08/05/2016
Synchronicity (The Police 1983)

The Police - tea in the Sahara
Et si finalement , après avoir longtemps considéré que l 'essentiel du groupe de Sting se résumait aux deux premiers albums légendaires ( "Outlandos d'amour "en 1978 et ' regatta de blanc ' en 1979 ) ce cinquième et dernier album de Police était leur chef d'œuvre ?
La réécoute de 'Synchronicity paru en 1983 laisse a penser que oui ce disque ultime du trio Sting -Summers - Copeland est de toute évidence le plus abouti de leur courte discographie ( 5 albums)
Conçu dans des circonstances difficiles et parfois proche du chaos ce disque , chant du cygne d'un groupe majeur des années 80 est cependant excellent malgré les conditions délicates dans sa réalisation
les musiciens égarés dans une querelle d'egos ne se parlaient plus , chacun travaillant dans une pièce séparée (la pochette a trois bandes séparé avec le visage de chacun nous en dit long sur la désunion du groupe)
Le style musical tourne définitivement le dos aux influences reggae , marque de fabrique du groupe , et les dérives jazzy de Sting ( qui enfoncera le clou l 'année suivante avec son premier album solo 'the dream of the blue turtles ' ) et l 'apparition des synthés donnent une orientation nouvelle a la musique du groupe
Le Tube planétaire 'every breathe you take ' archi diffusé et récompensé d'un grammy award ne parasitera pas les autres compositions du groupe toutes écrites par Sting lui même mis a part l'anecdotique 'Mother' ( summers) et le curieux 'Miss gradenko ' (Copeland) au passage les deux titres faiblards de l 'album
Dans les tumultes d'une séparation imminente et inévitable le groupe livre ici quelques merveilleuses chansons ' King of pain ' ' walking in your footsteps ' 'wrapped around your fingers' et le planant 'Tea in the Sahara ' ( hommage au roman de Paul Bowles )
L'album annoncé au public comme le dernier du groupe sera un énorme succès commercial qui va détrôner 'Thriller' de Michael Jackson de la première place des charts US
Dans la foulée de cet album excellent Sting son leader et bassiste va s'affirmer comme un poids lourd de l industrie discographique un peu partout sur la planète laissant des milliers de fans orphelins d'un groupe qui aura marqué son époque
The Police -murder by numbers
track-list
- Synchronicity I - 3:23
- Walking in Your Footsteps - 3:36
- O My God - 4:02
- Mother - 3:05
- Miss Gradenko - 2:00
- Synchronicity II - 5:02
- Every Breath You Take - 4:13
- King of Pain - 4:59
- Wrapped Around Your Finger - 5:13
- Tea in the Sahara - 4:19
- Murder by Numbers - 4:36
18:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
05/05/2016
Renaud ou le vitriol des années 80

