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28/01/2006

Flaubert , encore !

Quelques lignes absolument somptueuses  extraites  de la deuxième partie de madame Bovary  ,le  chef d'oeuvre  de Flaubert  juste pour rappeller ce que grande littérature et génie littéraire signifient .

Alors on vit s'avancer sur l'estrade une vieille femme de maintien craintif et  qui paraissait se ratatiner dans ses propres vêtements.

Elle avait aux pieds de grosses galoches de bois et le long des hanches  un grand tablier bleu ,son vidage maigre entouré d'un béguin sans bordure était plus plissé q'une pomme de reinette flétrie et des manches de sa camisole rouge dépassaient deux longues mains a articulations noueuses.

La poussière des granges  ,la potasse des lessives les avaient si bien encroutées , éraillées , durçies qu'elles semblaient sales  quoiqu'elles fussent rinçées a l'eau claire  et a force d'avoir servies elles restaient entrouvertes , comme pour présenter l'humble témoignage de souffrances subies.

quelque chose d'une rigidité monacale relevait l'expression de sa figure ; rien de triste ou d'attendri n'amollissait ce regard pâle .

Dans la fréquentation des animaux elle avait pris leur mutisme et leur placidité.

C'était la première fois qu'elle se voyait au milieu d'une compagnie si nombreuse  et intérieurement éfarouchée par les drapeaux , par les tambours ,par les messieurs  en habit noir et par la croix d'honneur du conseiller elle demeurait toute immobile ne sachant s'il fallait s'avancer ou s'enfuir .

Ainsi se tenait devant ces bourgeois épanouis ce demi-siècle de servitude

 

Gustave Flaubert  : Madame Bovary (extrait )

15:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

23/01/2006

Flaubert , comme une evidence

 

 

 

 

 

 

 

 

En  relisant Madame Bovary chef d'oeuvre immortel de la littérature le génie de Gustave Flaubert m'a encore sauté aux yeux et je me suis rendu compte que la grace absolue de cet écrivain (peut -etre le plus grand de tous) réside dans le fait que chaque mot , chaque ponctuation est  parfaitement a sa place avec pourtant une économie dans leur utilisation et il  se dégage une impression  de force concentrée et d'harmonie  totale   a la lecture  de cet écrivain génial dont le talent  foudroie le lecteur .

 j'ai choisi pour illustrer ce sentiment , un extrait  tiré de la première partie de madame Bovary ,   roman sublime et intemporel

Naturellement , par nonchalance il en vient a se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites.

Une fois il manqua la visite , le lendemain son cours et  , savourant la paresse  , peu a peu , n'y retourna plus.

Il prit l'habitude du cabaret , avec la passion des dominos.

S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs  lui semblait un acte précieux de sa liberté , qui le réhaussait d'estime vis à vis de lui-même .

C'était  comme l'initiation du monde ,l'accès des plaisirs défendus et , en entrant  il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle.

Alors beaucoup de choses comprimées en lui  , se dilatèrent  ; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues , s'enthousiasmer pour Béranger , sut faire du punch et connut  enfin l'amour.

 

Gustave  Flaubert  (Madame Bovary -extrait)

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19/01/2006

Charlie's angels :les anges se déchainent (2003)

On touche le fond !

rien a sauver dans ce deuxième volet des trois anges de Charlie  et si le premier  film (Charlie et ses drôles de dames) consacré aux aventures  de Natalie (Cameron Diaz), Dylan   (Drew Barrymore ) et Alex (Lucy Liu) pouvait se vanter d'être une bonne comédie d'aventures  plutôt honnête et sans prétention  nous sommes face a ce charlie's angel  2 devant un objet cinématographique uniquement dédié aux effets speciaux numériques  a la plastique des trois filles (bien que Drew Barrymore soit un peu enrobée pour pouvoir esperer etre crédible dans la majorité  de ce qu'elle fait a l'écran) c'est aussi le pretexte pour certains comediens (John Cleese  - Demi Moore -matt Leblanc)  d'interpreter  un petit role anecdotique (et d'encaisser certainement  par la même un gros chèque).

regarder une telle ineptie nécéssite un  véritable effort car plus le film avance plus le gouffre de betise , de vulgarité ; de débilité  se creuse pour faire de Charlie's angels 2  un navet sans fond

Tout et n'importe quoi , surtout n'importe quoi (scènes de danse totalement inutiles , dialogues affligeants , costumes ridicules, personnages stéréotypés et convenus... la liste serait longue) et ni la bonne humeur ni  le sourire de Cameron Diaz ne suffisent pas a sauver ce film du naufrage total.

ce n'est même pas un film a consommer et a oublier on peut l'oublier sans même perdre son temps a le consommer.

