27/03/2016
Fondation Jean Dubuffet - Perigny sur Yerres (Val de Marne)
Nous sommes en pleine campagne quelque part dans le Val de Marne ,nous avons quitté la route principale du côté de Villecresnes pour tourner a droite sur une petite départementale et après avoir traversé un charmant petit village nous voici en pleine campagne a Perigny sur Yerres
Le village est surprenant de quiétude et le panneau indiquant la direction de la fondation Dubuffet est très facile a trouver.
Soudain alors que l'on s'approche du bord de l'eau La Closerie Falbala nous apparaît bloc lumineux et clair dans toute sa blancheur , énorme bloc monolithique planté au milieu de toute la verdure environnante
Cette colossale œuvre artistique bâtie entre 1967 et 1973 d'une surface de 1600M² est figée ici par l'artiste pour l'éternité.
la Closerie protège la Villa Falbala œuvre onirique du peintre réalisée de 1971 à 1973.
La Villa Falbala, construite en résine stratifiée sur une charpente métallique, comporte une antichambre conduisant au cabinet logologique, lieu de méditation conçu entre 1967 et 1969 par l'artiste et composé de 24 panneaux disposés en rectangle, sculptés et couverts d'écritures rouge, bleue et noire.
Elle est entourée d'un jardin sculpté, la Closerie, destiné à isoler la villa ; les murs de la Closerie sont entièrement revêtus de peinture polyuréthane blanche,

le cabinet logologique

on admirera également dans le jardin de la fondation l'arbre Biplan l'une des premières œuvres monumentales de Dubuffet construite en 1969.

C'est également a Périgny sur Yerres que l'on trouve un atelier jadis occupé par Jean Tinguely artiste français célèbre notamment pour ses mobiles mais qui fût également le compagnon de Nikki de St-Phalle avec laquelle il collabora pour de nombreux projets (l'exemple le plus représentatif reste la Fontaine Stravisky a Paris)
C'est la raison pour laquelle on peut admirer dans le jardin de l'atelier qu'ils occupèrent durant de nombreuses années des oeuvres magnifiques a l'image de cette splendide fontaine
Fontaine de Nikki de St Phalle ( Jardin a coté de la fondation Dubuffet)
Sculptures de Nikki De St Phalle ( Jardin a coté de la fondation Dubuffet)
Clin d'oeil a César ami et admirateur du couple avec ce pouce réplique miniature du Pouce érigée sur le parvis de la Défense a Paris (je ne sais si cette sculpture est l'œuvre de César lui même ou de l'un des deux artistes cités plus haut)
Le pouce de César

14:05 Publié dans arts, Culture | Lien permanent | Commentaires (0)
26/03/2016
Ken Kesey (1935- 2011) et le L.S.D

Nous sommes en 1965 et le LSD a deux papes timothy Leary et Ken kesey
le premier prononce des conférences dans les grandes villes américaines et les universités et donne également des interviews il est éditeur de la psychedelic review et écrit des livres. Il se veut respectable et rassurant en tentant de convaincre une Amérique bien pensante sur les bienfaits du LSD
Dans sa propriété de Milbrook sur la côte est on est plutôt mystique , silencieux et réfléchi.
Ken Kesey lui est tout le contraire il est exubérant , irrévérencieux , sans tabous ;il organise des soirées totalement inouïes ,il aime le rock tonitruant ,les couleurs vives ,la confusion et le chaos.
Leary est universitaire , chercheur a Harvard et éminent psychologue ,tandis que Kesey n’est a l’origine qu’un grand braillard élevé a la campagne dans l’Oregon ;il ressemble plus a un boxeur qu’a un scientifique
il a traîné longtemps du coté de Hollywood espérant devenir acteur puis alors qu’il loge dans un petit appartement de la Stanford university il décide de suivre des cours d’écriture créatrice et accepte d’être volontaire pour 75 dollars par jour pour expérimenter des drogues étranges dites psycho mimétiques (car entraînant des états temporaires proches de la psychose).
A l’hôpital psychiatrique de la région pendant des jours il va ingurgiter LSD, .Psilocybine ; mescaline, peyotl, Ditran , graines de volubilis.
Durant toute cette période des médecins analysent, notent jour après jour tout les résultats des tests, bientôt Kesey est embauché comme infirmier de nuit dans ce même hôpital, il est sous acide en permanence et c’est de cette expérience terrifiante qu’il s’inspirera pour écrire Vol au dessus d’un nid de coucou ; le livre le plus violent, le plus cinglant sur l’univers concentrationnaire des asiles de psychiatrie.
