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29/12/2004

Sticky fingers ou les allusions explicites a la drogue

 

  

 rstones_stickyf1.jpg

 

Pour Mick Jagger et les Stones le but recherché bien souvent  la provocation, celle-ci pouvait prendre la forme d’un titre d’album (their satanic majesties request) ou encore par le contenu de chansons explicites ("sympathy for the devil" , "Jumping Jack flash ") soit enfin en parlant ouvertement de leur dépendances aux drogues dures

L’album a la célébrissime pochette avec la braguette dessinée par Andy Warhol en personne Sticky fingers traite le sujet sous différentes angles possibles.



Du point de vue d’un junkie malade :


Sister morphine

Here I lie in my hospital bed
Tell me, sister morphine
When are you coming around again?
Oh! I don’t think I can wait that long
Oh! You see that I’m not that strong

Je suis là, allongé sur un lit d’hôpital
Dis moi, sœur morphine
Quand viendra tu faire un tour par ici ?
Oh je ne crois pas pouvoir attendre si longtemps
Oh tu ne vois pas, je ne suis pas si fort



Sister morphine

Sweet cousin cocaine ,lay your cool hands on my head
Ah! Come on sister morphine, you better make up my bed
Cause you know and I know in the morning I’ll be dead
You can sit around and you can watch all the clean white sheets stained red

Douce cousine cocaïne pose tes mains fraîches sur mon front
Ah ! Sœur morphine, fais donc mon lit
Car tous les deux savons bien que demain je serais mort
Assieds toi là et tu verras mes draps blancs tâchés de rouge





Du point de vue de la dépendance elle-même :



Dead flowers



I know you think you’re the queen of the underground
And you can send me dead flowers every morning
Send me dead flowers by the mail
Send me dead flowers to my wedding
And I won’t forget to put roses on your grave
Well! When you’re sitting back in your long pink Cadillac
Making bets on Kentucky derby day
Ah! I’ll be on my basement room
With a needle and a spoon
And another girl to take my pain away



Tu penses que tu es la reine de l’underground
Et tu peux m’envoyer des fleurs fanées par la poste
M’envoyer des fleurs fanées pour mon mariage
Et moi, je penserai à mettre des roses sur ta tombe
Bon, quand tu seras sur le siège arrière de ta Cadillac rose
En faisant des paris sur le derby du Kentucky
Ah je serai à la cave avec mon aiguille et ma cuillère
Et une autre fille pour soulager ma douleur

 

 

Brown sugar :



Ah brown sugar how come you taste so good
Ah Brown sugar just like a young girl should


Ah Sucre brun comment peux tu avoir si bon goût ?
Ah Sucre brun juste ce goût que devrait avoir une jeune fille

Du point de vue de la recherche désespérée du dealer



Can’t your hear me knocking



Can’t you hear me knocking on your window?
Can’t you hear me knocking on your door ?
Can’t you hear me knocking down the dirty street
Hey Help me baby ,I ain’t no stranger

Ne m’entends tu pas frapper a ta fenêtre ?
Ne m’entends tu pas frapper a ta porte ?
Ne m’entends tu pas me cogner dans cette sale rue ?
Hey aide-moi petite, je ne suis pas un étranger



Du point de vue de la relation Amour/ haine envers les stupéfiants :



Bitch

Yeah! when you call my name
I salivate like a Pavlov’dog
Yeah! When you lay me out
My heart starts beating like a big bass drum alright
Yeah! You got to mix it child
Ya got to fix it must be love
It’s a bitch

Oui! Quand tu prononces mon nom
Je salive comme un chien de Pavlov
Oui quand je suis a ta merci
Mon cœur se met à battre comme un gros tambour, très bien
Oui il faut bien mélanger mon vieux
Puis il faut te la mettre avec amour
C’est une garce



Enfin, il faut signaler que c’est avec l’album Sticky fingers qu’apparaît pour la première fois le logo célèbre des Stones (la bouche rouge tirant la langue). Avec le choix de ce logo, le groupe résume bien la recherche constante de la provocation et la sympathie pour le diable. En effet en plus du caractère provocateur du geste, la langue symbolise pêché et sexe libidineux, c’est la langue du serpent animal maudit de la genèse et symbole démoniaque dans la religion chrétienne.

