22/03/2006
L'ivresse du pouvoir (2006)

Claude Chabrol est un réalisateur a qui on a souvent reproché un certain coté un peu franchouillard ,il y a dans sa filmographie des films qui ont marqué l'histoire du cinéma français mais aussi des choses beaucoup plus dispensables.
Parmi ses plus belles réalisations il convient de citer 'Le beau serge '(1958),Violette Nozières (1978) Une affaire de femmes (1990) 'La cérémonie '(1994) ou encore Betty (1991).
A l'opposé on tachera d'oublier des navets comme 'Le tigre se parfume a la dynamite (1965) Docteur Popaul (1972) ' ou plus recemment un série de films mal ou moins inspirés ' Rien ne va plus (1997) Au coeur du mensonge(1998), Merci pour le chocolat (2000)
.Sa carrière de metteur de scène semble désormais indissociable de celle que l'on peut considerer sans peine comme la plus grande comedienne francaise en activité Isabelle Huppert .
L'ivresse du pouvoir ,dernier film en date de Chabrol repose tout entier sur les épaules de cette formidable actrice ,le sujet du film est évidemment inspiré du scandale de l'affaire ELF qui defraya la chronique durant le second septennat de Francois Mitterand .
Ironiquement Chabrol précise des les premières images de son film 'toute ressemblance avec des personnages ayant existés et des faits ayant eut lieu est ,evidemment , fortuite.
Tu parles Charles ! On reconnait bien entendu tout les protagonistes de cette rocambolesque affaire de détournement d'argent et d'abus de biens sociaux.
ils sont tous là ,du juge d'instruction Eva Joly formidablement interprétrée par Huppert sous les traits de Jeanne Charmant Kilman a Loic le Floch -Prigent qui se cache sous les traits de Francois Berleand en passant par tous les hommes d'affaires et hommes politiques mélés a cette sombre affaire ils sont effectivement tous présents a differents degrés sous les traits a peine masqués de comediens plus ou moins inspirés.
Patrick Bruel s'en sort plutôt bien de meme que Marylin Canto mais on ne peut malheureusement pas en dire autant de Phillippe Duclos et de Jean francois Balmer pas très a l'aise ou encore de Robin Renucci qui hérite du rôle le plus mal ecrit du scénario.
le film est plutot lent et manque de repères pour le spectateur qui peine a situer les personnages et leurs rôles respectifs dans l'affaire ,le langage codé du milieu juridique complique la compréhension de l'histoire et ce n'est pas le dénouement (en queue de poisson) qui permettra de saisir l'ensemble de cette affaire passionnante mais compliquée pour le citoyen lambda.
Reste la prestation exceptionnelle d'Isabelle Huppert qui survole le film dans un rôle taillé sur mesure.
Rien que pour elle le film vaut la peine d'etre vu ,elle irradie de tout son talent chaque séquence et balance au passage l'une des plus formidables et des plus cinglantes répliques de ces dernières années , la fameuse scène ou Martino (Pierre Vernier),le président du tribunal tente d'acheter Jeanne Charmant Kilman devenue genante pour tout le monde en lui proposant une promotion éclair et une prime confortable , Huppert le feu dans les yeux lui rétorque alors 'garde ta prime président ! et achètes toi une paire de couilles avec '
Savoureux et jubilatoire Pour elle et pour elle seule ,L'ivresse du pouvoir mérite le détour.
16:10 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)
21/03/2006
Lunes de fiel ( 1992)
libre adaptation d'un sulfureux roman de Pascal Bruckner Lunes de fiel est un des films de Roman Polanski le moins réussi.
Cinéaste inégal capable du meilleur (rosemary's baby -le bal des vampires -le pianiste - le locataire) comme du pire (pirates) Roman Polanski est un réalisateur qui s'attaque a tous les genres possibles (mélodrame - films d'aventures- films policier - parodie burlesque- films d'angoisse )il a déjà au cours de sa longue carrière abordé tout les thèmes possibles
avec Lunes de fiel c'est le thème des rapports du couple qui semble avoir intéréssé Polanski pour proposer son adaptation du roman de Bruckner et malheureusement le résultat est plus que décevant .
L'histoire est concentrée autour des 4 personnages formés par les couples Hugh Grant (totalement égaré dans l'univers particulier du cinéaste)et Kristin Scott Thomas d'une part et Peter Coyote (parfois a la limite du grotesque) et Emmanuelle Seigner (insupportable et sexy comme une vache laitière);
le film nous est raconté a travers les confidences intimes sur son couple faites par Peter Coyote a Hugh Grant au cours d'une croisière en bateau (toujours l'univers du huis clos cher a Polanski) et au travers des flash-backs dans un Paris de carte postale ,ville ou se déroule la rencontre puis l'histoire d'amour et de destruction du dit-couple.
Comme chez Lelouch qui depuis des années nous impose dans les premiers roles une compagne qui n'a pas le moindre talent de comédienne nous devons ici supporter (et le mot est faible) la pitoyable prestation cinématographique d'Emmanuelle Seigner (madame Polanski a la ville) qui se surpasse dans un role de femme fatale et vénéneuse que seul le réalisateur doit saisir car a aucun moment la comédienne ne parvient a rendre crédible son inquiétant personnage .
Peter Coyote fait ce qu'il peut et il ne parvient pas a sauver le film du naufrage que l'on pressent au fur et a mesure que l'histoire avance
Que ce soit les dialogues ou les scénes erotiques ( ne parlons pas des consternantes scenes sado-maso ) tout ici sonne faux et s'enlise dans le grotesque et le vulgaire.
En voulant réaliser un film sur les relations d'amour et de haine au sein d'un couple libéré Polanski cinéaste d'habitude bien plus inspiré a livré l'un de ses plus mauvais films.
Il s'est rattrapé depuis fort heureusement .
17:35 Publié dans cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)






























