C'est juste pour un petit rappel pour mesurer le chemin parcouru depuis par l'artiste et la différence profonde entre sa rage des années 80 et ses vilaines petites colères d'aujourd'hui .
On me répondra que son public n'est plus le même ,que les opinions ont changées et c'est sans doute vrai car les mêmes qui s'extasient aujourd'hui devant Renaud le chanteur engagé le trouvait sûrement détestable voici quelques années ("quel exemple pour notre jeunesse" pouvait on entendre je m'en souviens parfaitement !)
A coup sur ce sont les mêmes qui ont achetés des compils de Gainsbourg après 2002 et qui soudain voyait en Serge LE poète génial de la chanson française (qu'il était depuis longtemps) oui les mêmes qui soudainement louaient son talent mais qui le trouvait , sale , drogué et décadent quelques années auparavant.
Les Cons ont le sait maintenant changent également d'avis contrairement a une maxime célèbre qui prétend le contraire
Renaud - où c'est qu' j'ai mis mon flingue ?
paroles
J' veux qu' mes chansons soient des caresses,
Ou bien des poings dans la gueule.
A qui qu' ce soit que je m'adresse,
J' veux vous remuer dans vos fauteuils.
Alors écoutez moi un peu,
Les pousse-mégots et les nez-d'boeux,
Les ringards, les folkeux, les journaleux.
D'puis qu'y' a mon nom dans vos journaux,
Qu'on voit ma tronche à la télé,
Où j' vends ma soupe empoisonnée,
Vous m'avez un peu trop gonflé.
J' suis pas chanteur pour mes copains,
Et j' peux être teigneux comme un chien.
J' déclare pas, avec Aragon,
Qu' le poète a toujours raison.
La femme est l'avenir des cons,
Et l'homme n'est l'avenir de rien.
Moi, mon av'nir est sur le zinc
D'un bistrot des plus cradingues,
Mais bordel, où c'est qu' j'ai mis mon flingue ?
J' vais pas m' laisser emboucaner
Par les fachos, pas les gauchos,
Tous ces pauvr' mecs endoctrinés
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Tous ceux qui m' traitent de démago
Dans leur torchons qu' j' lirais jamais :
Renaud, c'est mort, il est récupéré " ;
Tous ces p'tits bourgeois incurables
Qui parlent pas, qu'écrivent pas, qui bavent,
Qui vivront vieux leur vie d' minables,
Ont tous dans la bouche un cadavre.
T't' façon, j' chante pas pour ces blaireaux,
Et j'ai pas dit mon dernier mot.
C'est sûr'ment pas un disque d'or,
Ou un Olympia à moi tout seul,
Qui me feront virer de bord,
Qui me feront fermer ma gueule.
Tant qu'y' aura d'la haine dans mes s'ringues,
Je ne chant'rai que pour les dingues,
Mais bordel, ! Où c'est qu' j'ai mis mon flingue ?
Y'a pas qu' les mômes, dans la rue,
Qui m' collent au cul pour une photo,
Y'a même des flics qui me saluent,
Qui veulent que j' signe dans leurs calots.
Moi j' crache dedans, et j' cris bien haut
Qu' le bleu marine me fait gerber,
Qu' j'aime pas l' travail, la justice et l'armée.
C'est pas demain qu'on m' verra marcher
Avec les connards qui vont aux urnes,
Choisir celui qui les f'ra crever.
Moi, ces jours là, j' reste dans ma turne.
Rien à foutre de la lutte de crasse,
Tous les systèmes sont dégueulasses !
J' peux pas encaisser les drapeaux,
Quoi que le noir soir le plus beau.
La marseillaise, même en reggae,
Ça m'a toujours fait dégueuler.
Les marches militaires, ça m' déglingue
Et votr' République, moi j' la tringle,
Mais bordel ! Où c'est qu' j'ai mis mon flingue ?
D'puis qu'on m'a tiré mon canif,
Un soir au métro Saint Michel,
J' fous plus les pieds dans une manif
Sans un nunchak' ou un cocktail
A Longwy comme à Saint Lazare,
Plus de slogans face aux flicards,
Mais des fusils, des pavés, des grenades !
Gueuler contre la répression
En défilant " Bastille-Nation "
Quand mes frangins crèvent en prison
Ca donne une bonne conscience aux cons,
Aux nez-d'boeux et aux pousse-mégots
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Si un jour j' me r'trouve par terre,
Sûr qu' ça s'ra d' la faute à Baader.
Si j' crève le nez dans le ruisseau,
Sûr qu' ça s'ra d' la faute à Bonnot.
Pour l'instant, ma gueule est sur le zinc
D'un bistrot des plus cradingues,
Mais faites gaffe !
J'ai mis la main sur mon flingue !
10:39 Publié dans Culture, Musique, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
Come away with me (Norah Jones 2002)

Norah Jones - cold cold heart
Lorsque parait ce disque magique en 2002 Norah Jones a 23 ans , on murmure que celle qui nous est présentée comme la fille de l illustre ravi Shankar (oui , oui celui qui jouait du sitar a Woodstock , au Monterey pop festival ou encore au légendaire concert pour le Bangladesh organisée par George Harrison en 1971) est la nouvelle perle du jazz vocal
Beaucoup pensent ( a tort) que la belle Norah qui chante pourtant déjà depuis l 'âge de 5 ans ne sera qu'un météorite profitant d'une hype fulgurante
Elle enregistre pourtant sur le prestigieux label Blue note ce premier album 'Come away with me qui va faire date et va se vendre a prés de 26 millions d'exemplaires et rafler la bagatelle de 5 grammys awards (dont meilleure chanson, meilleur album et meilleure interprète féminine ) et imposer la jeunesse chanteuse comme un grand nom de la scène jazz
Fan de Ray Charles et de Billie Holiday Norah Jones du haut de la fraicheur de ses 23 printemps entre comme une tornade dans la cour des grands avec ce disque stylé crépusculaire et bleuté.
l 'album qui nous balade entre jazz, folk et soul enchaine des titres envoutants entre compositions originales (les superbes 'come away with me ' et ' Nightingale ' ) et ' covers ' habitées signées Hank Williams ( merveilleuse reprise de cold cold heart) Hoagy Carmichael (bouleversante interprétation de 'the nearness of you ' ) Jessie Harris ( don't know why) ou encore John D Loudermik ( turn me on ' ) deja immortalisé par Nina Simone
Ce disque incroyablement maitrisé et d'une classe folle va propulser la carrière de Norah Jones qui va devenir soudainement une icône incontournable de la scène jazzy réconciliant puristes et simples amateurs d'ambiances feutrées.
Un album a savourer la nuit tranquillement installé pour pouvoir profiter pleinement de la voix sublime et lascive de Norah Jones qui illumine chaque plage de ce disque flamboyant.
10:21 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)































































