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21/02/2016

A perdre la raison (Joachim Lafosse 2012)

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Sans jugement, sans condamner et avec une  précision quasiment chirurgicale Joachim Lafosse réussit un film ambitieux et courageux avec un sujet particulièrement périlleux et tabou

A perdre la raison est inspiré de  l'affaire Geneviève Lhermitte, du nom de cette mère de famille belge ayant assassiné ses cinq enfants en février 2007

Le thème douloureux ; inacceptable de l infanticide est ici traité sans voyeurisme ; ni fausse pudeur

Lafosse nous entraine  dans  la lente spirale  qui va conduire La mère Murielle ( Emilie Dequenne  formidable dans un personnage au combien  risquée ) a ces gestes impensables , irréparables

Autour de la mère névrosée rongée d'angoisse et d'incertitudes les enfants et les hommes gravitent ;Le mari; Mounir  (Tahar Rahim excellent ) et surtout Niels Arestup dans le rôle trouble du docteur Pinget

Le film est dur ; lent  entrecoupé de flash back qui peu a peu  délivrent les symptômes du décrochage et de la lente folie de la mère

le trouble est le mot qui caractérise le mieux ce très beau film ; trouble aussi  la relation entre le docteur et Mounir son fils adoptif et associé ,  tout comme celle entre le docteur toujours et Murielle ,  trouble enfin  le rapport au mariage et au couple dans cet univers familial ou cohabitation et secrets font bon menage

Le docteur Pinget (énorme Arestup!) est a mon sens LE personnage central du film ,a la fois père adoptif; beau père ,mari ;  grand père , mécène il  nous laisse lui  aussi un curieux sentiment de trouble et de malaise

voici donc un film pas comme les autres et qui reste dans nos  memoires et dans notre  inconscient , un film a regarder  pour tenter  d'essayer comprendre ou peut mener le lugubre voyage ultime au bout du mal etre et de la souffrance.

 

 

 

16:48 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

19/02/2016

Monterey -juin 1967 - Le plus grand concert de l'histoire

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Juin 1967 fût la date choisie pour le festival pop de Monterey qui devait lancer officiellement le Summer of love grande fête hippie mise sur pieds et organisée grâce a Lou Adler (manager –producteur) Derek Taylor (publiciste anglais proche des Beatles) Alan Pariser (homme d’affaires) et John Phillips (leader du groupe The Mamas and The Papas et par ailleurs produit par Adler )
L’aspect international du concert était représenté par l’indien Ravi Shankar (grand maître du sitar) et par le trompettiste de jazz Hugh Masekela.
C’est grâce en partie a ce célèbre festival que le mouvement hippie fît sa mue ; d’un culte excentrique pratiqué par la jeunesse West-coast occidentale il devînt mode de vie pour toute la jeunesse blanche .

Ce festival allait se positionner en tant que repère musical et culturel d'une époque  en pleine mutation
Ce même mois de Juin 1967 les Beatles accouchaient du révolutionnaire Sergeant Pepper’s lonely heart club band , album dont on mesure encore aujourd'hui l'impact tandis que light my fire (The Doors) et A whiter shade of pale (Procol harum) entraient au hit parade américain.

 

Le festival de Monterey est considéré par beaucoup comme LE concert de l’histoire malgré une médiatisation moindre par rapport aux légendaires Woodstock et Isle de Wight.
Avec les prestations des Mamas & Papas de Simon & Garfunkel , des Byrds mais aussi de Country Joe & The Fish de Jefferson Airplane ou du Grateful Dead ce concert de Monterey pourrait déjà faire date mais les trois jours du festival furent a tout jamais marqués par quatre performances majeures, chacune pouvant être retenues comme l’événement de ce festival.


Otis Redding déjà idolâtré du public soul galvanisa la foule avec une intensité rendue plus poignante encore par sa mort dans un accident d’avion quelques semaines plus tard. 

Janis Joplin accompagnée du Big Brother Holding Compagny accéda ce jour au statut de star internationale (Comment pouvait-il en être autrement après sa version inoubliable de Balls & chains ?).