 

12:55 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2006

Good night and good luck (Georges Clooney -2006)

C’est le petit film dont toute la critique parle (on murmure qu’il est ‘oscarisable’ ) et il est réalisé par George Clooney dont c’est le troisième film après Solaris et ‘confessions d’un homme dangereux ‘.
Clooney  a choisi de nous parler d’un douloureux sujet qui hante la mémoire de l’Amérique depuis  plus de cinquante ans :le maccarthysme .
Rappelons que le sénateur Mac Carthyest resté  tristement célèbre pour avoir entraîné les Etats-Unis dans une psychose paranoïaque sur ‘la peur des rouges ‘ ,chassant les communistes par tout les moyens (interrogatoires , encouragements a la délation).

Cette période noire de l’histoire sociale et politique américaine est restée dans toutes les mémoires sous le nom de ‘’chasse aux sorcières et toutes les catégories professionnelles et particulièrement les milieux artistiques  furent confrontées a ce climat de suspicion permanente.

Clooney  a donc choisi un sujet délicat  et il ose prendre des risques qui vont plutôt a l’encontre des critères de succès commercial  ,le personnage de Mac Carthy n’est pas interprété par un comédien et volontairement pour  en renforcer le poids nous ne verrons que des images d’archives du redoutable et fanatique sénateur aussi , forcément le film est  en noir et blanc ,un noir et blanc superbe  transcendé par une ambiance jazzy  et bercé par une musique (Dianne Reeves) de grande qualité.

C’est donc un sujet qui semblerait ne pas obtenir d’écho en France de par le caractère strictement américain des faits   et de par leur  date (les années 50) or il n’en est rien puisque le sujet est traité au regard  d'un outil qui est plus que présent dans notre quotidien :la télévision

Le personnage central du film est un présentateur TV très populaire qui anime une émission hebdomadaire baptisée ‘good Night  and good luck, ‘ ,inconnu de par chez nous il reste une icône de la défense du droit a la parole et des libertés fondamentales d'expressions  son nom :Edward Murrow  (magnifiquement et sobrement interprété a l’écran par David Straham) et c’est en utilisant la télévision qu’il va tenter de réveiller la conscience de millions d’américains endoctrinés par un système   de  désinformation .
Les collaborateurs de Murrow  , tous engagés et courageux  sont interprétés par de remarquables comédiens (Robert Downey Jrpatricia Clarckson  franck Langella ,Clooney  se réservant un petit rôle secondaire  ,celui de Fred Friendly  bras droit et confident de Murrow)
Il ne faut chercher bien loin pour comprendre qu’au dela  du  rappel de ces faits douloureux ‘good night and good luck ‘ est  une attaque a peine déguisé   contre le gouvernement en place et contre son président Georges .W.Bush.
Aidé dans la production par Steven Soderbergh , autre réalisateur lui aussi politiquement  très engagé  George Clooney réussit un film  de tout premier ordre  qui lui permet sans aucun doute d’amorcer un virage important dans sa carrière .
Imitant  un autre comédien (Clint Eastwood) qui passé derrière la caméra a réalisé d’authentiques chefs  d’œuvres Clooneypourrait se révéler comme un metteur en scène a part entière  et définitivement débarrassé de l’image play boy qu ‘il traîne avec lui depuis pas mal d’années.
Réservé toutefois a un public averti ‘good night and good luck ‘  n’est certes pas un film tout public mais  il faut saluer la volonté  artistique de George Clooney  qui sort grandi de ce projet  et sur lequel public et critiques portent désormais un regard différent

01:45 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

16/01/2006

Exposition Vienne 1900 (Klimt -Schiele-Moser-Kokoschka)

15 Janvier 2006 .Il était temps La magnifique exposition proposée par les galeries nationales du grand Palais  a Paris touche a sa fin (le 23).

cette exposition  a rencontrée un véritable  triomphe  et la file d'attente était encore impressionnante ce dimanche malgré le froid hivernal .