 

The Rolling Stones - sister morphine


podcast

21/12/2004

Préface d'un chef d'oeuvre

Pour mémoire et pour le plaisir des mots je poste cette sublime

préface


voyager c'est bien utile
ca fait travailler l'imagination
tout le reste n'est que deceptions et fatigues
notre voyage a nous est entierement imaginaire
voilà sa force
il va de la vie a la mort
hommes , betes ,villes et choses
tout est imaginé
c'est un roman ,rien qu'une histoire fictive
et puis ... tout le monde peut en faire autant
il suffit juste de fermer les yeux
c'est de l'autre coté de la vie

Louis-ferdinand Céline


preface du voyage au bout de la nuit

15:15 Publié dans Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/12/2004

Ceux qui m'aiment prendront le train (1998)

 

 

 

 

 

 


Un sujet ou plutôt des sujets risqués pour espérer en faire un film grand public (le milieu de l’art, l’homosexualité ; le sida ; la séropositivité ; la drogue …), c’est pourtant un film maîtrisé ou il semble évident que Patrice Chéreau y a mis ses tripes.
Le réalisateur a su s’entourer de comédiens de tout premier ordre (mentions spéciales a Valéria Bruni-Tedeschi ; Pascal Gregory et Rodschy Zem), cependant l’ensemble des personnages se situe tellement hors norme que le spectateur moyen reste un peu en dehors du cercle, de plus, Chéreau est avare d’indices ou de repères et il est difficile de situer les personnages les uns par rapport aux autres.
Après le très réussi "la reine Margot" Patrice Chereau s’affirme maintenant comme l’un des plus talentueux metteurs en scène français de sa génération ; il en est aussi l’un des plus tourmenté.
N’oublions pas de saluer la performance de deux autres comédiens Jean-louis Trintignant incroyablement a son aise entouré de toute cette brochette de jeunes acteurs et Vincent Pérez dans le rôle délicat d’un transsexuel qu’il interprète avec sobriété, émotion et justesse alors que le risque de basculer dans la caricature grossière était présent a chacune de ses apparitions.


19:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Au coeur du mensonge (Claude Chabrol -1998)

Curieuse distribution dans ce long-métrage puisqu’on retrouve aux cotés de Sandrine Bonnaire déjà familière de l’univers chabrolien Jacques Gamblin, valéria Bruni-Tedeschi et Antoine De Caunes.
Le sujet est simple un meurtre sordide (une écolière assassinée en rentrant d’un cours de dessin) et le décor est comme toujours provincial (St-Malo filmé comme une contrée au bout de nulle part).
Le problème du film est la superficialité des deux comédiens entourant bonnaire (irréprochable comme d’habitude) Gamblin qui en plus de ressembler a Dutronc interprète le rôle d’un peintre habité par son art en pleine crise existentielle (comment ne pas penser alors au chef-d’œuvre de Maurice Pialat même si le thème du film est tout autre).
De Caunes dans le personnage peu sympathique d’un journaliste – écrivain mondain qui se ressource au bord de la mer fait ce qu’il peut pour donner du corps a son rôle mais le résultat reste souvent peu crédible et frôle parfois le cliché.
Le choix de Valéria Bruni-Tedeschi, pourtant grande comédienne pour incarner le commissaire local chargé de l’enquête se révèle maladroit car l’actrice semble souvent détachée et joue sans véritable conviction.
Les thèmes abordés : suspicion, confiance, manipulation, délation sont traîtés assez lourdement malgré un scénario et une trâme poliçière soignés (original rebondissement avec le second meurtre inattendu).
L’ombre de Hitchcock , maître avoué de Claude Chabrol plane parfois mais sans empecher ‘Au cœur du mensonge’d’être un Chabrol mineur.

11:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/12/2004

New Order sur le toit du monde

 
 

Le destin tragique de Ian Curtis installe pour toujours Joy Division dans le petit cercle des formations mythiques .En formant New Order et surtout et en se débarrassant de la violence psychiatrique symbolisée par les albums Closer et Unknow pleasures les autres membres du groupe (Barney Summer Peter Hook et Steven Morris) vont réussir l’un des plus beaux virages de l’histoire de la pop-music.
Dès 1982 New Order compose des titres susceptibles de séduire les amateurs de disco futuriste ou d’avant- garde techno .Le premier single sera  'temptation 'et il révèle déjà ce qui deviendra la marque de fabrique du groupe : la pop mélancolique.
Viendra ensuite le légendaire Blue Monday, qui pourtant disponible uniquement en format Maxi et annoncé comme un suicide commercial sera en définitive le maxi le plus vendu de tout les temps (on le retrouvera sur l'album power ,corruption and lies)
Avec son intro incroyable, sa rythmique affolante et un son de basse synthé ce single restera comme l’un des actes fondateurs de la House.

le premier album sorti en 1982 va s'appeler 'movement ' comme pour trancher avec  le  titre du dernier album de Joy Division 'still (figé)
L’album suivant Power, corruption & lies va imposer définitivement le groupe comme les héritiers de Kraftwerk le modèle absolu du groupe (c’est d’ailleurs Ian Curtis qui fera découvrir Kraftwerk aux autres membres du groupe ).
Quelques anées plus tard New order va découvrir  le son de New- York, a l’été 1983, ils sont invités a jouer au Paradise garage (le club qui donnera naissance au mouvement musical du même nom) et ce sera immédiatement une révélation.
A partir de ce moment le groupe ne cessera de naviguer entre deux écoles, deux sons : Manchester et New- york.
A Manchester ils sont en terrain conquis et ils inaugurent bientôt ce qui va devenir la plus importante discothèque anglaise des années 80 :L’hacienda
C’est ici que vont débuter entre autres les Happy Mondays et les Stones Roses mais au-delà de l’hacienda c’est New Order qui permet l’explosion baptisée Mad-Chester et le mariage entre le rock , la pop et la dance-music..
Personne n’est donc surpris lorsque fin 1988 New order déclenche la gigantesque révolution indie-dance en enregistrant ,dans un état de défonce permanente a Ibiza l’album mythique Technique , puis en interprétant fine time en direct a l ‘émission top of the pops ,les yeux effroyablement ectasiés .
La furia est ouverte et deux ans durant l’Angleterre ne vivra plus qu’au rythme halluciné de Manchester.

 



 

