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30/03/2016

Histoire d'une Photo : Belmondo -Seberg sur les Champs Elysées (1959)

 

C’est l’un des duos emblématique du cinéma français, Jean Paul  Belmondo et Jean Seberg il a 26ans elle en a 21

Le film ‘ A Bout de souffle ‘ sur une idée de  François Truffaut  sera  mis en scène par Jean Luc Godard il  sera un tournant dans le cinéma  français et deviendra le film référence d’un genre nouveau ‘la nouvelle vague ’ faisant de ses deux auteurs les ‘papes’ incontestés de la nouvelle vague

L’impact de ce film d’un genre totalement  nouveau ,résolument moderne tournant volontairement le dos au cinéma d’après guerre sera énorme

Avec ' a bout de souffle ' son  approche nouvelle et décompléxée  du cinéma ,  son montage révolutionnaire et l' utilisation d'une  méthode baptisée 'Jump-cut '(la juxtaposition de deux plans sans que la caméra ait notablement changé de position)  nous assistons  au début d'une ére nouvelle le film deviendra tres vite  une référence cinématographique  dans le monde entier et son statut de film-culte est incontestable

La photographie du film  est signée Raoul Coutard (futur photographe attitré entre autres  de Truffaut, Costa Gavras, ou encore de  Jacques Demy

Cette photo est devenue  célèbre , elle  illustre la rencontre entre Patricia (J .Seberg) la jeune étudiante qui vend le New York hérald. tribune  sur les champs Elysées et Michel (J.P Belmondo) le petit truand un peu minable, la décontraction un  peu prétentieuse de Belmondo, la fraicheur, la beauté, la candeur de Seberg , son accent irrésistible , ( ‘c’est quoi les‘ champs ’ ?) 

La photo  pourtant ne sera pas l’ œuvre de Raoul Coutard elle sera prise par Raymond Cauchetier le photographe de Plateau  ;  ne la cherchez pas dans le film car cette photo qui a fait le tour du monde a été prise hors tournage, les comédiens ont en effet rejoués la scène du film  loin de la foule et des badauds.

Pour information sachez aussi que c’est cette photo qui fut choisie pour l’affiche de l’exposition Paris fait son cinéma  (a l’école du Louvre de novembre 2005 a mai 2006)

 

Lire Sur Jimboland    'la fin tragique et mystérieuse de Jean Seberg

http://jimboland.hautetfort.com/archive/2008/05/11/la-fin...

 

 

Fuck America ( Edgar Hilsenrath 1980)

0322754_1.jpgCe Livre n est pas politiquement correct

Ce livre ne ressemble a aucun autre

Ce livre est un chef d œuvre d' humour  décalé  qui passe  du  rire  aux larmes avec une  sincérité  et  un sens  du  caustique époustouflant

Ce livre est l 'autoportrait sans  concession de  l 'auteur  lui meme  baptisé  ici Jakob Brodsky juif allemand rescapé  du ghetto et  qui débarque dans les  rues  du  new  York des  années 50

Personnage  hors  du   commun  revenu  de  tout Brodsky  est semi clochard , fainéant , obsédé  , alcoolo , crasseux  mais   débrouillard  comme  personne

Malgré cette existence minable, il nourrit un grand projet qui lui permet de ne pas devenir fou : un roman sur le ghetto pendant la guerre, un roman qu’un Juif excentrique lui suggère d’intituler " Le Branleur "

Quelque  part  entre   le  Harry Black  de  Hubert Selby Jr ( Last exit to Brooklyn) l'Ignatius  de John kennedy Toole  (la  conjuration des imbéciles) et l'Arthuro Bandini  de John Fante le personnage  hallucinant  et  halluciné  de  Brodsky  règle a la  fois  ses  comptes  avec son douloureux  passé  et  aussi  avec  une   Amérique  bien  pensante et qui avait  refusé d 'accueillir ses parents en 1938

Un Livre   a  la fois féroce  et  outrancier mais qui  sait devenir  bouleversant , un auto portrait cynique qui ne  respecte  ni  règles  ni  codes de  conduite

un "Fucking  Book"  a  lire  de  toute  urgence

 

