18/12/2005
Tombe les filles et tais-toi (Herbert Ross 1972)
Oubliez tout de suite la traduction française ridicule du titre digne de l'âge d'or des films de bidasses et autres Charlots ,le titre américain d'origine (play it again Sam) fait référence a la célèbre réplique d'Ingrid Bergman a Humphrey Bogart dans le mythique Casablanca LE chef d'oeuvre de Michael Curtiz.
Ecrit par Woody Allen d'après sa pièce 'une aspirine pour Deux 'et interprété par ce dernier c'est toutefois Herbert Ross qui dirige la mis en scène de cette comédie .
On y trouve néammoins la mouture de tout les personnages des films que Woody Allen réalisera au cours des années a venir avec le succès que l'on connaît.Le duo Woody Allen -Diane Keaton (qui se rencontrent ici pour la première fois) fonctionne a merveille et il atteindra son apogée quelques années plus tard avec Annie Hall.l'originalité réside dans les interventions de Bogart "him-self " (interprété par un sosie étonnant) dans les scènes de doutes du personnage principal torturé et angoissé joué bien évidemment par Woody Allen.la séquence ou le destin du héros finit par rejoindre celui de Bogart dans Casablanca est d'une grande tendresse et d'une originalité totalement nouvelle et même si le film s'essoufle un peu dans la dernière demie-heure il reste d'une grande eficacité comique. Notons que Woody Allen utilisera a nouveau l'idée de l'intervention réelle d'un personnage fictif de cinéma dans l'un de ses plus grands succès de sa prolifique carrière :" la rose pourpre du caire"
19:00 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
Mr Vertigo -(Paul Auster 1994)
j'avais douze ans la première fois que j'ai marché sur l'eau , c'est 'homme aux habits noirs qui m'avait appris a le faire et je ne prétendai pas avoir pigé le truc du jour au lendemain;
Quand Maître Yéhudin m'avait découvert ,petit orphelin mendiant dans les rues de st-Louis ,je n'avais que neuf ans et avant de me laisser m'exhiber en public il avait travaillé avec moi sans relâche pendant trois ans.
C'était en 1927 l'année de Babe Ruth et de Charles Lindbergh ,l'année même ou la nuit a commençée a envahir le monde pour toujours ,j'ai continué jusqu'a la veille de la grande crise et ce que j'ai accompli est plus grand que tout ce dont auraient pu rêver ces deux cracks.
J'ai fait ce qu'aucun américain n'avait fait avant moi , ce que personne n'a fait depuis.
Mr Vertigo -Paul Auster (extrait)
15:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
16/12/2005
L'insoutenable légéreté de l'être (Milan Kundera -1984)

L'idée qu'il ne pouvait absolument rien faire le plongeait dans un état de stupeur mais en même temps le tranquillisait .Personne ne l'obligeait a prendre une décision ;il n'avait pas besoin de contempler le mur de l'immeuble d'en face et de se demander s'il voulait ou ne voulait pas vivre avec elle , Tereza avait elle même décidé de tout.
Il alla déjeuner au restaurant ,il se sentit triste mais , pendant le repas son désespoir initial parût se lasser comme s'il avait perdu de sa vigueur et qu'il n'en restât que la mélancolie. Il jetait un regard en arrière sur les années passées avec elle et se disait que leur histoire ne pouvait pas mieux se terminer ,l'eût -on inventée ,on n'aurait pu la conclure autrement .
Un jour Tereza était venue chez lui sans prévenir puis un jour elle était repartie de la même manière ,elle était arrivée avec une lourde valise ,avec une lourde valise elle était repartie .
il paya , sortit du restaurant et alla faire un tour dans les rues plein d'une mélancolie de plus en plus délicieuse ;il avait derrière lui sept ans de vie avec Tereza et voilà qu'il constatait que ces années étaient plus belles dans le souvenir qu'a l'instant ou il les avaient vécues
L'amour entre lui et Tereza était certainement beau mais aussi fatiguant ; il fallait toujours trouver , cacher quelque chose , dissimuler ,feindre ,réparer ;lui remonter le moral ;la consoler ;lui prouver continuellement qu'il l'aimait subir les reproches de sa jalousie , de sa souffrance et de ses rêves , se sentir capable , se justifier , s'excuser ,maintenant cette fatigue avait disparue et il ne restait que la beauté.
La soirée du samedi commencait et pour la première fois il se promenait seul et aspirait le parfum de sa liberté ,l'aventure guettait a chaque coin de rue et l'avenir redevenait un mystère.
Il revenait a la vie de célibataire , cette vie a laquelle il était certain autrefois d'être destiné car c'était la seule ou il pouvait être tel qu'il était vraiment . Il avait vécu enchaîné a Tereza pendant sept ans et elle avait suivi du regard chacun de ses pas , a présent ses pas étaient soudain devenus plus légers ,il planait presque , il se trouvait dans l'espace magique de Parménide , il savourait la douce légéreté de l'être mais dès qu'il se retrouverait avec une autre il savait d'avance que le souvenir de Tereza lui causerait une insoutenable douleur .
Milan Kundera -l'insoutenable légéreté de l'être (Extrait )
05:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)































