Le Velvet Underground ,ma tour de babel


le Velvet
Le velvet enfin !
Alors voilà que j’ose m’attaquer a la tour de Babel du rock’n roll ? Une chronique tant de fois réfléchie, commençée puis au bout du compte abandonnée, Oui je vais oser parler du Velvet Underground.
Je ne pourrai pas avec quelques mots faire partager ni faire comprendre l ‘émotion qui fût la mienne lorsque le Velvet débarqua dans ma vie un soir au milieu des années 80.
J’adresse par ailleurs mes sinçères remerciements a Etienne Daho qui bien que baignant (malgré lui) dans la variété française, certes de qualité fût l’un des tout premiers a oser parler du Velvet mais aussi de Joy division ou encore de Jesus and mary Chain dans les interviews réalisés pour la télévision française et pour les radios.
Mais de qui donc parle t’il ? me disai-je a l’époque ? A une période ou tout artiste se revendique des beatles , des Stones ou du Zep voilà un chanteur qui parle d’artistes ignorés du grand public (celui qui achète les disques).
Découvrir coup sur coup les 3 premiers albums du velvet est un choc tant musical que culturel et c’est évidemment avec le premier fameux album dit ‘ la banane ‘ (the Velvet Underground & Nico) pierre philosophale du rock moderne que j’entrai chez le Velvet comme on entre en religion.
D’abors rappelons la célébrissime pochette d’Andy Warhol qui profita pour inscrire a jamais son nom dans l’histoire d’un rock’n roll qu’il détestait pourtant. (Il récidivera de fort briillante manière avec la non moins célèbre pochette de Stincky fingers des Rolling stones.
C’est lui également qui imposa Nico sur trois titres de légende ‘femme fatale ‘venus in furs’ I’ll be your mirror ‘et ‘All tomorrow’s parties ‘ La chanson préférée de Warhol
Parmi les autres titres de cet album citons I’ m waiting for the man et Heroin deux des plus grandes chansons de dope de tout les temps (avec le ‘stairway ‘ du Zep) ‘Black ‘s angel death song’ et ‘Européan song ‘ ou plane l’ombre et le souvenir de Delmore Schwartz le seul vrai héros de Lou Reed
Ajoutons ‘Run ,run , run’There she goes again ‘ et Sunday morning ‘ et les onze titres sont là ? Définitivement la!
Derrière le Velvet on sent presque palpable l’odeur de New york mais aussi la dope, l’acide ; le souffle d’une époque ou se télescopent Burroughs, Kenneth Anger, Gerard Malanga, la belle Eddie Sedgwick ; le Plastic inevitable explosion et la Factory. Lou Reed et John Cale qui pourtant  ne s’aimaient guère (mais il est vrai que le Lou n’aimait personne.. a part lui !) vont réussir le tour de force de fixer a jamais une ville et une ambiance unique  sur une galette de vinyl.
Les deux autres membres du groupe Maureen Tucker et Sterling Morrison vont entrer bien malgré eux dans l’histoire et resteront  toujours dans l’ombre de ces deux frères ennemis.
Pareil au fouet qui claque sur Severine ; comme l’alto crissant et furieux de John Cale le Velvet Underground vous remue ,  et vous torture  les entrailles , il vous marque au fer rouge pour laisser des marques  a jamais  dans votre esprit

voir The Velvet underground : sunday Morning (1967)

http://www.youtube.com/watch?v=SOqrIQqnE0c




 


 

Are you experienced :plus rien ne sera jamais comme avant

 

 

 

On utilise trop facilement l’adjectif révolutionnaire dans le monde musical et pourtant s’il est un disque qui mérite ce qualificatif c’est bien Are you experienced , Le premier album de Jimi Hendrix.
Ce disque est non seulement celui par lequel Hendrix dévoila ce que pourrait être l’avenir de la guitare électrique mais aussi celui qui démontre que le monde du rock alors en pleine explosion et pleine évolution allait devoir compter avec lui mais avant toute chose on peut dire que cet enregistrement aujourd’hui mythique annonce la réinvention du rock en tant que forme d’art.
Le morceau titre are you experienced  présage déjà l’arrivée des événements culturels de l’année a venir ,la chanson se développe avec une grâce majestueuse tandis  que les paroles sont chantées d’une voix quasi prophétique.
On mesure rapidement l’étendue du talent de l’Experience notamment en raison de la diversité des morceaux, on navigue dans cet album de la douce balade (the wind cries Mary /Can you see me ?)a  l’extrême distorsion (Manic dépression/Foxy lady).
L'album   va obtenir un enorme succes et se vendre a plus de quatre millions d'exemplaires , produit par Chas Chandler il contient des  chansons qui vont devenir  des titres emblématiques du groupe a commencer par " Hey Joe" (une reprise mais que Jimi hendrix réinvente et s'appoprie avec tant de talent que la chanson est devenue sienne)sans oublier  "purple haze " ou encore fire. L’influence d’un tel chef-d’œuvre n’est pas mesurable aujourd’hui mais on peut sans aucun doute affirmer qu’ après are you experienced  plus rien ne sera plus tout a fait comme avant.