Le roman entièrement écrit sous acide devient un best-seller mais Kesey qui n’a pas repris contact avec la réalité quitte la civilisation pour s’installer en foret dans l’oregon avec sa femme Faye et ses deux enfants, entouré de quelques proches il mène une véritable vie d’ermite, écoute de la musique rock et jazz d’avant-garde (ornette Coleman).
La communauté s’agrandit bientôt au hasard des soirées improvisées organisées par Kesey qui au cours d’un trip trouve un nom a sa tribu the intrepid traveler and the merry pranksters ce qui signifie le voyageur intrepide et les joyeux mystificateurs
Ensemble ils vont acheter un vieil autocar des années 30 qu’ils vont repeindre et équipé en maison roulante avec couchettes , évier , toilettes , frigo des hauts parleurs hurlent la musique tant a l’intérieur qu’a l’extérieur du véhicule ,des caméras filment tout et des micros enregistrent tout ce qui se passe et les Merry Pranksters s’entassent dans cette maison sur roues et partent a travers le pays pendant plusieurs mois.
Dans le bus c’est une ambiance démente ; la bande a Kesey dort tout les trois jours, des quantités d’acide astronomiques sont ingurgités, des kilomètres de pellicule enregistrent tous les événements du périple
Pour les Merry pranksters cette aventure est une sorte de quête de la sagesse et il convient de rappeler que le LSD n'était pas encore déclaré illégal (il le sera a partir du 6 octobre 1966)
Le groupe qui recevra même la visite des Beatles et des célèbres Hell’s angels et participera aux ‘trips festivals et a la première convention nationale de l’underground le tout sous une surveillance permanente du F.B.I

De retour dans leur repère Kesey visionne le film qui dure 45 heures et demande a Tom Wolfe célèbre journaliste américain s’écrire un livre d’après les images le livre va s’appeler the electric kool-aid acid test.
Beaucoup penseront a la lecture du bouquin de Wolfe que ce dernier faisait partie du voyage il n’en était rien Wolfe n’ayant même jamais pris le moindre acide, il a pourtant avec précision su rendre l’ambiance de folie et de chaos de la bande a Kesey
on aurait dit une locomotive a une quinzaine de kilomètres de distance ;les hell’s angels en formation de course dévalaient la montagne sur leurs Harley davidson 74 ils enfilaient les virages de la route 84 ,ralentissaient ,fonçaient a nouveau et le bruit de locomotive s’amplifiait au point qu’on n’entendait plus Bob Dylan dans les hauts parleursles voila au dernier tournant les Hell’s avec leurs motos ;leurs barbes ,leurs cheveux longs ,leurs blousons de rebut sans manches ornés de têtes de mort le tout avec un air royalement dégueulasse
Personne ne les avaient jamais invités nulle part tout du moins pas en bande les hells qui voyaient toujours tout en noir se méfiait des qu’une situation nouvelle se présentait mais cette fois ils tombèrent de haut tout le monde était tellement défoncé qu’on se dissolvait pratiquement sur place ;les Pranksters avait plus d’un million de doses de LSD la drogue favorite des Hells et ...........des quantités inépuisables de bière .
Tom Wolfe acid test 1968 (extrait)
![]()
14:28 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
24/03/2016
The Stooges : (The Stooges - 1969)
Ce disque est une pure folie, un cataclysme rock extrême, un rouleau compresseur qui dévaste et emporte tout sur son passage.
C'est tout à la fois le premier disque de heavy metal, le premier disque de glam-rock, et le premier disque punk.
Enregistré en 1969 en seulement 48 heures, il a conservé 47 ans après (excusez du peu !), toute sa puissance.
La basse monstrueuse de l'incontrôlable Dave Alexander (décédé en 1975) est inouie et la guitare impitoyable de Ron Asheton (décédé en 2009) nous colle véritablement au mur, de son côté Iggy Pop survolté , déchainé , habité éructe les titres emblématiques de ce premier album foudroyant ("1969", "No Fun", "I Wanna Be Your Dog", "Real Cool Time", ).
La production de John Cale eeest énorme , le son est terrifiant (inspiré dit-on, des usines automobiles de Detroit).
