17/08/2017
Stephen Stills ( Stephen Stills 1970)

'
Ca m 'est tout a fait égal que ce disque se vende a 30 exemplaires ou a 3 millions d'exemplaires , ce qui m'importe c'est de faire exactement ce que j'ai envie de faire "
Ainsi parle Stephen Stills a la fin de l'année 1970 au moment ou parait ce qui restera comme son premier ( et plus réussi ) album solo
l'homme a cette époque a déjà enregistré des disques importants voire essentiels que ce soit avec Buffalo Springfield entre 1967 et 1968 et bien entendu avec ses complices David Crosby , et Graham Nash ( extraordinaire premier album éponyme en 1969) puis le classique ' Deja vu ' avec les mêmes + Neil Young au printemps 1970)
a Cette période donc , Stills jouit donc d'une réputation de compositeur et ses talents de chanteur et de guitariste ne sont plus a démontrer.
Autour de lui gravite toute une pléiade de musiciens et d'artistes toujours prêts a faire un tour dans sa galaxie musicale et c'est entouré d'une multitude de 'pointures ' que Stills enregistre a Londres ce disque qui va devenir légendaire
A commencer par son grand ami de toujours Jimi Hendrix (décédé un mois avant la sortie de ce disque qui lui sera dédié ) et qu'on retrouve a a guitare le temps d'un titre étourdissant (' old times ,good times ') mais aussi Eric Clapton présent sur ' go back home ' l'une des pièces maitresses de cet album '
Ringo Starr autre fidele de l'univers de Stills (et ici crédité Richie ) sera lui derrière la batterie sur deux titres dont l'explosif ' we are not helpless')
Pour venir donner un coup de main aux chœurs ca se bouscule , jugez en plutôt
Cass Elliot (échappée des Mamas and Papas) , les deux compères Crosby & Nash sont la forcement , mais aussi Rita Coolidge, John Sébastian (ex Lovin Spoonfull)
bref tout ce beau monde ici accompagné de musiciens inspirés avec Stills a la baguette véritable homme orchestre qui se charge quant a lui du chant mais aussi du piano , des guitares , de la basse , de l 'orgue et des percussions
les 10 titres de cet album fondamental s'enchainent avec une aisance déconcertante rythmés par cette incroyable harmonie typique des grands albums ' seventies '
'Stephen Stills est donc non seulement un album important reflet de son époque musicale mais c'est clairement un grand album 'tout court ' certainement la plus grande réussite 'solo ' de Stills qui ne retrouvera jamais plus cette grâce et ce souffle
L 'homme qui fondera bientôt le cultissime et éphémère groupe 'Manassas '(1971-1973) fera parler de lui de ce coté de l 'Atlantique en raison de sa liaison (tumultueuse) avec véronique Sanson qui le rejoindra aux Etas Unis en 1973 (ils divorceront en 1979)
Sombrant peu a peu dans la drogue et l 'alcool sa longue descente aux enfers ne sera ponctué que de participations notamment auprès de Neil Young (sur l'excellent 'after the gold rush ' ) et de disques solos dispensables et d' albums (avec Crosby & Nash) inégaux (' 4 Way street ' en 1971 ' So far ' en 1974 ' CSN ' en 1977 ou encore ' daylight again ' au début des années 80.
Stephen Stills - Go back Home
10:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
16/08/2017
Mc Cartney (Paul Mc Cartney 1970)