Les Who firent sensation et passèrent a cette occasion du statut de groupe –culte pour anglophiles a celui de grosse pointure du rock et enfin Jimi Hendrix présenté ce soir-là sur la scène par Brian Jones en personne brûla tout sur son passage tant au propre qu’au figuré puisque après un set mémorable il termina en mettant le feu a sa guitare et en la fracassant sur le sol.
La prestation d’Hendrix sera a tout jamais immortalisée dans un film réalisé par l’un des plus grands cinéastes rock de l’époque : D.A Pennebaker sous le titre Jimi plays Monterey .

malgré l'absence d'équipements convenables et les stocks (souvents gratuits) d'herbe , de LSD  et autres hallucinogènes en tout genres  le festival n'était pas gratuit  (entre 3 et  6 dollars) mais il n'y eût quasiment  aucune bagarre ,ni émeutes a tel point que le le jour du deuxième concert on renvoya une bonnne partie de l'effectif policier  tant le climat de ce festival s'annoncait pacifique
Malheureusement la maison de disques Polydor attendra presque vingt ans pour éditer les enregistrements complets de ce concert inoubliable.

C'est d'ailleurs assez étonnant car la couverture médiatique de l'époque fût assez soignée (presse -radios TV  -cinéma ) tout le monde entendrait parler de Monterey  point de départ et peut etre point culminant  d'un idéal philosophique qui va très vite a l'image de son leitmotiv  ("Peace & Love")  s'avérer utopique.

17/02/2016

Sam Cooke ,un Black au paradis

 

  Sam Cooke : Un Black  au paradis

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C’est un petit gamin black originaire de Chicago,il se prénomme Samuel  et comme beaucoup de gamins de son age il chante le gospel a l’église le dimanche
Entouré de ses huit  frères et sœurs et sous la surveillance de son père le révérend  Charles Cook  le petit garçon va bientôt  devenir l’une des voix d’une des meilleures formations gospel de l ’époque ‘ les Soul Stirrers’.
Les années passent ,la formation obtient de grands succès et une reconnaissance  dans le milieu  tres fermé du ‘Gospel ‘ Samuel qui a   écourté son prénom  est  devenu Sam  , il est maintenant le  chanteur ténor du groupe .

Il a 24 ans lorsque Bumps Blackwell  producteur de Little Richards le persuade de tenter sa chance en solo.
 Sam enregistre alors quelques titres parmi lesquels ‘you send me ‘ titre magique aux arrangements d’une beauté  et d’une pureté irrésistible , la chanson devient rapidement numéro 1  et se vend a 2,5 millions d’exemplaires.
Comme il fallait s’y attendre les soul Stirrers n’apprécient que moyennement l’escapade de leur chanteur leader et le contrat qui les unissait a Sam est rompu.
Nous sommes en 1957 et l’ascension  de Sam Cooke  semble  irréversible tant le talent  du gamin black de Chicago illumine la scène musicale de son époque , il ne reste cependant  au prodigieux chanteur que quelques années a vivre
Au début  des années 60 Sam Cooke , vient de signer chez RCA  il enchaîner une série de hits du calibre de chain ganghaving a party  ' '  twistin the night away’-bring it on home to me’ ou ‘shake’  -

Sur la face B de Shake  chanson  frénétique que reprendra a son compte un certain Otis Redding  il y une petite chanson qui va devenir immortelle.
Bien plus qu’une chanson  ce titre va devenir  un hymne visionnaire a l’image du   ‘blowin in the wind de Bob Dylan ou du ‘Dancing in the street’  de Martha & the Vandellas
Cette chanson  éternelle s’appelle ‘A change is gonna come ’elle  sera  pour   toujours  la chanson emblématique de la libération du peuple noir des ghettos .
Plus que toute autre chanson ‘A change is gonna come ‘ va synthétiser  la prise de conscience politique et sociale du peuple noir américain car l’époque est a la colère dans les ghettos  Martin Luther King  ou Malcolm X sont des héros ,l 'époque est  aux  marches silencieuses mais aussi aux discours – choc  et aux   prises de position radicales des blacks Panthers , c’est la  révolte  qui gronde.
 A Birmingham en Alabama  le shérif  lâche les chiens sur les manifestants  puis une bombe tue quatre écolières noires  la ville sera  re-baptisée Bombingham par le peuple noir  mais la cause du peuple noir sensibilise tout le peuple américain et la jeunesse en particulier et tous vont descendre dans la rue comme ils le feront quelques années plus tard pour protester contre la guerre au vietnam 