Contrairement à leurs frères d'armes le MC5, qui politise ses textes et cherche à faire passer des messages, les Stooges eux , ne revendiquent rien ; ils hurlent leur mal de vivre et leur ennui à la face du monde désenchantée qui vient a peine de réaliser que le "flower power " est bien fini
Les Stooges sont dépravés, extrêmes et dégénérés ; ils sont le cauchemar des familles américaines, comme peut l'être Marylin Manson aujourd'hui, et dans lequel les kids américains se reconnaissent.
Sur scène, Iggy Pop se révèle être une véritable tornade d'énergie pure, repoussant sans cesse les limites.
Leur carrière sera courte, et ils se saborderont tout seuls comme on pouvait s'y attendre (en 1974 ) avant contre toute attente de réussir un come back inespéré et plutôt réussi une trentaine d'années plus tard ( 2003)
Ce premier album appartient depuis longtemps a la légende il est incontestablement un chef-d'oeuvre intégral et universel.
The Stooges : real cool time
10:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
Drugstore cow boys ( Gus Van Sant 1989)

Gus Van Sant est un réalisateur bien a part ,il a su en effet devenir un metteur en scene essentiel du cinéma contemporain tout en conservant son étiquette indépendante et underground.
De My Own private Idaho (1992) a Even cowgirls get the blues(1993) en passant par Prête a tout (il avait offert a Nicole Kidman son premier role principal qui lui rapportera le golden globe de la meilleure actrice en 1996) jusqu'a Will hunting qui révela Matt Damon (2000) sans oublier Elephant (palme d'or 2003) et Last Days (2005) tous ses films portent une griffe tres personnelle et reconnaissable.
Drugstore Cow boy que le public avait boudé lors de sa sortie avant de l'éléver au rang de film-culte d'une génération est a mon sens son chef d'oeuvre.
Porté par un exceptionnel Matt Dillon qui trouve ici son plus beau rôle depuis le cultissime Rusty James de Francis Ford Coppola et par Kelly Lynch magnétique et bouleversante de désenchantement.
Le quatuor de ce road movie est complété par James Legros gros ours pataud au regard triste plus bête que méchant et par Heather Graham ,pauvre petite fille perdue qui suit le trio plus par ennui que pour toute autre raison .
Dans ce road movie sur toile de fond d'une Amerique post 68 nos quatre anti-heros sont livrés a eux memes dans une recherche permanente et quotidienne de drogue cette quête représentant l unique la seule chose qui ait de l'importance a leurs yeux , on pense forcement a un autre chef d'oeuvre underground réalisé quelques années plus tôt a savoir le mythique Easy Rider .
Cerise sur le gateau , Gus Van Sant s'est offert pour un role inoubliable de curé junkie et repenti une légendaire figure de la contre culture américaine en la personne de William.S.Burroughs qui donne avec sa personnalité unique ,sa dégaine décharnée et sa voix identifiable entre mille une force indéniable au sujet principal du film qui reste la drogue et ses errances car Drugstore cow boy parle de drogue , sans voyeurisme , sans concession sans porter de jugement ni condamner , sans en faire la moindre apologie mais simplement en traitant ce fléau social avec justesse et réalisme.
02:23 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
Histoire d'une photo 'The Butcher's cover (1966)
Comment les Beatles ,en apparence le groupe de rock le plus "propret" de la planète s’est-il retrouvé à faire cette photo d’un goût douteux pour la pochette de l album yesterday and today ?
La réponse, la voici…
En 1966, Bob Whitaker un photographe américain leur propose de réaliser une photo originale à l’opposé des clichés habituels
Les Beatles acceptent, la photo est mise en boîte et tout le monde est content… mais pas pour très longtemps.
Très vite, alors que ce n’était pas prévu, la photo est utilisée pour illustrer 'Yesterday & today ' un EP destiné au marché américain
Les ennuis ne font que commencer…Les ligues puritaines américaines sont choquées et exigent le retrait des 750.000 copies du disque. Capitol s’éxécute. Les galettes sont rapatriées et une nouvelle photo est collée sur l’ancienne .rapidement le disque retourne dans les bacs. Finie la boucherie et les poupées désarticulées les Beatles posent cette fois-ci très sagement autour de malles de voyages
la pochette retirée a fait évidemment de cet EP un collector absolu et ce qui au départ n'était qu'une séance photo un peu 'underground' a donc causé de gros soucis au groupe et a la maison de disques .