 

 extraits  choisis

"J'ai compris qu'il ne suffit pas de survivre. Survivre n'est pas assez. J'ai aussi compris que la naissance de chaque être est en même temps sa condamnation à mort, et je me demande quel sens cela peut avoir"

 

"je passe en traînant les pieds devant la file des hommes qui pissent. Je fais gaffe de ne pas glisser sur le sol crasseux. Manquerait plus que je me brise la nuque ici , moi, Jakob Bronsky, qui ai survécu à la guerre"

 

"Ce matin-là, je n’arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j’ai pris une douche froide illico. Ça n’a servi à rien. J’ai pensé à Auschwitz. En vain"

 

"Je ne sais pas pourquoi, les jobs, ça ne marchait pas. Soit on me virait au bout de quelques heures, soit je gagnais si peu que le lendemain je n'y retournais même plus."

 

"vous écrivez un livre?"
"J'écris un livre."
"Sur la vie dans le ghetto?"
"Sur la vie dans le ghetto."
"Sur l'hécatombe?"
"Sur l'hécatombe."
"Sur le désespoir?"
"Sur le désespoir."
"Ecrivez-vous aussi sur l'espoir?"
"J'écris aussi sur l'espoir."
"Rien d'autre?"
"Rien d'autre... sauf la solitude que chacun de nous porte en lui. Moi compris."

 

 

06:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

28/03/2016

Chambre 100 -Chelsea hotel -New-York 12 octobre 1978

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A 22h50 ce soir du 12 octobre 1978 le standard du Chelsea hôtel de New- York reçoit un appel angoissé dans lequel une voix a peine compréhensible à l’accent anglais demande d’envoyer de toute urgence des secours chambre 100 , la voix inconnue dit seulement quelqu’un est gravement blessé.
Peu de temps après ; la police de Manhattan trouvera Sid Vicious prostré sur le lit tandis que ,dans la salle de bains le corps inanimé de Nancy Spungen , sa compagne gît sous le lavabo au bout d’une traînée de sang partant de ce même lit.

 

10 jours plus tard Sid est relâché sous caution. Son état est effroyable ,il vient de passer plus d’une semaine a la prison de Riker’s Island dans un état de manque permanent.
Le 22 Octobre chez sa mère, il s’enferme dans la salle de bains avec pour tous instruments un rasoir Bic et une ampoule cassée et se cisaille les veines du bras et des jambes .
Quand arrive Malcolm Mac Laren (manager des Sex Pistols) et Joe Stevens (chargé de la liberté sous caution du musicien) ils sont confrontés a un spectacle atroce ; Sid est dans un tel état qu’il ne peut contrôler sa vessie, son urine se répand sur les draps inondés de sang.


La maman de Sid respectant la volonté de mourir de son fils est restée près de lui n’intervenant pas dans cet acte de suicide désespéré.

Mac Laren donne quelques calmants a son protégé puis s’agenouille sort un petit magnétophone appuie sur record et demande : »Alors, Sid que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? ».
La macabre conférence dure une demie-heure et Sid raconte comment cette nuit-là il est parti avec 1000 dollars chercher de l’héroïne mais il lui fût impossible de trouver quoique ce soit. alors son dealer surnommé Rockets lui propose un barbiturique puissant, du Tuinol malheureusement celui ci mélangé a l’alcool ne fait qu’accentuer l’état de manque et Vicious s’en va cogner a toutes les portes du Chelsea hôtel hurlant qu’on lui trouve de la came.
Alerté par les clients, le vigile de l’hôtel après un avertissement verbal, le corrige et lui casse le nez puis Sid regagne sa chambre ou Nancy toute aussi enragée et dépitée de le voir revenir bredouille le frappe en plein visage, il se saisit alors d’un couteau et poignarde sa petite amie dans l’estomac

Nancy retire la lame enfoncée de plusieurs centimètres et ne se préoccupe pas d’appliquer le moindre pansement.
Ils s'endorment un moment puis Sid part pour la clinique (ou il suit irrégulièrement une cure de désintoxication) chercher de la méthadone.
A son retour Nancy est morte .Elle n’avait pas 21 ans.