Nous sommes au printemps 1970 et Les Beatles sont en pleine explosion " Let it be " dernier album du groupe 'sortira en Juin et chacun des quatre Beatles prépare son album solo
Ringo Starr dégaine le premier en mars avec 'sentimental journey ' suivi de Paul en avril
George et John frapperont tous les deux très fort a l'automne 70 avec 'all things must pass" un triple album qui fera date pour Harrison et le fantastique "John Lennon / Plastic Ono band " pour Lennon
Les sorties des albums de Paul et Ringo sans même attendre celle 'Let it be 'seront une source supplémentaires de conflits internes et enterreront définitivement tout espoir d e reformation Du groupe.
L 'album de Mc Cartney que l'on appellera aussi 'l'album aux cerises ' s'avère assez curieux et laisse un sentiment d'inachevé.
Paul réalise cet album entièrement seul et joue lui même de tous les instruments , c'est la première fois qu'un disque pop- rock est l 'œuvre d'un seul artiste.
Son écoute plusieurs décennies après sa parution peut surprendre et pour différentes raisons (nombreux instrumentaux , chansons a peine achevées et très courtes ("lovely linda" 0'46) " Valentine day" (1'40) reprise d'un titre ('Junk ') prévu initialement pour 'Abbey road ' et de ce même titre en version instrumentale " singalong junk'
'teddy boy' de son coté est issue des chutes de 'Let it be ' se retrouve intégrée sur cet album et 'Hot a sun /Glasses est un titre ancien (et oublié) enregistré a l 'époque pré Beatles avec The Quarrymen '
Au final une seule chanson 'May be amazed 'se détachera vraiment de ce premier album solo que Paul Mc Cartney enregistre seul avec sa femme Linda l'ex Beatles se chargeant de jouer de tous les instruments mais aussi d'assurer le mixage et la production laissant les chœurs a sa jeune épouse qui débute musicalement a ses cotés
Disque que l'on peut aisément qualifier d'expérimental , Mc Cartney bien qu'assez limité en terme de véritables chansons n 'en reste pas moins imprégné du génie de composition de son auteur.
C'est un album de rupture et de transition qui va évidemment souffrir de la comparaison avec les disques solos de John et George mais qui a défaut d'être génial ou renversant n 'en demeure pas moins plaisant.
Paul Mc Cartney - Oo You
Paul Mc Cartney -Momma Miss America
13:37 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
14/08/2017
Deux Hommes dans la ville ( José Giovanni 1973)

C 'est un film important pour de multiples raisons
tout d'abord en raison de l aspect atypique du réalisateur José Giovanni
L homme au passé trouble durant la guerre devenu truand a la libération sera condamné a mort puis sera gracié par le président René Coty
Apres 20 ans de prison il se lance dans l 'écriture et publie ' Le trou ' violent témoignage de l 'univers carcéral un roman qui rencontre un accueil favorable et qui sera soutenu par Albert Camus puis Giovanni devient scénariste puis réalisateur
Tout son travail cinématographique sera concentré autour des thèmes récurrents de la prison , et de l univers de la pègre avec ses codes et ses règles ( amitiés viriles, trahison , codes d'honneur , fidélité ,)
Ses principaux films en témoignent largement ' dernier domicile connu ' ' La scoumoune ' 'le rapace '' le gitan '
très lié a Lino Ventura c 'est a ce dernier qu'il va d'abord proposer en 1973 le rôle de l 'éducateur dans ' deux hommes dans la ville ' mais Ventura trouve le personnage peu a son gout et décline l 'offre tout comme Yves Montand second choix de Giovanni
Il n 'ose pas demander a Jean Gabin qui déjà très affecté a montré des signes inquiétants de fatigue pourtant Gabin contacté par Delon acceptera avec joie d'endosser le personnage de cet éducateur vieillissant mais fidele a ses principes du droit a la réinsertion et a la seconde chance
Face au" Monstre" Gabin On trouve Alain Delon (également producteur du film) dans un role qui sera marquant notamment en raison de la personnalité de son personnage , un braqueur de banque qui tente tant bien que mal de se reconstruire a sa sortie de prison sous l'œil bienveillant de son éducateur mais qui sera rattrapé par la fatalité
des seconds rôles masculins gravitent autour de ce duo de 'rois '(reunis pour la troisieme et derniere fois) avec notamment une première apparition au cinéma de Bernard Giraudeau et un face a face intense Depardieu - Delon ou celui qui va bientôt exploser avec 'les Valseuses ' montre deca ( le temps d'une scène ) toute l étendue de sa présence et de son charisme.
Quant a Michel Bouquet il grave ici dans nos mémoires un flic obsessionnel , crapuleux , maniaque et manipulateur que personne n'oubliera
les rôles féminins en revanche ne sont pas a la fete notamment Mimsy Farmer égarée qui semble ne même pas comprendre son texte mais l 'essentiel est ailleurs , l'essentiel restant le formidable plaidoyer contre la peine de mort qui conduit ce film magnifique
en osant filmer jusqu'au bout l 'horreur ( dans une France ou la guillotine fonctionne encore) Giovanni sera a sa manière avec ce film profondément social et humain un artisan de l'abolition de la peine capitale qui interviendrai 8 ans plus tard sous l impulsion de robert Badinter dont une phrase conclut le film : "Et derrière ces murs, j’ai vu une machine qui tue.")
Badinter assistera a la première projection du film et félicitera chaleureusement José Giovanni , Ventura sera également Présent et avouera ses regrets d’être passé à côté de cette œuvre majeure et de ne pas avoir accepté le rôle formidable de l 'éducateur brillamment interprété par un jean Gabin monolithique et profond.
11:43 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)































