Interrogé sur ce sujet Paul Mc Cartney déclarait "On avait fait quelques séances avec Bob avant celle là et il connaissait nos personnalités : il savait qu’on aimait l’humour noir et les blagues malsaines. C’était l’un de nos traits de caractère dominants à l’époque.
Bob Whitaker a dit : « j’ai une idée : enfilez ces blouses blanches de laborantin. ». Ça ne nous a pas paru bien méchant, ce n’était que des poupées et de la viande. Je ne sais pas vraiment ce qu’il essayait d’exprimer, mais ça paraissait un peu plus original que ce que les autres nous avaient fait faire. la suite vous la connaissez . Capitol a refusé la pochette"
Inutile de préciser que ce vinyle est devenu un " collector' absolu que les fans des Beatles toutes générations confondues cherchent a acquérir en vain .
Sa cotation est aujourd'hui astronomique. Enfin pour ce qui est du contenu de ce disque celèbre on est la aussi dans de l'exceptionnel jugez par vous même.
track-list
The Beatles - doctor Robert
02:07 Publié dans Culture, divers, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the beatles, yesterday and today, bob whitaker
22/03/2016
Anita , Anita !
'
Life " la Biographie de Keith Richards parue a la fin de l'année 2010 s'avère bien évidemment passionnante mais surtout croustillante en matière de confidences que le guitariste des Stones distille parfois sur le ton de l'humour , d'autres fois sur un ton plus acide ou plus acéré . Règlements de comptes ou simples mises au points a chacun son intréprétation .
Personne ne s'étonnera de la quantité d'individus bizarres et déglingués qui gravitent chapitre après chapitre autour de la planète Rolling Stones en général et de l'ami 'Keith ' en particulier
La vie amoureuse et pour le moins tumultueuse du guitariste n'échappe bien évidemment pas a cette règle
Anita Pallenberg fut la compagne de Keith de 1967 a 1980 , cette beauté fatale dans la ligne droite de Marianne Faithfull ou de Nico tient dans cette biographie une part pour le moins importante voire essentielle. Née en Italie en 1944 Anita Fut , avant de partager la vie de Keith la 'fiancée ' de Brian Jones on lui prête aussi une aventure avec Mick Jagger (elle fût la partenaire de Mick dans le film 'underground ' de Nicholas Roeg 'performance ' en 1970 ). La plantureuse Anita fut aussi de la distribution du célèbre 'Barbarella ' de Roger Vadim en 1968 ( elle y interprétait l'inquiétante 'reine noire ' au côté de la belle Jane Fonda).
Elle fût également l'épouse de Michel Piccoli dans l'excellent 'Dillinger est mort " de marco Ferreri en 1968
Anita Pallenberg fût durant 13 années totalement associée a Keith Richards , elle lui donnât 3 enfants. Un fils, Marlon , né en 1969, ; une fille, Dandelion, née en 1972, et un autre fils, Tara né en 1976 malheureusement décédé de complications de santé peu après sa naissance , elle partageât non seulement l'univers des Stones mais aussi le mode de vie décalé , décadent et marginal de Keith s'abîmant a ses cotés dans la spirale de l'héroïne
La rupture de Richards et Pallenberg fut une conséquence de leurs addictions respectives, elle s'établît à Toronto en 1977 lorsqu'ils furent tous deux menacés d'emprisonnement par la justice canadienne. Le point de non-retour dans leur relation est finalement atteint en 1979 lorsqu'un adolescent de 17 ans, Scott Cantrell, fut retrouvé mort dans leur résidence de South Salem après s'être tiré une balle dans la tête dans le lit de Keith
Tout comme Keith ,Anita peut être considérée comme une survivante , une rescapée d'une époque d'excès en tout genres , des excès qui ont bâtis la légende" sex , drugs & rock'n roll "mais qui ont laissés évidemment beaucoup de victimes sur le carreau.
Je vous invite a lire de toute urgence cette biographie de Keith Richards ou le guitariste se livre sans retenue , autour de lui dans l'ombre ou dans la lumière gravitent des hommes et des femmes , des héros et des ' losers'
En tête de toute cette clique , entre musiciens géniaux ou ratés, producteurs , comédiens et mondains de tout poils , entre parasites camés et " groupies " Anita se taille une place importante
Elle est toute a la fois ange gardien ou ange maudit de l'axe Stones - Richards son importance (positive ou négative ou bien les deux) dans la carrière du groupe n'est bien évidemment plus a prouver .Le point culminant de l 'axe Pallenberg- Richards -Stones se situant très certainement durant la période de l 'enregistrement de l 'album ' exile on main street' en 1972 .