ecoutez 'the wind cries mary'

podcast

 




 

Le roi lézard fait ce qu'il veut



Nous sommes en Décembre 1968 ; le 13 pour être tout a fait précis et la scène se déroule dans une salle de concert de Los Angeles : Le Forum .
C’est le grand retour pour Jim Morrison et les Doors dans leur ville depuis leur mémorable concert de l’Hollywood Bowl le 5 Juillet .
Le groupe est en train d’enregistrer les premières chansons de leur prochain album mais depuis quelques mois Jim Morrison est devenu incontrôlable déjà miné par l’alcool et une ahurissante quantité de drogues diverses et ses proches savent qu’a chaque représentation il faut s’attendre au pire ou espérer le meilleur.
Les conflits au sein du groupe sont un problème quotidien mais n’y accorde aucune espèce d’importance il est seul , tout seul sur sa planète et sa lente spirale narcotique et alcoolique l’emporte chaque jour davantage plus loin des autres mais cependant ce 13 décembre il va se passer quelque chose d’unique et d’inouï . Le concert très médiatisé (flashs TV , affiches placardées dans tout L.A ) est archi- complet et l’attente est immense.
Le public ignora toute la première partie bavardant pendant qu’un musicien invité par Ray Manzanek tentait de jouer son répertoire folk . Il siffla copieusement Jerry Lee Lewis n’accordant aucun respect pour le killer du rock’n roll .Tout le monde réclamait les Doorsmais surtout on attendait Morrison le sulfureux ; celui qui déclenchait des émeutes , le roi lézard qui faisait souffler un vent de folie , défonçé au point de basculer hors de la scène ,oubliant les paroles et poussant des hurlements a la place , planant si haut qu’on s’attendait a le voir s’écrouler pour ne plus se relever .Du spectacle ,du jamais vu ; un truc dingue !
Dès son entrée sur la scène du Forum le public en choeur réclama en hurlant ‘ Light my fire’ ; on jeta des bouteilles vides et des pétards allumés sur Jim le manquant de peu Morrison s’avança au bord de la fosse puis  la musique  cessa brusquement « Hé Mec ! » dit-il à la foule a travers les 32 amplis « Arrête de foutre ta merde et ferme ta gueule ! ».Murmures et rires étouffés dans l’assistance
« Qu’est ce t’attends Mec ? .Pourquoi t’es là ce soir ? ». Pas de réponse
« On peut jouer toute la nuit mais ce n’est pas vraiment ce que tu veut non, ? ,tu veux autre chose ,quelque chose de plus ; plus grandiose que ce que tu as jamais vu ;n’est ce pas ? » La foule hurla .
« Eh bien va te faire foutre ! Nous on est venu pour jouer de la musique » et aussitôt  le groupe se mit a entamer la célébration du lézard. L’introduction sinistre et lente pourrait inciter les détracteurs a s’exprimer mais personne ne dit rien .Les musiciens entamèrent la chanson devant un public attentif et en firent une exécution parfaite ou chaque mot souligné devint comme imprégné d’une passion nouvelle . Jim ne dansa pas , il ne cria pas , la chanson dura quarante minutes et quand elle prit fin le public resta immobile , pas d’ovation , presque pas d’applaudissements . les Doors ne saluèrent pas et ne firent aucun signe d’adieu , ils quittèrent la scène et regagnèrent leur loge.
La foule restait assise immobile , abasourdie et assommée . Les lumières se rallumèrent et le public abasourdi se dispersa dans la nuit noire et froide de Los Angeles.

