19/03/2011
La graine et le mulet (Abdellatif Kechiche 2007)

D'abord comédien (notamment chez Abdelkrim Balhoul , ou chez André Téchiné ) Abdellatif Kechiche s'est imposé en seulement deux films comme lune des valeurs sures du cinéma français
Apres ' l'esquive' surprenant césar du meilleur film en 2003 il revient en 2007 avec 'la graine et le mulet ' film au titre énigmatique qui va récolter a la fois un grand succès critique et public ( 4 césars majeurs lors de la prestigieuse cérémonie mais aussi prix' Louis Delluc' et grand prix du jury a la 'Mostra ' de Venise 2007).
Inspiré du personnage de son propre père Kechiche livre ici un film certes un peu long (2h30 ) mais passionnant de bout en bout
A l'image des cinéastes imprégnés de la réalité sociale (Pialat , Ken Loach , Cassavetes) Kechiche s'attarde sur le versant humain des personnages plutôt qu'a l'action.
Tourné a Sète le film raconte le projet d'un père qui décide après avoir été licencié de racheter un vieux bateau pour le transformer en restaurant oriental spécialisé dans le couscous au poisson
le titre du film fait donc référence a la graine de couscous et au mulet ,poisson typique des côtes méditerranéennes.
La majorité des comédiens sont amateurs ce qui renforce le côté quasi documentaire du film . Les plus cinéphiles décèleront sans doute quelques hommages appuyés (" Le voleur de bicyclette " , ou encore 'Et Dieu créa la femme ") mais tous les spectateurs cinéphiles ou non passeront un agréable moment autour du personnage de Slimane , paternel silencieux fatigué et désabusé et entouré d'une tribu aussi bavarde que dynamique
Le film révélera Hafsia Herzi une jeune comédienne de 20 ans qui crève littéralement l'écran et qui sera récompensée ( a juste titre) du césar du meilleur espoir féminin.
'La graine et le mulet' ne fait pas uniquement l'éloge de l'intégration réussie ,il en aborde bien évidemment le thème mais avec une certaine distance , un recul mesuré toujours teintée d'une grande pudeur.
Sans jamais forcer le ton ni tomber dans le sentimentalisme le film est un formidable témoignage d'amour et de respect pour les immigrés de la première génération.
Kechiche , cinéaste assurémment objectif et intelligent n'oubliant jamais d'être critique avec sa communauté et réservant une fois n'est pas coutume la part belle aux personnages féminins .
11:20 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
18/03/2011
Top 100 -100/34 God Only Knows (The Beach Boys 1966))
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The Beach Boys - god only knows Paul Mc Cartney dit de cette merveille absolue qu'elle est 'La plus grande chanson d'amour jamais écrite 'Elle fut enregistrée en mars 1966 avec les musiciens de Phil Spector, par les Beach Boys qui voulait avec ce disque abouti apporter une réponse au la succession de chefs d'oeuvre signés de l'autre coté de L'Atlantique par les Beatles 'Pets Sounds' l'album mythique sur lequel figure ce chef d'oeuvre regorge de merveilles qui années après années continue d'émerveiller a la fois tant ceux qui les découvrent que ceux comme moi qui les ré-écoutent regulièrement .le groupe emmené par Brian Wilson s'éloigne définitivement du cliché de 'groupe de la cote ouest et de la musique pour 'surfers' Avec 'Pets Sound ' en général et 'God only Knows ' en particulier les Beach Boys touchent le ciel Le niveau atteint par les compositions des frères Wilson sur 'Pets sound' est tel que le groupe se disloquera sur ,leur projet suivant 'Smile 'un projet artistique qui n'aboutira jamais en raison de ce souçi de surpasser 'pets sound ' un problème que le groupe ne résoudra jamais Sur 'God only knows c'est Carl Wilson (décédé d'un cancer du poumon en 1998) qui pose sa voix unique , son frère Brian, dernier des trois frères encore vivant ,Dennis s'étant noyé en 1983,chante au final la fameuse phrase 'God only knows what I'd be without you ' Sublime et intemporel cete chanson sera évidemment reprise par une grande quantité d'artistes de Bowie a P P Arnold
Paroles I may not always love you David Bowie - God Only knows
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14:48 Publié dans Musique, Top 100 | Lien permanent | Commentaires (0)
1 Mars 1978 Grace Jones inaugure le Palace

Durant de nombreuses années je suis passé au 8 rue du faubourg Montmartre dans le 9ème arrondissement parisien avec un brin de nostalgie et un curieux sentiment d'amertume. C'est en effet a cette adresse que se situe pour moi l'un des symboles a jamais perdu d'une époque bénie, celle des années 80 , de l'insouciance folle d'une période pas encore muselée par les interdits et qui bousculait les conventions et le bon ordre établi
a l'heure d'un Paris qui n'est plus celui des nuits et des noctambules ,j'aime me se souvenir du Palace que j'ai connu et fréquenté alors qu'il vivait ses derniers sursauts de gloire et les souvenirs qui me reviennent en mémoire sont nombreux
Les années folles du Palace, de 1978 à 1983, auront suffi à imprégner à jamais d'une odeur de soufre cet établissement du Faubourg-Montmartre.
Cinq années seulement, pendant lesquelles le Tout-Paris a réinventé la fête et le dandysme, le gourou de ces soirées déguisées, qui attiraient couturiers (Yves Saint Laurent, Karl Lagerfeld), artistes (Andy Warhol, Mick Jagger…) et autres princesses, s'appelait Fabrice Emaer. À sa disparition, tous furent orphelins et inévitablement le Palace changea de mains.
Repris d'abord par Régine puis par le couple Guetta, le Palace, périodiquement au bord de la faillite, ferme ses portes en 1996. Pendant dix ans, le rideau restera fermé, l'entrée sera même murée.
Dans les années qui suivent, le Palace, désaffecté et insalubre est devenu un squat.
En novembre 2006, les frères Alil et Hazis Vardar, des Belges d'origine albanaise déjà propriétaires de nombreux théâtres en Belgique et en France rachètent la salle .
Le nouveau palace est doté de 970 places ;il est inauguré le 5 novembre 2008 avec le spectacle de Valérie Lemercier
Revenons sur cette période inouie ou le sens de la fête , du jeu et d'une certaine forme de démesure semblait atteindre un point culminant ,l'inauguration d'abord avec le concert mémorable de l'incroyable Grace Jones dans une salle ou les serveurs sont tous vêtus de rouge et or ( une création signée Thierry Mugler ) Le DJ historique est Guy Cuevas (au fil des ans viendront se révéler aux platines Martin Solveig puis Laurent Garnier).
Tout ce que Paris (et le reste du monde) comporte de gens branchés seront tôt ou tard des fidèles du Palace (Thierry Le Luron ,Régine, Yves Mourousi , Thierry Ardisson , Coluche ,Amanda Lear , Philippe Manoeuvre , Frédéric Mitterrand ,Alain Pacadis , )
les artistes viendront y donner des concerts mémorables (Prince , Serge Gainsbourg) qui bâtiront la légende du lieu qui va devenir au fil des ans l'emblème absolu des soirées et du 'nightclubbing ' ainsi que l'un des lieux 'cultes' du mouvement 'gay '

11:35 Publié dans arts, Culture, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0)































