Au printemps de cette année la , poursuivis par le fisc ; grugés par leur financier-, les Rolling Stones émigrent en France, .Keith Richards choisit de louer la grande villa Nellcôte, à Villefranche-sur-Mer, où il s'installe avec sa compagne, Anita Pallenberg, et leur fils Marlon .

Bien vite, la maison devient le lieu de ralliement des autres membres du groupe et de musiciens de différents horizons qui vont travailler dans le sous-sol.
Bien vite aussi, amis et intrus investissent la propriété et l'endroit devient une micro société décadente , un 'no man's land musical d'où, au final, émergera, sous forme d un double album, Exile on Main Street, sans doute l'œuvre la plus créative des Rolling Stones .
Le photographe Dominique Tarlé présent aux cotés du groupe durant 6 mois évoque largement Anita Pallenberg en la définissant comme une véritable guerrière. Sans elle, l'épisode Nellcôte aurait pu devenir l'enfer sur Terre et vraisemblablement il n'y aurait pas eu d'album ».
Retrouvez Anita Pallenberg sur l' article consacré au livre Egéries sixties de Fabrice Gaignault (Fayard 2006)
http://jimboland.hautetfort.com/archive/2007/03/28/egerie...
14:00 Publié dans cinéma, Culture, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
21/03/2016
histoire d une photo - Lou Reed et Laurie Anderson
Une fois n est pas coutume je poste cette fois un texte dont je n ai pas écrit la moindre ligne
J ai adore retrouver l interview realisee aupres de Laurie Anderson par le magazine Rolling Stones en décembre 2013 peu de temps après la disparition de Lou Reed et je voulais le faire partager a ceux qui se baladent sur ce blog
et puis la photo de ce couple hors du commun me touche énormément
Laurie Anderson Feat Lou Reed - in our sleep
J ai rencontré Lou à Munich, pas a New York.
Cétait en 1992, et nous avons été tous les invites au festival de Kristallnacht par John Zorn commémorant la Nuit de Cristal en 1938, la nuit qui a marqué le début de l'Holocauste.
Lou m'a demandé de lire quelque chose avec son groupe. Après le spectacle, Lou a dit: «Vous avez exactement lu comme moi je l aurais fais!"
Je me suis dit pourquoi a t-il besoin de moi pour faire ce qu'il aurait pu faire facilement ? je ne comprenait pas mais c était vraiment un beau compliment.
Je l'ai aime tout de suite, j étais surprise qu'il n'ait pas un accent anglais car Pour une raison idiote , je pensais que le Velvet Underground était britannique .
En fait, Lou et moi ne vivions pas loin de l'autre à New York, et après le festival Lou a suggéré de se revoir. Je crois qu'il a aimer quand j ai dit, "Oui Absolument Je suis en tournée, mais quand je reviens -! Voyons voir, environ dans quatre mois - Passons du temps ensemble"
il m'a demandé si je voulais aller à la Convention Audio Engineering Society. Je dis que je voulais de toute façon m y rendre .
La Convention AES est le plus grand et le plus grand endroit pour les geek sur tout les nouveaux équipements électroniques et nous avons passé un après-midi heureux regardant les amplis et les câbles .
Je ne savais pas ce devait être une date importante , mais nous sommes allés ensuite boire un café après cela, il a dit: «Est-ce que vous voulez voir un film?" . "Et puis après, nous avons dîne puis nous sommes partis nous balader .A partir de la nous ne nous sommes quasiment plus separes
Lou et moi avons joué de la musique ensemble, sont devenus les meilleurs amis, puis des âmes sœurs, voyagé, écouté et critiqué le travail de chacun, étudié des tas de choses ensemble (la chasse aux papillons, la méditation, le canoë -kayak). Nous avons fait des blagues ridicules; arrêté de fumer 20 fois; combattu; appris à retenir notre souffle sous l'eau; chanté l'opéra dans les ascenseurs; nous sommes devenus amis avec des gens improbables; chacun suivait l'autre en tournée quand nous pouvions, partagé une maison qui était séparée de nos chez nous respectifs; nous nous sommes protégés et aimés.
Nous allions voir beaucoup d expositions , des concerts, des pièces de théâtre
Nous avons adoré notre vie dans le West Village entoures de nos amis et dans l'ensemble, nous avons fait du mieux que nous pouvions faire.
