30/03/2017
Le destin tragique d'Elliot Smith (1969-2003)

La mort survenue le 21 octobre 2003 a l'âge 34 ans d’ Elliot Smith est une immense perte pour le monde de la musique.
Triste destin que celui de cet auteur compositeur exceptionnel et qui n’a pas eu ( ou n' a pas voulu ) la reconnaissance du public et que l'on peut artistiquement situer quelque part entre Nick Drake et Neil Young
Originaire du Nebraska fils d’un psychiatre et une chanteuse qui ont divorcés assez tôt il est élevé par sa mère et attend patiemment sa majorité pour partir pour Portland rejoindre son père. Il forme un groupe punk the Heatmisers avant de se lancer dans une carrière solo en 1994 avec un premier album, le très confidentiel ‘roman candle ‘.
Suivra bientôt en 1995 l’album éponyme ‘Elliot Smith ‘ puis Either /or en 1997 .Ses chansons folk et mélancoliques reflétant un évident mal de vivre et un sentiment de mal-être profond . Toujours en 1997 le réalisateur Gus van Sant lui demande de composer la musique de son nouveau film ‘will hunting ‘ ;il sera nominé aux oscars pour la meilleure musique de film ;il ne remporte pas la statuette mais joue lors de la cérémonie .
Repéré alors par le label Dreamworks dirigé par Steven Spielberg il signe avec ce nouveau partenaire et sort X.O en 1998 disque qui va être encensé par les critiques musicaux de chaque coté de l’Atlantique .
L’album suivant’ figure 8 ‘ paru en 2000 sera malheureusement en demi-teinte et l’artiste semble ne pas s’adapter au succès .
En 2003 en tout début d’année lors d’une conférence de presse il avoue ses problèmes d’alcool et de drogue et le combat qu’il mène contre les dépendances qui ruinent sa vie au quotidien.
Quelques semaines plus tard il se suicide en se poignardant avec un couteau de cuisine dans l’appartement qu’il partage avec sa petite amie . Il est encore vivant lorsque les secours arrivent et retirent la lame enfoncée dans sa poitrine mais le chanteur décède durant son transfert vers l’hôpital sans avoir repris connaissance .
En janvier 2004 L’enquête de la police signifiera qu’elle ne peut conclure avec certitude a un suicide et que sa mort pourrait tout aussi bien être un assassinat.
Entre temps sortira ‘basement on the hill un superbe album composés de démos et d’inédits témoignage ultime d’un artiste tourmenté et magnifique et dont la mort reste un mystère.
Elliot Smith : between the bars
Elliot Smith - let's get lost
15:32 Publié dans Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elliot smith
29/03/2017
L'imprudence (Alain Bashung 2002)

C'est Un disque monstrueux et inclassable ,un monolithe musical , un astre noir ,un ovni sonore voila quelques mots qui me viennent a l esprit pour définir " l'imprudence" le 13ème album d'Alain bashung.
Si les précédents disques de l'alsacien nous avaient enchantés (Chatterton en 1994 et surtout Fantaisie militaire paru en 1998) L'imprudence est un disque fascinant ,obsédant et qui est a coup sûr le sommet incontestable de la carrière de cet immense artiste .
Sur ce disque qui n'a que peu d'équivalent dans la chanson française les textes signés jean Fauque (deja co-auteur de la totalité de l'album Chatterton et de cinq titres sur osez joséphine en 91) sont somptueux , les arrangements dépouillés voire cliniques et Bashung joue avec les mots comme un jongleur de la langue française
il faut dire que Bashung s'est particulièrement bien entouré avec notamment la présence aux guitares de Marc Ribot et d'Arto Lindsay et celle de Steve Nieve l'ancien pianiste d'Elvis Costello. tandis que Christophe Miossec lui offre un titre magnifique et torturé ('faisons envie ')
Aucune des Treize chansons ne se détache vraiment car l'album tout en entier est en état de grace ,et il s'en dégage comme un sentiment d'apesanteur .
Evidemment il faut se donner la peine de vouloir pénétrer dans le monde clos et hermétique de Bashung et de partir a la conquête de cet Everest de mots et de sons qu'il faut gravir a tatons guidés par la magie des textes et de la musique d'un artiste devenu majeur dans l histoire de la chanson française .
La récompense de cet effort est a la hauteur de ce disque magnifique et profond.
Alain Bashung - noir de monde
Alain Bashung - l'irréel
12:58 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
Histoire d'une Chanson - Strangers in the night (1966)

Au début des années 50, le compositeur Français Philippe Gérard compose un titre qu'il appelera Magic Tango à l'intention du chanteur Eddie Fisher (l'un des nombreux maris de Liz Taylor).
C’est un tube qui se vend à deux millions d'exemplaires en 1953, et sera adapté dans de nombreux pays d’Europe
en France, c'est Tino Rossi qui en fait un succès (Tango magique) aux Etats Unis c'est Tony Brent Qui chante 'the Magic Tango " et en Allemagne, le titre est récupéré par le talentueux chef-d 'orchestre Bert Kaempfert, qui en recycle une partie de la mélodie dans la bande originale du film ' a man could get killed en 1966 , une série B réalisée par Ronald Neame (avec James Garner) et sortie en France sous le titre "D pour Danger "
Dans la foulée le thème du film est proposé sous le titre 'Strangers in the night ' d'abord en Europe au croate ivo Robic puis a Frank Sinatra alors en perte de vitesse et qui cherche un hit pour revenir sur le devant de la scène
en 1966 Philippe Gérard entend la bande son du film et reconnaît immédiatement le thème qu'il avait composé puis il découvre l 'adaptation de Sinatra et décide de passer a l 'offensive
En première instance, le créateur français n'en mène pas large : le compositeur allemand et les producteurs de Sinatra réclament une fortune en dommages et intérêts pour atteinte à leur réputation.
au bout du compte le plagiat fut reconnut mais les avocats de Sinatra et de Bert Kaempfert proposèrent a Philippe Gerard un dédommagement a condition qu'il décide de renoncer aux poursuites
Depuis "Strangers in the night " est devenue l'une des chansons les plus connues de la planète et c'est également celle qui permis a Sinatra trois avant 'My Way' ( une autre chanson d'origine française ) de revenir au premier plan.
La carrière artistique de Philippe Gérard ( décédé en 2014 a 89 ans) n'en demeure pas moins prolifique outre les musiques de films ( 'du riffifi chez les hommes ' ou ' la vie est un roman ') il a composé (entre autres) pour Juliette Greco , Yves Montand , Edith Piaf , Jeanne Moreau ou encore Henri Salvador
03:12 Publié dans cinéma, Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0)































