Chambre 1742 - hotel Queen Elizabeth -Montreal 1969

En décidant de s’enfermer pendant sept jours et sept nuits dans une chambre d’hôtel canadienne, John Lennon & Yoko Ono entraient malgré eux dans l’histoire. Ce bed-in improvisé mais surtout très médiatisé par les radios et télévisions de l ‘époque va donc s’inscrire dans les grands événements politiques de cette période instable de la société américaine.
Très impliquée et se sentant très concernée par le conflit vietnamien la jeunesse américaine s’engouffre dans la philosophie hippie alors a son apogée après le ‘ summer of love ‘de San Fransisco et surtout le concert de Woodstock.
Auto-proclamé porte –parole de la paix dans le monde l’ex-Beatles va durant une semaine recevoir leaders syndicaux, hommes politiques, chroniqueurs télés et radios et il va intervenir en direct au milieu des événements de l’université de Berkeley.

John Lennon accompagné de Yoko Ono (et de leur petite Kyoko) se permettent le culot de répondre aux interviews, couchés, vêtus de pyjamas ou d’une tunique blanche.
C’est un John Lennon christique, barbu et squelettique (on connaît son accoutumance a dame Héroïne) que le monde entier découvre dans les reportages et photographies consacrés a ce bed-in .
Comme un grand adolescent un peu benêt il va tenter de faire passer son message de paix et d’amour avec plus ou moins de réussite face a des interlocuteurs Pas toujours acquis à sa cause.
On se souviendra des images d’un Lennon hilare faisant le signe de paix avec ses pieds devant la caméra, de Kyoko lançant des pétales de fleurs aux invités et journalistes, des paroles chocs de John à un journaliste canadien très agressif je suis une rock-star droguée et pervertie.
Enfin et surtout l’inoubliable improvisation de Lennon qui interprète ce qui va devenir l’un des plus grands hymnes de paix ' Give peace a chance'. Dans une ambiance de fête Lennon a la guitare assis sur le lit Yoko a ses côtés et toute la chambrée qui tape dans les mains chantant a l’unisson .Au pied du lit par terre, torse nu et queue de cheval, le visage empli d’ une joie évidente qui frise la béatitude on aperçoit timothy Leary, le pape du L.S.D en personne et on peut dire aujourd’hui que ce qui s’est passé ce 1er juin 1969 dans cette chambre d’hôtel fût magique et fait désormais partie de l’histoire de la pop-music.
Bien entendu tout cela n’a pas servi a grand chose et les hommes politiques ainsi que les militaires ne vont pas en aucun cas donner une chance a la paix, mais le souvenir de John et Yoko visiblement très amoureux l’un de l’autre et porteurs d’un message de paix et d’union universelle reste d’une sincérité troublante.
Lennon se rappellera de cette expérience enrichissante quelques années plus tard et composera Imagine la chanson ultime de l’amour et de la paix sur terre.

voir la video give peace a chance


http://www.youtube.com/watch?v=I-NRriHlLUk






 

 

La mort solitaire de Janis Joplin

 

Dans les années 70 l’héroïne est beaucoup plus populaire que sa petite sœur : la cocaïne.
Dans les cas de décès par overdose le médecin légiste conclut souvent à une surdose ; voire a l’utilisation d’une poudre de mauvaise qualité.
La mort de Janis Joplin survenue le 4 octobre 1970 à l’hôtel Landmark de Los Angeles reste cependant assez troublante.
La police locale dépêchée sur les lieux a inspectée avec minutie la chambre de la chanteuse sans y trouver la moindre trace de drogue, certes on retrouve une seringue vide près de l’armoire mais pas le moindre petit gramme d’héroïne mais quand W.Noguchi, médecin légiste arrive dans la chambre 301 ; il trouve immédiatement un petit sachet rouge contenant cinq grammes d’héroïne.


Après enquête et analyse du corps la conclusion ne surprend personne : Janis s’est effectivement shootée a l’héroïne, toutefois elle ne s’est pas injectée une dose supérieure qu’a l’accoutumée et selon l’étude de ses veines l’ex chanteuse du Big brother se serait piquée déjà une bonne centaine de fois alors pourquoi ce 4 Octobre 1970 ce geste lui sera t’il fatal ?.