  Sam Cooke qui est devenu un grand artiste populaire incarne ce changement  .
Il est beau  ,chante comme un dieu  flirte un peu avec les radicaux des Panthers, s’affiche avec de jolies filles blanches , des gourmettes en or et une Ferrari rouge rutilante  , il côtoie un autre écorché vif  ,un certain Cassius Clay .
Sam Cooke  ne verra rien des changements tant attendus , il va mourir le 11 décembre 1964 dans des circonstances troubles , abattu de trois balles  de fusil et achevé a coups de club de golf par le patron d’un motel de L.A
Il aurait  , dit-on tenté de violer une cliente de l’hôtel après s’être introduit dans sa chambre.
Depuis on a extrapolé sur ces curieuses  circonstances  et on a évoqué une vengeance personnelle ou même un assassinat en règle a titre d’exemple du beau gosse de la scène Black .
On a retrouvé sur le siège de la Ferrari un livre ‘Muhammad speaks’ la bible du peuple noir ,ouvrage significatif du combat engagé par le chanteur  et on est en droit de penser que Sam Cooke s’intéressait peut être d’un peu  trop près a la révolution et aux Blacks muslins
Ce 11 décembre 1964  un ange est monté au paradis  ,son influence musicale est considérable ,  de Otis Redding  a Al Green en passant par Smokey Robinson ou Rod Stewart   qui reprendra having a party dans la majorité de ses concerts
A change is gonna come , les années ont passés et la chanson tout comme son interprète  sont devenus immortels et si les choses ont effectivement  changées malgré tout ce qui reste encore a accomplir  il est bon de  relire quelques lignes de ce chef d’œuvre visionnaire  de la Soul symbole musical du combat  et de la volonté d’égalité du peuple noir .
On sait que les chansons ne changeront jamais le monde mais parfois elles peuvent servir de prise de conscience pour les hommes , Sam Cooke  s’est envolé il y bien longtemps déjà   rejoint  bientôt par Otis Redding  ,  Ray Charles ou Wilson Pickett  tout ces artistes qui en plus de livrer au monde des chansons éternelles  nous laissent a l’image de cette sublime chanson  des messages de paix et d’espoir

A Change is gonna come (traduction- extrait)

 
Je suis né près de la rivière
Dans cette vieille petite ville
Juste comme la rivière
J’ai toujours couru
Ca a mis du temps a venir
Mais je sais que ça va bientôt changer
C’était trop dur de vivre
Mais j’ai peur de la mort
D’être comme tous ces gars la haut
Derrière le ciel
Ca a mis du temps a venir
Mais je sais que ça va bientôt changer


Sam Cooke :‘a change is gonna come ‘

 


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Rattlesnakes ( Lloyd Cole & The Commotions 1984)

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 Lloyd Cole  & The Commotions - Rattlesnakes


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Lloyd Cole   avait  tout  pour   devenir l 'un des  artistes  essentiels  de  sa  génération ,  belle  gueule  , attitude  désabusée,  références  musicales ( Lou Reed ,Velvet ,DylanKinks) irréprochables , premier album  salué   par la  critique, belles    compositions  soignées  et  délicates pourtant  l  'histoire  a  depuis  prouvé  qu'il  restera   comme   l 'un  des oubliés  de la pop rock

'Rattlesnakes  '  premier  album  restera  son chef d 'ouvre  et même si   personnellement je trouve  que   le  troisième  'mainstream  ' (1987)  est a  mon  sens  aussi  bon , Lloyd Cole  &  the Commotions ne  fera  jamais  mieux 

Quelques  titres  se  détachent  a  commencer  par  le  fantastique  'are you ready  to be  unbroken ' mais  aussi  ( et  surtout  ) le  hit 'forest fire'   ,une chanson  qui  sera  utilisée  par  Philips   comme  support  musical  publicitaire  et  qui permettra  au  groupe  de  se faire  connaître  assez  rapidemment  par le  grand  public 

il faut également  mentionner  'rattlesnakes  '   ou  encore  'perfect  skin' ( formidable premier  single  du  groupe )   deux titres  se présentant  comme  deux petites merveilles de pop-rock

Guitares  envolées , paroles  romantiques ,  arrangements   et cordes  soignés , 'Rattlesnakes  ' est un disque  que l 'on pourrait  aisément   qualifier  de  bohème et qui reste  trente après  extrêmement  plaisant a  écouter  (ou a  redécouvrir)

 

Grand album des années 80 et première production réussie d'un  groupe  un peu injustement  oublié et  dont la personnalité  complexe  du leader  n' aura  certes pas facilité l 'explosion médiatique a laquelle a l écoute de  cet  excellent premier album  Lloyd Cole  & The Commotions aurait   pu largement prétendre.

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