16/04/2016
Une femme sous influence (John Cassavetes -1975)

"Une femme sous influence " est un film admirable , réalisé par l'immense John Cassavetes qui semble être touché par la grâce lorsqu'il filme sa compagne Gena Rowland (voir également le très touchant 'Opening night'-1978) l'actrice est carrément sublime dans ce film bouleversant et intense. Le film est construit autour d'un couple a la dérive l'homme incarné par Peter Falk (étonnant a un point que l'on regrette qu'il se soit consacré presque exclusivement a la télévision) et son épouse Mabel (Gena Rowland) femme au foyer névrosée et tourmentée qui sombre peu a peu dans une dépression proche de la folie.
le film est dur et sans concession et l'affrontement terrible entre Mabel et son mari est admirablement orchestré par un Cassavetes qui touche ici a l'essentiel .
Forcement "une femme sous influence se situe a des années lumières des chroniques familiales de la vie quotidienne que l'Amérique nous montre habituellement pourtant il nous touche par sa justesse , sa sensibilité et sa fragilité.
Derrière la névrose ;derrière les cris ,les larmes ,la colère , Cassavetes nous montre l'amour ,la tendresse et toute la beauté de l'espoir .
Il y a dans ce film intense et habité l'une des plus belles interprétations de femme de toute l'histoire du cinéma , dire de Gena Rowland epouse du génial Cassavetes a la ville) qu'elle est excellente dans le rôle de Mabel serait lui faire insulte , elle s'y révèle lumineuse et sublime et son interprétation époustouflante se pose pour toujours comme une référence cinématographique.
"Une femme sous influence "est une oeuvre véritablement essentielle , une façon de concevoir le cinéma différemment , outre la réunion et l'osmose d'un immense réalisateur et d'une actrice de légende c'est un film authentique sur le couple et sur l'amour.
16:40 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : une femme sous influence, john cassavetes, gena rowland, peter falk
15/04/2016
I Shot Andy Warhol (Mary Harron - 1996)

Nous sommes en 1996 et Andy Warhol ,le pape du pop est mort depuis bientôt dix ans lorsque sort sur les écrans de manière quasi confidentielle et dans le circuit des films indépendants ce film réalisé par Mary Harron et qui porte ce curieux titre 'I shot Andy Warhol' .
Dans ce film qui mérite d'être redécouvert il n'est finalement que peu ou pas question de Warhol et bien que magnifiquement interprété par Jarred Harris l 'histoire est essentiellement basée sur la vie de valerie Solanas artiste underground américaine et militante gauchiste et qui fut une pionnière du féminisme radical .
Solanas écrivit une pièce 'up your ass ("Lève ton cul!) en 1966 puis rédiga un pamphlet baptisé le manifeste S.C.U.M ,un brûlot ou elle imaginait une société sans hommes et dans laquelle les femmes prendraient le pouvoir .
Marginale et lesbienne ,droguée, et a demi folle Solanas fréquentât d'abord l'entourage hétéroclite de Warhol et tentât de convaincre l"artiste de produire sa pièce , devant les réticences puis le refus de ce dernier elle finit par tenter de le tuer le 3 juin 1968.
C' est autour du personnage fantasque et schizophrène de Solanas que le film est donc construit et c'est la sa force principale car Lili Taylor l'actrice qui incarne Solanas est tout simplement époustouflante.
Elle est le moteur de ce film qui est non seulement le témoignage d'une époque artistique et politique trépidante mais aussi le portrait d'un New-York bouillonnnant , riche en personnages marginaux décalés (artistes , comédiens , drag queens , musiciens ,poètes ) .
Outre Lili Taylor et Jarred Harris tout deux épatants signalons l'incroyable performance de Stephen Dorff ,étonnant dans le rôle de Candy Darling le célèbre transsexuel proche de Warhol ainsi que l'impeccable prestation de Martha Plimpton qui incarne Stevie .
"I shot andy Warhol fut curieusement négligé lors de sa sortie française en 1996 et ne dépassa pas le cercle des petits films indépendants .
c'est évidemment regrettable car il s'agit un film formidable et intéréssant .
C 'est également la première réalisation de Mary Harron qui se fera véritablement connaître en adaptant en 2000 le sulfureux "american psycho" de Bret Easton Ellis
C'est aussi en 1996 que David Bowie fut choisi pour interpréter Warhol dans "Basquiat ' le film réalisé par Julian Schnabel , film qui n'obtint pas non plus un grand succès malgré une couverture médiatique plus importante.
Enfin un petit mot sur la bande son plutôt inégale (pas un titre du velvet underground Grrrr!!!!! , mais néammoins quelques petites merveilles " Walk on by de dionne Warwick ' 'the more I see you ' de Chris Montez " do you believe in magic ' des 'Lovin' spoonful" ainsi que des chansons issues du répertoire d'artistes divers ( Wilco ' R.E.M - Love - Luna)
01:55 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andy warhol, lili taylor, mary harron
14/04/2016
Paisley , sage , rosemary and thyme (Simon & Garfunkel 1966)

A l'heure d'un revival 'folk' qui n'en finit plus de durer il est intéréssant de réecouter les albums de Simon and Garfunkel .
