08/01/2017
Magnolia ( Paul Thomas Anderson 1999)

Modèle de film choral ou les personnages et les histoires se croisent et se confondent "Magnolia " est , malgré sa longueur et ses 182 minutes intenses un film remarquable en tout point.
Certes , il faut s'accrocher car le cinéma vu et imaginé par Paul Thomas Anderson se mérite et peut parfois dérouter mais si on pénètre l'univers du réalisateur l'émerveillement est total
certes le sujet n' est pas de matière a se réjouir et les sujets abordés sont graves et douloureux ( la maladie , la mort, les regrets, le pardon , l'abandon, le deuil et les rendez vous manqués , ) mais on y parle aussi de suicides , de maladies incurables , de pères indignes mais aussi d'enfants prodiges, de sexe, de Télévision , d'amour et de rencontres.
Définir en quelques lignes un tel film relèverait d'un exploit dont je n'ai pas ici la prétention mais pour embarquer le spectateur dans le long voyage qu'est 'Magnolia ' il faut compter sur les comédiens incroyables qui composent les histoires de ce film incroyable
De Julianne Moore (sublime comme souvent) a Philip Seymour Hoffman (émouvant), de Tom Cruise (étonnant ) a William H Macy (bouleversant) sans oublier la révélation (pour moi) de ce grand film génial et malade Melora Walters fantastique en junkie désespérée et au bout du rouleau.
Tous ici sont les maillons d'une chaine humaine pleine de fureur et d'intensité Incarnant tour a tout les forces et de faiblesses de la condition humaine.
Portée par une jolie bande son qui mêle compositions de Jon Brion et chansons diverses ( Aimée Mann, Supertramp , Gabrielle) 'Magnolia ' Nous réserve , outre les prestations impeccables d'acteurs habités de purs moments visuels d'une force et d'un lyrisme foudroyant (la pluie de grenouilles) et des faces a faces d'une grande force émotionnelle , l'interview de Franck Mc kay (Tom Cruise) par la journaliste ,la rencontre entre le policier timide ( John C Reilly ) dans l'appartement refuge de Claudia (Melora Walters) ou encore le face a face desepéré de Linda ( Julianne Moore ) avec son vieux mari mourrant (jason Robards) en sont de plus bouleversants exemples parmi d'autres.
Pour toutes ces multiples raisons et pour plein d'autres qui vous appartiendront Magnolia s'impose avec force comme un film majeur du cinéma US et comme un grand film sur le hasard et la destinée .
11:24 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
07/01/2017
Love Song (Philippe Djian )

Je ne me l 'explique pas mais le fil semble être rompu entre Djian et Moi
cet écrivain que j'ai aimé , que j'ai adoré ne me procure plus les sensations et les émotions du lecteur assidu de ses bouquins que j 'ai longtemps été.
Les signes avant- coureurs de mon désintérêt progressif ont commencés au seuil des années 2000 avec 'vers les blancs ' puis avec ' Incidences 'ces deux ouvrages n 'ayant rien en commun en terme d'impact que ceux qui m'avaient envoutés dans les années 80-90.
J 'ai découvert Djian avec ' Echine ' ' Lent dehors ' ' Crocodiles ' 'zone érogène ' maudit manège' ' Sotos ' et bien sur ' 37°2 , le matin et sa formidable adaption par Jean -Jacques Beineix
Non seulement je pénétrais un univers littéraire qui m'ensorcelait et me parlait mais Djian m'ouvrait vers des horizons nouveaux , c'est par lui (au travers des préfaces, des entretiens , des interviews) que je découvrais Richard Brautigan , John Fante , C'est lui qui me ramenait aussi vers Charles Bukowski que j'avais tres peu (trop peu) lu bref Djian était a mes yeux un auteur contemporain Français qui comptait dans ma vie culturelle et dont l'œuvre m 'enchantait véritablement .
Love Song donc , un bien joli titre de bouquin avec un sujet et des personnages qui me laissaient entrevoir qu'entre lui et moi ca pouvait a nouveau fonctionner mais malheureusement entre nous a l'image de Daniel et Rachel le couple de 'love song ', les choses se sont désintégrées et la magie n'opère plus
j 'ai donc subit ( a défaut d'apprécier ) la lecture de ce roman , évidemment j 'aurais tellement aimé qu'il en soit autrement , mais rien au fil des pages n 'a rallumé la flamme.
Sans doute je m'attendais un peu trop a retrouver la plume acide et très rock 'n roll de mon Djian passé ce n'est assurément pas le cas ici ou du personnage central de Daniel aux autres protagonistes décalés de ce livre triste et plat rien dans 'love song ' ne m'a ému ni même sensibilisé
Même le milieu de la musique que Philippe Djian pourtant connaît plutôt bien (ses références musicales de Dylan a Leonard Cohen sont irréprochables et on connaît la valeur de sa collaboration depuis des années avec Stephan Eicher ), est décrit ici avec une fadeur qui jamais ne nous passionne.
Ou sont passées les fulgurances , qu'est devenu le ton acéré d'écriture du plus americain de nos auteurs Français ? J'ai clairement passé la lecture de ce roman a me le demander
trop exigeant.....sans doute mais nous le sommes toujours davantage avec ceux qu'on aime ou qu'on a aimé.
10:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
05/01/2017
Merci Patron! ( Francois Ruffin 2016)