Comme beaucoup de couples, chacun de nous a construit une stratégies et des compromis nous permettant de mieux fonctionner en duo
. Parfois, nous avons perdu un peu plus que nous étions en mesure de donner, ou renoncé a certaines choses , Parfois, nous nous sommes mis en colère mais jamais nous ne nous sommes ennuyés
. Nous avons appris à nous pardonner l un a l autre. Et en quelque sorte, pendant 21 ans, nous avons mêlés nos âmes et nos cœurs .
au printemps en 2008, lorsque je marchais sur une route en Californie et je lui dit soudainement dit au téléphone "Il y a tellement de choses que je ne l'ai pas faites et que j adorerais faire,"
"Comme quoi?" me demanda Lou
"je ne ai jamais appris l'allemand, ni jamais étudié la physique et je ne me suis jamais encore mariée."
«Pourquoi ne pas se marier?" m a t il alors demandé. «
puis sans réfléchir il ajouta marions nous demain tu veut ?
Et le lendemain, à Boulder, dans le Colorado a mi chemin de l endroit ou nous nous trouvions chacun de nous la veille encore , nous nous sommes mariés dans la cour d'un ami portant encore nos vieux vêtements du week end
Je suppose qu'il ya beaucoup de façons de se marier. Certaines personnes se marient et se connaissent à peine , aussi. Lorsque vous vous mariez avec votre meilleur ami de nombreuses années, les choses sont différentes , le temps est modifie.
pour paraphraser le grand Willie Nelson Quatre-vingt dix pour cent des personnes dans le monde finissent avec la mauvaise personne. et il sans doute raison , ce n était pas notre cas
Lou a été malade depuis déjà deux ans d'abord a cause des traitements de l'interféron, une abominable série d injections qui traite l'hépatite C avec beaucoup d'effets secondaires désagréables. Puis il a développé un cancer du foie, surmonté d un diabète bien avance
Il a appris tout ce qui concernait sa maladies et les traitements possibles . Il a continué à faire du tai chi tous les jours pendant deux heures, plus la photographie, les livres, les enregistrements, son émission de radio avec Hal Willner et bien d'autres projets. Il aimait ses amis, et il les a appelait , envoyait des textos, et des e-mails quand il ne pouvait pas être avec eux.
Nous avons essayé d'appliquer les principes que nous enseignait notre maitre bouddhiste Mingyur Rinpoché dont la philosophie etait "Vous devez apprendre a maîtriser la capacité a ressentir la tristesse tout en refusant d être triste
Au printemps dernier, à la dernière minute, il a reçu une greffe du foie, ce qui semblait fonctionner parfaitement, et il a repris presque instantanément santé et énergie.
Puis son état a recommence a décliner, et quand le docteur a dit c est fini il n y a plus d autre option , le seul que Lou a entendu était "option" ,." - Il n'a pas jamais baisse les bras jusqu'à la dernière demi-heure de sa vie, quand il a soudainement accepté l ineluctable il a demande a rentrer a la maison
- je lui sorti de l'hôpital quelques jours avant -et même si il était extrêmement faible, il a insisté pour sortir profiter de la lumière du matin.
en tant qu'adeptes de la méditation nous nous étions préparés pour cela - comment déplacer l'énergie du ventre jusqu' au cœur puis jusqu'à la tète
Je n ai jamais vu une telle expression pleine d'émerveillement que celle de Lou quand il est mort. Ses mains faisaient les 21 formes du mouvement de l eau qui coule du tai chi . Je tenais dans mes bras la personne que j'aimais le plus au monde lui parlant quand il est parti
J avais pu marcher avec lui jusqu'au bout du monde. La vie , si belle , douloureuse , éblouissante ne peut être meilleure que ca , la mort n a de sens que dans la concrétisation de l'amour.
aujourd'hui et je suis si fière de la façon dont il a vécu et dont il est mort, de sa puissance et de la grâce incroyable.
Je suis sûr qu'il va apparaitre dans mes rêves et semblera de nouveau vivant. Et je me tient la debout et abasourdie et infiniment reconnaissante et soudain de constater Combien il est étrange, excitant et miraculeux de pouvoir autant changer l autre , l aimer autant a travers nos mots , notre musique et notre vie au quotidien.
17:14 Publié dans arts, Culture, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0)


































