Beaucoup d'entre nous auront découvert le duo soit par la bande originale du film 'the graduate" (le lauréat)le tres beau film de Mike Nicholssorti en 1968 et qui outre les mélodies inoubliables de Simon and Garfunkel Dustin Hoffman ou bien par les compilations nombreuses -Simon & garfunkel's greatest hits (1972) -the Simon & Garfunkel collection (1981) ou encore the definitive Simon & garfunkel (1991) .
Rajoutons aussi le fameux 'concert at central park"sorti avec le succès que l'on connaît en 1981 et on constatera que le celèbre duo n'aura au bout du compte enregistrer que seulement 5 albums entre le premier " Wednesday morning 3AM "(1964) et " bridge over troubled water "(1970).
l'album qui nous intéresse ici est paru en 1966
il est le troisieme de leur discographie et porte un nom pour le moins curieux 'Paisley sage rosemary and thyme" ce qu'on traduira par 'Persil ,sauge, romarin et thym.
Pour expliquer ce titre étrange il faut faire référence a 'Scarborough fair l'une de plus belles chansons de leur répertoire présente sur cet album (on la retrouvera aussi sur la bande originale de 'the graduate") , c 'est une vieille chanson du folklore anglais popularisé par Simon and garfunkel, dont l'origine remonte au moyen âge et qui fut également chantée par de nombreux artistes (Marianne Faithfull -Sarah Brighman) .
Scarborough fair nous parle d'un d'amour impossible, la symbolique des herbes citées à plusieurs reprises a une signification bien précise, A la maniere d'une rose rouge aujourd'hui les herbes representaient alors les vertus que le chanteur souhaitait avoir et celles qu'il espérait trouver chez sa bien-aimée.
Bob Dylan s'en inspira largement pour l'une de ses plus belles et des plus celèbres compositions 'the girl from North Country' .
Le persil car il a longtemps été associé à la mort, depuis que les grecs l'utilisèrent lors des cérémonies funéraires, puisqu'ils croyaient que cette plante poussait seulement là où le sang du héros grec Archemorus fut répandu lorsqu'il fut mangé par les serpents.
La sauge qu' on associait jadis avec l'immortalité et la longévité.
Le romarin qui éloignait les mauvais esprits et les mauvais rêves et enfin le thym symbole de courage, d'élégance et de style.
L'adaptation de cette chanson historique par le duo folk pop est une merveille de delicatesse et d'harmonie ;elle ouvre cet album et en constitue un des joyaux qui le compose. Nous sommes en 1966 et si l'influence (deja) de Dylan se fait entendre sur "The Big Bright Green Pleasure Machine" "Patterns" ou encore " A Simple Desultory Philippic" le plus marquant reste toutefois les fabuleuses harmonies de 'scarborough fair ' bien sûr mais aussi de ' For Emily, Whenever I May Find Her" autre chanson du folklore anglais de ' The 59th Street Bridge Song' ou encore de " Homeward Bound" .
Ce disque doux et délicat qui vieillit comme un bon vin se réecoute en 2016 un demi siècle après sa sortie ;il n'a pas pris une ride et a traversé le temps et réussit a nous eblouir encore aujourd'hui .
Il permet de rappeler (si besoin est) que le tandem Simon & Garfunkel est sans doute le plus grand duo pop-folk de l'histoire de la musique.
Simon and garfunkel -For Emily whenever I may find here
Simon and garfunkel - the 59th bridge song
14:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : simon and garfunkel, paisley sage rosemary and thyme
12/04/2016
A quand la fin du mythe pour le Che
A l'heure nous approchons du cinquantieme anniversaire de la mort du Che il sera vraisemblablement l'occasion d'hommages appuyés ou de commémorations diverses ,c 'est inévitable.
Pourtant il faudra bien que tôt ou tard on assiste a une perception nouvelle sur la veritable personnalité de l'icône révolutionnaire.
Le plus virulent des ouvrages qui écornent (le mot est faible) le mythe d'Ernesto Che Guevara est sans aucun doute celui de Jacobo Machover " la face cachée du Che "
L'auteur dénonce l'image tronquée d'un révolutionnaire humaniste que l'on nous vend depuis des décennies en rappelant les methodes sanguinaires et si ,évidemment on ne fait ni la guerre ni la révolution sans verser le sang on est en droit de s'interroger sur le statut de demi-dieu que le 'che' a acquis en partie grâce a une intelligentsia aveuglée par un idéalisme parfois malsain.
Si l'image du "Che" reste le symbole absolu de la lutte et d'une certaine forme de révolte il ne faut pas oublier qu'elle prend ses raçines dans le terreau soviétique du goulag et du stalinisme .