Arnault ton Univers impitoyable!
Ainsi pourrait -on sous titrer cet hallucinant documentaire passionnant et a voir absolument
il en résulte un constat sinistre et édifiant quant a notre monde moderne et ses dérives financières sans limites ni contrôles
Jamais larmoyant ni pleurnichard ce documentaire réalisé et conduit de main de maitre par François Ruffin (Robin des Bois moderne avec le cynisme en plus) nous donne tantôt envie de rire tantôt envie de vomir et s'il ne résoudra évidemment pas les dérives scandaleuses de notre société actuelle il a au moins le mérite et le courage de ne pas prendre de gant et de mettre les pieds dans le plat
Pour une fois que" le pot de terre gagne contre le pot de fer " ce n'est pas si souvent donc Bravo et Ruffin et Bravo a la famille Klur qui nous offre a sa manière une grande leçon de modestie de courage et d'humour.
a voir absolument
15:33 Publié dans cinéma, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
02/01/2017
Sign O the times ( Prince 1987)

On aura tout dit, tout écrit sur Roger Nelson Alias Prince , disparu brutalement en 2016
une chose ne peut être remise en question il est certainement l'un des artistes "blacks" les plus doués de toute l'histoire de la musique avec,entre autres John Coltrane , Miles Davis , Jimi Hendrix Stevie Wonder , James Brown Ray Charles ,ou encore Michael Jackson
.Ce n’est pas un hasard si j’ai cité ces noms d’artistes « blacks » car le génie de Minneapolis est en fait un savant mélange de tous ces artistes d'exception, une synthèse a lui tout seul.
Lorsqu’il sort Sign O the Times en 1987 Prince n’a pas 30 ans et jouit déjà d’une réputation et d’une popularité artistique quasi-universelle, ses derniers albums " purple rain"(1984)- "parade"1985) " around the world in a day (1985) "sont ahurissants de modernité et regorgent de titres d’anthologie
Prince n’a déjà plus rien a prouver de ses qualités exceptionnelles de musicien et d’arrangeur,ses concerts sont parmi les plus réputés et du haut de ses 1 mètre 50…il surclasse tout le monde et tutoie les anges.
Il ne lui manque que LE Disque définitif, celui qu’on retrouvera dans tous les classements et les play-lists celui qui résumera a lui seul la carrière fantastique de son auteur. Ce sera chose faite avec Sign O the times double album monumental qui fêtera ses trente ans prochainement et qui reste tout simplement ahurissant
fusion torride entre funk , blues , pop et jazz et teinté de hip-hop, ' Sign O the times ' est un disque de surdoué , du single ‘Sign O the times ‘ a ‘the balad of Dorothy Parker ‘(en hommage a Joni mitchell) en passant par "U got the look" , if I was your girl friend ,ou " the cross ", on ne trouve que des chefs d’œuvre , une succession continue de titres exceptionnels .
Pas moins de 15 plages musicales de rêve sur ce double album d’anthologie classé parmi les plus grands albums de tout les temps par bon nombre de magazines spécialisés
.Pour nous avoir laissé en héritage musical ce disque colossal et indispensable on pardonnera tout a Prince, des bandes originales de films approximatives (‘ graffiti bridge’ ‘Batman ’ )aux jeux de pistes identitaires entre Love symbol ’ou ‘ the artist ‘une mégalomanie galopante qui l'éloignera par la suite d'une partie de son public.
La réalité et l 'évidence de son genie nous rattrapera malheureusement un 21 avril 2016 , triste journée ou le Kid de Minneapolis nous laisse orphelin de sa musique et de son talent.
Prince - the balad of Dorothy Parker
15:51 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)































