Parmi les quatre artistes propsés le plus connu est sans contexte Gustav Klimt(1862-1918) mais cette rétrospective de l'école de peinture viennoise  (et plus particulièrement du mouvement baptisé 'la sécession') permettait d'admirer ou et de découvrir également  Egon Schiele (1890-1918) -Koloman Moser ( 1868-1918) et Oskar Kokoschka ( 1886-1980).

Je vous propose une (petite) sélection des oeuvres exposées

 

 

 

 

 

 

 

Gustav Klimt :Danae (1907-1908)

 

 

 

 

 

 

 

Gustav Klimt :les trois âges de la femme (1905)

 

 

 

 

 

 

 

Gustav Klimt : femme avec chapeau et boa de plumes ( 1910)

 

 

 

 

 

 

 

Egon Schiele : cardinal et nonne (1912)

 

 

 

 

 

 

 

Koloman Moser : Venus dans la grotte (1914-1915)

 

 

 

 

 

 

 

Egon Schiele : quatre arbres

 

 

 

 

 

 

 

 

Oskar Kokoschka: portrait D'adolph Loos

 

 

 

 

 

 

 

 

Oskar Kokoschka  : la fiançée du vent (1914)

 

 

 

 

 

 

 

Koloman moser : autoportrait ( 1916)

 

 

 

 

 

 

 

Egon Schiele : nu assis (1910)

 

 

 

 

 

 

 

Gustav Klimt :  verger aux roses (1911-1912)

 

 

 

 

 

 

 

Egon Schiele : agonie (1912

 

 

 

 

 

 

 

 

Egon Schiele :portrait d'Edouard Kosmack (1910)

02:00 Publié dans arts | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2006

Beaumarchais l'insolent (edouard Molinaro -1995)

 

Adaptation d’une pièce de Sacha Guitry par Edouard Molinaro qu’on a connu plus inspiré (mon oncle benjamin – l’emmerdeur –la cage aux folles mais c ‘était il y a bien longtemps déjà) Beaumarchais ,l’insolent  met en scène  la tumultueuse période de la vie de Beaumarchais entre la fin du règne de louis XV et le début de celui de louis XVI.

Horloger , dramaturge ,politicien , espion , tantôt adulé des foules ,tantôt jeté en prison le personnage haut en couleurs fait partie des grandes figures de notre histoire de France.

C’est Fabrice Luchini  qui interprète le rôle de Beaumarchais et on peut dire qu’il s’en titre plutôt bien  ,avec élégance et subtilité cependant son cabotinage  est parfois  agaçant .

Autour de lui pléiade de seconds rôles (Claire NeboutManuel BlancSandrine Kiberlain)  et une multitude de grands comédiens qui honorent le film de quelques répliques (Michel SerraultJacques WeberJean Claude BrialyMichel PiccoliJean YanneMartin LamotteAlain Chabat))

Malgré toute la bonne volonté de tout ce beau monde  , malgré des décors soignés  , un scénario  et des dialogues appliqués , le film ne décolle jamais et reste d’une platitude assez ennuyeuse .

Mis a part  Luchini  , peu de comédiens arrivent a s’exprimer tant leur registre  est mince , leur présence n’étant  qu’un faire-valoir au personnage de Beaumarchais .

Claire Nebout qui interprète le personnage du fameux  chevalier d’Eon ,autre figure  de l’histoire de France est totalement  hors sujet , seul Manuel Blanc dans le rôle de Gudin de la Brennelerie  ,conseiller fidèle et dévoué de Beaumarchais  s’en sort plutôt bien.

Un film médiocre réalisé par un metteur en scène inégal qui au bout du compte ne restera pas dans les mémoires.

23:18 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)