou des 'feux de la rampe ')mais par les scènes d'anthologie gravées dans nos mémoires (la danse des petits pains '  'la cabane en équilibre ' 'le repas de fortune avec les vieux godillots ' 'la danse de Chaplin et georgia dans le saloon ' tout cela reste encore merveilleux et magique malgré les années qui passent. 

Mais au delà du perfectionnisme de Charlie Chaplin (les décors grandioses, les scènes retournées des dizaines de fois) ce film reste l'un des plus aboutis du cinéaste , véritable comédie romantique entre burlesque et mélancolie ce film sera encore pour son auteur l'occasion de montrer et de dévoiler son véritable message ;le combat éperdu d'une individualité dans une société égoïste et injuste

La ruée  vers l  'or  cache derrière le ton facile d'une joyeuse comédie burlesque une vraie critique décapante de la société américaine et bourgeoise de l'entre guerre

 

pour info préférez la version d'époque (1925) plutôt que la version sonoriséé (1942) éviter l'inutile version colorisée (1970) les chefs d'oeuvre n'ont pas besoin d'etre revus corrigés sonorisés ou encore moins colorisés