Les mythes et les symboles ont la vie dure et a l'heure ou l'U.R.S.S et le Mur de Berlin ne sont plus qu'un souvenir le monde continue d'entretenir une aura quasi divine autour d'un homme qui au bout du compte ne fut que le pantin d'un sanguinaire dictateur .
Une jeunesse inculte aborde tee shirts , bandanas et tatouages a l'effigie d'un homme qu'elle considère comme un martyr .
En fait l'homme était un tortionnaire illuminé et cruel et en l 'assimilant et en le rangeant dans la catégorie des Jim Morrison ,John Lennon ou encore Bob Marley on oublie que si ces derniers peuvent représenter une certaine idée de la liberté contestataire ils ne sont a ma connaissance responsable de la mort de personne .
La terrible description d'un Guévara fumant son havane allongé sur sa paillasse comme un empereur romain et assistant hilare aux exécutions et privant ses prisonniers de procès me fait tout simplement frémir et me remplit de dégoût .
Mais le 'Che ' au final ne faisait que mettre en application sa terrifiante conception barbare de la justice ' "N'utilisez pas les méthodes bourgeoises légales. Les preuves sont secondaires, "car telle etait sa vision des choses , telle etait l'idéologie de celui qu'on surnommait 'le boucher de Cabana " et éxécuteur des basses oeuvres pour un Castro manipulateur .
Abattu au lendemain de sa capture par l'armée bolivienne dans le canyon de Yuoro l'homme se serait écrié " 'ne tirez pas je suis Che Guevara je vaut bien davantage mort que vivant " revers de la médaille pas de procès non plus pour lui , tué par un soldat ivre malgré les efforts des américains qui souhaitaient le garder en vie devinant que sa mort transformerait le combattant en martyr universel ce qu'il devint inévitablement .
Laissons donc Jacobo Machover le soin de conclure par une toute petite phrase qui résume a elle seule le paradoxe Guevara ' L'ange était un démon, et sa pulsion la destruction".
a voir ICI l'interview de Jacobo Machover
http://www.dailymotion.com/video/x311zb_jacobo-machover_d...
14:41 Publié dans Culture, divers, Livre, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : che guevara, jacobo machover, cuba
Unplugged in New-York (Nirvana 1992)

"MTV Unplugged In New-York", c'est un peu la chronique de la mort annoncée du groupe de Kurt Cobain .Programmée sur MTV,on pouvait mesurer dans la vidéo archi-diffusée l'état de délabrement physique et psychologique de Kurt. Mais c'est pourtant ce soir de novembre 1993 que Nirvana va enregistrer ce qui va devenir son testament ultime.
La voix cassée et déchirée de Cobain assisté de Krist Novoselic, Pat Smear (guitares) et Dave Grohl, va delivrer pendant une heure un set époustouflant et mémorable.
Dés la première chanson ("About A Girl"), on retient son souffle car on sent qu'il se passe quelque chose ce soir-là. Kurt Cobain chante avec toutes ses tripes et toute son âme, le temps semble s'arrêter, et les titres s'enchaînent avec des moments de grâce totale, pour des versions inoubliables issues de leur répertoire (fantastiques interprétations de "Polly", "Something In The Way", et de "Come As You Are" ) ; ou encore pour des reprises totalement habitées ("Jesus Don't Want Me For A Sunbearn" des Vaselines, ou le célèbrissime "The Man Who Sold The World" de Bowie). Invités surprises sur ce live historique
Les Meat Puppets ont l'honneur de partager trois titres de leur répertoire avec l'icône grunge (mention spéciale pour l'interprétation de "Plateau").cEnfin, les deux derniers titres qui installent définitivement ce live parmi les chef-d'oeuvres : "All Apologies", presque murmuré et pourtant d'une beauté glaçante, à couper le souffle ; et enfin une reprise (encore) "Where Did You Sleep Last Night" de Leadbelly, qui clôture ce set magique. A l'image de l'Unplugged malade et terrifiant d'Alice In Chains, l'Unplugged In New-York de Nirvana va devenir un disque de chevet pour toute une génération qui va installer Cobain parmi ses dieux vivants du rock, pour malheureusement le pleurer quelques mois plus tard .
En apprenant son décés un soir d'avril 94, beaucoup d'entre nous ne seront pas surpris, et se rapelleront le regard triste et perdu de Kurt et ses timides sourires effacés lors de l'enregistrement vidéo de cet Unplugged; le souvenir de Kurt Cobain blafard assis sur son tabouret, dans sa veste en guenille nous revient alors en mémoire comme une triste prémonition. On se rend compte alors que déjà la légende était en marche
Nirvana - 'Polly'
14:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nirvana, unplugged in new york, kurt cobain































