La réponse viendra de l’analyse du petit sachet rouge trouvé par Noguchi dans la chambre d’hôtel.

Il convient de savoir qu’une dose classique contient environ 3% d’héroïne pure ; le reste se compose (selon le dealer) de lactose, de quinine, de cocaïne, de P.C.P  (appellé également Angel dust ) et de talc , cette substance étant très dangereuse car comme tous les dérivés de l’amiante, le talc reste collé aux poumons.
Le sachet trouvé ce jour-là chambre 301 s’avère être, après étude scientifique une véritable bombe car son analyse fait apparaître 35% d’héroïne pure soit dix fois la dose que Janis avait pour habitude de s’injecter.
Pour terminer cet épisode navrant de l’histoire de la pop-music il faut remarquer qu’un tel drame ne serait sûrement pas arrivé si Janis avait été mieux entourée ,en effet, les relations entre la big-mama du rock et son groupe The Fult Tilt Boogie-band se limitait a des rapports professionnels et il est certain que si elle avait été en compagnie de son précédent groupe the Big Holdind Compagny jamais ces musiciens plus  proches d 'elle ne l’aurait laissée seule pour se shooter et surtout  ils ne l’aurait sûrement pas laissée overdoser sans appeler les secours mais ce jour la les jeunes canadiens du Boogie-band ne se sont rendus compte de rien et ont prévenu les secours plus d’une heure après le coma de leur chanteuse.
L’album Pearl qu’elle était en train d’enregistrer et qui n’était pas terminé sera aussitôt lancé bien qu’ inachevé sur le marché afin profiter de l’impact de cette mort tragique et médiatique , il deviendra rapidement N° 1 des Charts.
Cet album testament contient l’une des plus belles chansons de Janis Joplin  me and bobby Mc Gee' une reprise de Kris Kristofersson ,belle a pleurer que la grande Janis immortalise ici pour l’éternité.

16/12/2004

Le déclic de la gainsbourg-mania


Nous sommes a Strasbourg en 1979 plus de vingt après Le poinçonneur des Lilas dix ans après je t’aime moi, non plus, la nouvelle bombe Gainsbourg explose, rien de moins que l’hymne national adaptée version reggae ;
Chuchotée en talk - over par la voix tabagique de Gainsbourg et accompagnée par des chœurs féminins lançant le refrain "aux armes et cætera".
C’est immédiatement le scandale .La presse se déchaîne, le public est choqué, on crie au racisme.
Le point culminant de cette affaire se déroulera a Strasbourg, les parachutistes ont envahis la salle de concert et menacent d’expulser le chanteur .C’est peut-être ce jour-là que Gainsbourg déclenche la Gainsbourg-mania qui ne cessera de prendre de l’ampleur jusqu'à sa mort.
A Strasbourg Serge ne craint pas le face à face; il se présente seul sur le devant de la scène, il y a de l’électricité dans l’air.


Le poing levé; il entonne a capella le premier couplet de la Marseillaise.
Comme un seul homme les paras se lèvent et se mettent au garde a vous devant le chanteur, le public médusé ne se rend pas compte qu’il assiste a un moment historique dans l’histoire de la chanson française. C’est un retournement total de situation de la part du public puis des médias.
L’album titré Aux armes et cætera devient très vite un immense succès et après 22 ans de carrière il devient le premier disque d’or de Gainsbourg. Il sera même par la suite disque de platine.
Cette année 1980 va sceller définitivement l’assisse absolue de son auteur dans tous les domaines artistiques et si Gainsbourg se reconnaît dans la jeunesse, celle ci a trouvé son mentor La Gainsbourg-Mania peut maintenant éclater.

Pour enfoncer davantage le clou et renforcer la polemique Serge Gainsbourg va quelque temps plus tard acquérir lors d'une vente aux enchères le manuscrit original de 'la marseillaise ' 

Ecoutez Serge Gainsbourg a Strasbourg'
podcast